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Le délit d’outrage

Sans hésitations, je pense qu’il faut contrôler en permanence les forces de l’ordre dans notre république démocratique. En effet, la force doit toujours rester sous contrôle, ne pas nuire aux plus faibles, et si l’on peut raisonnablement avoir confiance dans les institutions républicaines, il est sage de se méfier des hommes qui les servent.
Dans notre démocratie, la police est donc en permanence sous un mandat citoyen. Ainsi, la diversité d’opinion ou de culture doit être respectée et protégée. On ne pourra donc pas m’accuser de rêver d’un état policier dans lequel on ne peut rien dire. Assurément on constate actuellement en France quelques dérives inquiétantes. Le traitement de la justice laisse également songeur. Pourtant je pense que l’arsenal juridique qui existe pour protéger les uniformes, plus que l’individu qui le revêt, ne devrait pas trop être remis en cause, en tous cas pas de la manière que l’on peut lire ces derniers temps sur le Net.

justice à la française

Le délit d’outrage 1 est donc actuellement au centre de quelques débats. Étrangement, ou heureusement, ce combat est mené par des personnes qui ont eu quelques accrochages avec les forces de l’ordre. Le problème est qu’alors on ne sait plus très bien si la cause sert la vexation, ou une hypothétique avancée sociale.
Je ne crois pas qu’il soit opportun d’opposer systématiquement l’homme policier et le quidam civil de la rue. De la même manière je ne crois pas qu’il soit juste de montrer du doigt un corps de métier dont l’unique objectif est d’être au service des autres. Pourquoi en effet ce métier plus qu’un autre, et plus que d’autres qui n’ont pour objectif que de vider votre portefeuille ? Par exemple.

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  1. Selon le code pénal, constituent un outrage puni de 50 000 F d’amende les paroles, gestes ou menaces, les écrits ou images de toute nature non rendus publics ou l’envoi d’objets quelconques adressés à une personne chargée d’une mission de service public, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de sa mission, et de nature à porter atteinte à sa dignité ou au respect dû à la fonction dont elle est investie.
    Lorsqu’il est adressé à une personne dépositaire de l’autorité publique, l’outrage est puni de six mois d’emprisonnement et de 50 000 F d’amende.
    Lorsqu’il est commis en réunion, l’outrage prévu au premier alinéa est puni de six mois d’emprisonnement et de 50 000 F d’amende, et l’outrage prévu au deuxième alinéa est puni d’un an d’emprisonnement et de 100 000 F d’amende.

La grande illusion

Il est très confortable de s’auto convaincre que nous vivons dans une belle démocratie.
A l’instar du dernier roman de José Saramago 1 un peu de lucidité ne nous ferait sans doute pas de mal.
Reste à savoir ce que l’on préfère, le doute, ou l’illusion ?

la grande illusion

Le premier exemple actuel de cette fuite de notre démocratie vers le tout n’importe quoi, vers un grand machin infernal dans lequel seuls comptent les résultats, les chiffres, les retours sur investissement, est la politique intérieure. Il faut des résultats pour la Police. Pire, du rendement. Fonctionnaires, faites votre travail suffisamment pour contenter ceux qui tiennent les cordons de la bourse. Et comment faire ça ? Et bien ayez des résultats. Étrange concept que de récolter des résultats sur de l’impalpable. Ainsi, dans la rue, ces fonctionnaires doivent oeuvrer dans le répressif. Comme si cela pouvait constituer un objectif en soi. Et dans cette idée, si par exemple les policiers ramènent trop de chiffres dans un domaine particulier (les stupéfiants par exemple), il leur est demandé de cesser le travail dans ce domaine, et d’oeuvrer dans un autre [2. Vous me direz, sur quoi fondez-vous ces affirmations. Certes. Je vous mets au défi de trouver sur le Net des données fiables à ce propos, je vous demande donc de me croire sur parole! Ces affirmations, qui n’engagent que moi, sont le résultat d’entretiens avec les acteurs dans ce domaine, et très récemment. Lire la suite

  1. La lucidité (Seuil, octobre 2006) – titre original : Ensaio sobre a Lucidez (2004)- Portrait de l’écrivain