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Le 1er mai expliqué à mes enfants

Le 1er mai n’est pas un jour comme les autres. Ce n’est pas un jour où simplement papa ne travaille pas. Ce n’est pas un jour où l’on s’offre non plus des fleurs. C’est un jour où l’on devrait simplement se souvenir que la manière dont les hommes travaillent est important et que le travail n’est pas une valeur universelle.
La première fois que l’on a commémoré le 1er mai fut en 1886 aux États Unis d’Amérique. Ce jour là beaucoup d’ouvriers se rassemblèrent afin d’obtenir de leurs patrons la journée de huit heures. En fait beaucoup de familles estimaient qu’ une journée devait être divisée en trois parties : huit heures de repos, huit heures de travail et huit heures de loisirs. A l’époque on travaillait parfois près de 12 heures par jour. Lire la suite

Parler d’assistanat en France : est-ce intelligent ?

C‘est une rhétorique bien huilée. Afin de chatouiller nos instincts les plus vils, ceux qui encensent un égocentrisme mélangé à un patriotisme saumâtre qui ne signifient pas autre chose que l’on aime défendre notre magot, les politiques de temps à autres nous servent l’idée que la France est un pays d’assistés. Les politiques, mais aussi les citoyens ordinaires vous affirment cela, sans honte, c’est leur droit, mais surtout sans aucune notion sur l’éventuelle justesse de leurs propos, ce qui est plus ennuyeux.
Peut-on encore aujourd’hui parler de notre pays comme un pays d’assistés sans risquer de passer à côté de la vérité ?
En outre, dans l’hypothèse de travail que cela puisse être le cas, serait-ce envisageable sérieusement de croire que les sommes débloquées l’aient été sans contrôle ou études sérieuses, et enfin, que leur suppression soit judicieux ?

La première chose qu’il pourrait être bon de se mettre en mémoire, est qu’il est impossible de vivre aujourd’hui en France avec les seules aides sociales. Cela pour plusieurs raisons. La première est que vous ne pouvez pas cumuler les aides sociales. Vous pensez bien que le système prévoit, initialement, que le RSA par exemple ne dépasse pas 60% du SMIC, et que le cumul avec d’autres allocations se fait toujours avec un coefficient modérateur qui entraîne la diminution de la principale allocation.
En effet, un système correctement pensé ne va pas favoriser une logique non constructive, celle de l’oisiveté, aux dépends d’une logique de production, seul moteur de tout notre système économique. Il n’y a que des détracteurs de mauvaise foi pour le croire.

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La retraite expliquée à mes enfants

Devant ma mine déconfite il y a quelques mois après l’adoption de la réforme des retraites, et les certitudes de nos représentants au gouvernement, mes enfants s’inquiétaient. Et lorsque je leur disais que cela concernait ma retraite, ils l’étaient encore davantage. Pourquoi s’inquiéter de quelque chose d’agréable, celle de pouvoir enfin se reposer, sous un toit et sans mourir de faim ? Je me suis dit qu’il fallait commencer à parler des retraites de manière claire, et franche.

Il y a quelques années, nous avons reçu à la maison un courrier du gouvernement qui nous expliquait quelque chose de très simple. Actuellement il y a trois actifs, des gens qui travaillent, pour payer la retraite de deux retraités. Demain, lorsque vous mes enfants allez travailler, il y aura deux actifs pour trois retraités. Ainsi, il va falloir revoir dès aujourd’hui, et c’est fait, le régime de cotisation, qui est par répartition. C’est-à-dire qu’une fraction de mon salaire paye de suite une fraction, plus faible, de la retraite d’un citoyen français. Les choses sont claires, et devant une telle évidence, trois ne valent pas deux, je me dis qu’en effet, il va falloir faire quelque chose.
Sauf, que ce petit cours pédagogique du gouvernement sent l’arnaque.

En effet, s’il est incontestable que l’évolution démographique va dans le sens de moins d’actifs et de plus de retraités, ce qui notez bien au passage n’est pas absurde puisque finalement l’objectif à terme du progrès est de nous affranchir du labeur, il est davantage contestable de s’arrêter au simple résultat arithmétique de la petite démonstration du gouvernement. Car il est un facteur que l’on oublie dans cette équation. C’est l’augmentation de la productivité. Tout notre système capitaliste est pourtant fondé sur ce principe. C’est une clé de voute de notre système économique, mais pour parler des retraites, on l’oublie ! L’augmentation de la productivité est une chose formidable qui permet d’affirmer qu’avec deux bonhommes qui travaillent en 2050, on produira au moins deux fois plus qu’avec deux bonhommes de 2010. Deux fois plus de production cela signifie qu’en 2050 il n’y a pas besoin de plus d’actifs pour produire la même richesse qu’en 2010, mais surtout pour produire plus de richesse. Ainsi, en 2050 deux actifs valent quatre actifs de 2010. Lire la suite

La mondialisation n’est pas zen

Dans l’esprit zen, on privilégie les beaux objets, bien faits, solides, et conçus pour être efficace précisément dans ce que l’on souhaite en faire. Ainsi lors d’une séance de bricolage, on évite d’utiliser une perceuse premier prix avec des chevilles low-cost ou des vis sans marque. Cela afin de se prémunir contre la défaillance des outils, et la chute de l’objet fixé ou construit lors de cette séance. Une bonne séance de bricolage est celle pendant laquelle l’ouvrier prend plaisir à utiliser de beaux outils, et pendant laquelle ses gestes sont récompensés par la bonne tenue de ce qu’ils fixent, vissent, collent ou clouent.

Dans l’esprit zen on possède peu, mais ce que l’on a c’est beau, bien fait et utile. Ainsi, lorsqu’on regarde dans notre foyer, tous les objets qui nous entourent, beaucoup n’ont pas cette vertu, et beaucoup proviennent de pays lointains, dits à l’économie émergente.

La mondialisation pourrait être l’expression d’un consumérisme rapide et pas cher. On possède des tas de choses, souvent redondantes et souvent de mauvaise qualité. Fabriquer plus, tout en coûtant moins cher, afin de le vendre au plus grand nombre pour à peine moins cher que ce qui existait déjà, est  une part de cette mondialisation. Il est généralement admis que les produits manufacturés provenant de Chine ou d’ Indonésie, sont de qualité moindre que les produits équivalents européens. Un exemple parmi d’autres, est la qualité des matériaux utilisés pour les prothèses humaines. Ces matériaux sont de densité hétérogène, ce qui génère lors d’un marquage au laser du numéro de série, des ruptures inattendues. Ces problèmes n’existaient pas lorsque ces prothèses provenaient d’Europe. Lire la suite

En finir avec le mythe du temps de travail

chiffres du travail

Les 35h c’est terminé. Voici en substance ce que l’on peut entendre en France. Pourtant l’idée que l’on puisse dire, puis dédire un temps de travail légal aussi facilement que le permet le nombre de discours ou de conférences de presse, est assez étrange. En effet, 35h n’est pas un chiffre mystérieux ou imaginaire, c’est un fait, gravé dans le marbre par la loi qui impose 35h comme étant la durée légale du temps de travail. Rien d’autre. En France, on peut tout à fait travailler plus, ou moins, mais dans la limite supérieure de 48h hebdomadaires, au delà desquelles, cela devient illégal. 1

Ainsi, 35h s’applique partout sur le territoire, dans tous les corps de métiers, s’imposent à tous les employeurs et à tous les salariés. Si vous travaillez moins vous êtes à temps partiel, si vous travaillez plus vous êtes en heures supplémentaires. 35h est donc une durée légale plutôt que réelle. Affirmer alors que les 35h c’est terminé, dépassé ou je ne sais quoi est inutile, puisque c’est fondamentalement faux. Lire la suite

  1. on pourra se reporter à la démonstration de Gérard Filoche, qui a le mérite d’être très claire

Des rentrées et des grèves

C’est la rentrée et tout s’organise autour des horaires, de la concordance entre les activités professionnelles et celles de toute la famille. La rentrée s’est une alchimie d’évènements incompatibles qui pourtant s’accordent, mais à quel prix ? Dans cette tourmente, il y a un évènement récurent, en France en tous cas, la grève. Les journalistes aiment d’ailleurs bien l’associer aux manifestations alors que ce n’est pas systématiquement lié. Une grève peut être des manifestants réunis autour d’un sujet général d’inquiétude, mais c’est surtout le cortège des râleurs, qui eux souvent, ne manifestent pas dont on parle le plus. D’aucuns s’interrogent sur la légitimité de faire grève aujourd’hui alors que la crise économique est là. En d’autres termes, avons-nous encore les moyens de faire grève ?

La simple question fait peur. N’entendons-nous pas régulièrement le collège de lieux-communs : ces profs quels fainéants ! Ces gens qui font grève et m’empêchent de travailler, moi ! Que vais-je faire de mes enfants qui ne peuvent pas aller à l’école … et ainsi de suite. Se poser cette question est en effet inquiétant parce que cela révèle que l’homme est au service de l’économie. Peu importe les idéaux, peu importe notre histoire et les sacrifices, ce qui compte, c’est une santé économique florissante. Lire la suite

Lorsqu’on est pas un fonctionnaire

C‘est l’une des tartes à la crème lors des mauvaises discussions sur la société française. Vous parlez des corps de métiers ou de votre travail, et subitement vous entendez la phrase qui tue : « les fonctionnaires sont des feignants », ou « y’en a marre que les fonctionnaires fassent la grève », ou encore « franchement pour être fonctionnaire faut avoir envie de ne rien faire ».
Vous avez tous entendu dire ces mots là, et peut-être en avez-vous été l’auteur, ou peut-être pas.
Alors je ne vais pas ici faire un réquisitoire sur l’honnêteté intellectuelle. En revanche je vais me lâcher et utiliser le même registre afin d’exprimer sans doute définitivement ce que j’en pense. Ainsi lors d’une mauvaise soirée, je pourrais lancer une « url » orale, afin d’envoyer mes contradicteurs ici même. Je vais donc vous dire ce que l’on peut faire lorsqu’on n’est pas fonctionnaire. Vous allez voir, c’est formidable !

Illustration Erik Johansson

Lorsqu’on n’est pas un fonctionnaire, on peut courir après des primes, quitte à travailler à en renier ses passions, rentrer très tard ou partir très tôt, avoir des cernes jusqu’en bas de pieds et carburer au « guronsan ». On peut oublier que l’on a une famille pour tenter à la fin du mois de dégager davantage de cash. On peut travailler avec des collaborateurs, leur presser le citron au delà de leur résistance afin de retirer des clients un maximum de ressources et aligner à la fin du mois de gras salaires, sans rendre service à personne, à part cultiver votre propre égo. On peut décider que le travail est plus important que d’élever ses enfants, et laisser ainsi le soin à d’autres s’occuper de ses enfants. En effet, votre travail qui rapporte tant, puisque vous n’êtes pas fonctionnaire, vous permet de payer des gens, inconnus et qui ne sont pas de votre sang, pour remplir cette mission. A quoi bon entretenir les liens de sang, puisque vous serez prêt à verser du sang pour gagner de l’argent, vous qui n’êtes pas fonctionnaire et qui bataillez pour vendre ? Car tout le monde le sait, les batailles sont toujours innocentes. Vous qui n’êtes pas fonctionnaire devez livrer ces batailles, sans quoi vous passez à l’échafaud. Lire la suite