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L’ épisode Megaupload et Anonymous

Pour ceux qui comme moi devaient veiller une nuit du 19 janvier 2011, vous auriez pu assister à l’évolution à peine croyable de l’arrêt du service du site de téléchargement en direct Megaupload grâce à une opération d’ampleur internationale du FBI. Vous auriez pu également suivre avec moult palpitations les agissements en représailles des Anonymous qui, à coup de déni de service (DDOS), arrêtaient les serveurs de quelques sites institutionnels gouvernementaux américains, ou ceux des majors de l’industrie phonographique.
Une sorte de passe d’armes (à coups de clics de souris, avec un doigt, assis confortablement dans un fauteuil et au chaud) virtuelle, surprenante de retombées sur Twitter où d’aucuns s’enthousiasmaient de tant de liberté durement conquise.

Afin de replacer cet épisode dans un juste contexte, il convient de se souvenir que Megaupload a considérablement enrichi ses propriétaires, tandis qu’ils utilisaient le travail des autres sans les rémunérer. Vous pouvez être d’accord ou non avec la politique de gestion des ayants droits, il n’empêche que vendre avec beaucoup de profits la possibilité de télécharger ce qui ne vous appartient pas, est moralement discutable. Surtout si vous ne reversez rien aux auteurs.
Cette société avait donc quelque chose de pourri. Ceci est confirmé par  le dossier accablant du procureur aux États-Unis en charge de l’affaire.
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Le AAA expliqué à mes enfants

J‘avais commencé il y a peu à expliquer à mes enfants pourquoi nous parle t-on tous les jours de crise en France. Et pourquoi ce catastrophisme leur semblait si lointain de nos réelles préoccupations.
Mes enfants, très intrigués lorsqu’ils constatèrent que finalement le système économique actuel, c’est comme le jeu Monopoly que l’on connait tous très bien, c’est à dire que tout concourt à ce que l’argent créé se retrouve dans les mêmes poches. En effet, au début nous sommes un certain nombre à jouer (dans la vraie vie à travailler), puis nous investissons, et à la fin, il n’en reste qu’un qui en a plein les poches, tandis que les autres, et bien ils ne leur restent que des radis.

Le problème est finalement assez simple. Nous travaillons avec des salaires contraints, et eux, les financiers, ceux qui nous prêtent de l’argent en nous faisant crédit, s’enrichissent. Aujourd’hui, la monnaie n’est plus créée par la sueur de l’ouvrier qui bâtit ou de l’ingénieur qui conçoit, mais par le banquier qui prête de l’argent, ou vend des risques. Les agences de notations que nous adorons tous, puisqu’on nous rabâche les oreilles avec ça, et qui semblent très importantes pour tous les citoyens, alors qu’en principe elles n’intéressent que les banquiers ou les spéculateurs, ont donc manqué à leurs devoirs. Tout le monde le comprend, sauf les politiques et les journalistes. C’est à dire au bout du compte personne, puisque ce sont eux qui dispensent l’information et ce à quoi nous devons nous intéresser. Hélas.
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Free Mobile camoufle t-il le business ?

L‘opération buzz mené par Free est impressionnante. Free est très fort pour tout ce qui est avant leur produit, sans dépenser un centime, n’en déplaise aux agences du pub qui l’ont mauvaise, pensez-donc, la marque bien connue de low-cost-techno a probablement réussie son entrée dans le monde fermé et étrangement homogène de la téléphonie mobile. Sur Twitter, on s’emballe, on se sent floué car nous voici, après l’intervention du PDG de Free, transformés depuis l’état de geek accros du smartphone, en celui de poulet plumé depuis tant d’années. C’est très désagréable, et qui plus est cela nous fait perdre la notion de business et des ces ficelles.
En période électorale, vous allez comprendre le rapprochement, il est sans doute bon de mesurer les effets d’annonces, pour n’en retenir que la substantifique moelle, ou simplement la vérité.

Free n’est pas un association caritative à but humanitaire. Non, c’est une société qui fait du business dont l’objectif est d’être rentable. Mais cette société est arrivée sur le champ de bataille après tout le monde, ou sans doute avec de moindres moyens. Ce fut le cas pour internet, c’est à nouveau le cas pour la téléphonie. Free ne peut donc pas arriver, et prétendre faire la même chose que tous les autres, mais en mieux, en l’occurrence en étant moins cher, avec le même service. Free, en toute intelligence adaptative, a donc profité d’une niche, celle qui prétend que tout ce qui ce fait depuis aujourd’hui est obsolète ou injuste pour nous. C’est la niche de la corde sensible, celle qui est alimentée par bien des faits ou des fantasmes. Lire la suite

La crise expliquée à mes enfants

Tout père de nos jours, peut s’enorgueillir de pouvoir annoncer : « Tu vois mon fils, un jour toute cette dette sera à toi ! ».
La politique c’est désormais l’art de faire avaler aux citoyens, que s’il y a une crise, c’est la faute d’on ne sait pas bien qui, sans doute de la vôtre, et afin d’endiguer la croissance de la dette du pays, il va falloir que vous travailliez plus longtemps, tout en étant moins bien payé.

Certes, il ne s’agit pas encore en France de baisser les salaires, comme c’est le cas en Grèce, en Irlande ou au Portugal. Néanmoins, bien que nous ayons tous entendu à un moment récent que nous allions travailler plus pour gagner plus, on nous démontre maintenant que certes, vous allez travailler plus longtemps, mais sans gagner quoique ce soit de plus. La crise impose des mesures d’économies, vous comprenez.

Au fait comprenez-vous vraiment ce qui nous arrive ? Pensez-vous que la crise soit la faute du citoyen qui profite des allocations, qui ne travaille pas assez ou qui tombe trop souvent malade ? Pensez-vous que depuis 1950 la productivité de chaque travailleur n’a pas très sensiblement augmentée ? Pensez-vous que la labeur de nos ancêtres, puis la nôtre, ait logiquement pour résultante une augmentation de la labeur de nos enfants ? Le travail des hommes n’ a t-il pas pour seule finalité que de favoriser le confort de tous, pour aboutir en fin de compte à une vie paisible ? Lire la suite

La licence globale pour internet ?

2012 sera l’année des élections présidentielles en France. Cela fera l’objet vraisemblablement d’une campagne acharnée. Le contexte de crise, la présidence actuelle particulièrement impopulaire, le souffle nouveau et maladroit donné par l’actuel président, le sentiment permanent d’iniquité dans le traitement des citoyens, le rôle catastrophique des banques dans le long et irrémédiable processus de décrédibilisation de la gestion politique de notre société, tout ceci aura néanmoins et heureusement, des répercussions sur la motivation et l’imagination des candidats.
La campagne a déjà commencée, et le secteur d’internet est l’objet de toutes les convoitises. À ce sujet, la candidate aux primaires socialistes et candidate proclamée aux présidentielles fait une proposition marquante : l’adoption d’une licence globale sur internet à 1 ou 2 euros. Une taxe obligatoire afin dit-elle, de couvrir les téléchargements dits illégaux.

Est-ce une bonne chose cette licence globale ?

La lutte contre le téléchargement dit illégal n’aboutira à terme qu’à une seule chose : le contrôle des transmissions électroniques, la fin de la neutralité du Net. En effet, d’un système ouvert de partage, internet, on a voulu en faire un grand truc marchand. C’est absolument ignoble, mais parfois bien pratique, puisque moi-même j’achète beaucoup via le web, et ce qu’il se passe aujourd’hui est la conséquence de cette logique marchande.

C’est comme ça, c’est humain – personne ne prétend que l’homo-sapiens-sapiens est franchement un être éclairé.

L’idée d’une licence globale n’est pas mauvaise en soi. Si cela pouvait éviter de faire sombrer le Net dans la logique de censure, contrôle et marchande, ce serait une belle victoire. Mais elle me semble inique. Tout le monde ne consomme de la même manière ni dans les même proportions, et je reste toujours favorable à la logique du consommateur-payeur. On nous taxe suffisamment les supports électroniques pour nourrir les salaires confortables des agents de la SACEM, cela de manière indue et injuste. Enfin, la somme avancée par Mme Aubry semble purement politique. Je ne suis pas certain qu’elle soit issue d’une étude approfondie qui éviterait des dégâts collatéraux. Lire la suite

Du rififi pour Battlefield 3

Electronic Arts, producteur du jeu FPS Battlefield 3 (BF3) 1 semble décidé à n’utiliser que sa propre plateforme de téléchargement Origin pour sa distribution. De plus afin de confirmer le flux attendu de joueurs vers ce jeu, et donc vers sa nouvelle plateforme actuellement encore au stade beta, EA pousse le vice en imposant un prérequis pour jouer à BF3 : le lancer depuis Origin !

Cette décision ne plaira bien évidemment pas à Steam autre plateforme de jeux sous le format cloud, qui avait jusqu’à présent l’habitude d’offrir un catalogue de jeux récents et de premier plan. Certes Steam, en France tout du moins, est en position de monopole. Néanmoins, force est de reconnaître qu’il propose un environnement agréable et pratique pour le joueur qui souhaite complètement dématérialiser ses jeux sur PC. Avec une plateforme de jeux comme Steam ou comme Origin, nul besoin de DVD, tout est dans le cloud 2. Ainsi si vous deviez par exemple changer de configuration, lors de l’installation d’une nouvelle config plus puissante, retrouver vos jeux est enfantin, on installe en effet le programme, Steam par exemple, et ce dernier une fois qu’il vous a reconnu grâce à votre login et mot de passe, s’occupe de tout rapatrier sur votre nouvel ordi. Même vos scores, vos avancées et DLC se retrouvent bien à leur place sur le nouveau disque dur. Simple et efficace. Vous pouvez rapidement reprendre vos parties acharnées.

Ainsi, on comprend qu’un joueur qui utilise Steam depuis des années, ne soit pas enthousiaste à l’idée de devoir changer ses habitudes, alourdir les tâches de fond de la machine (ces programmes tournent en permanence en arrière-plan bien que cela soit paramétrable). Le fait de devoir user d’une plateforme spéciale pour un jeu donné fait également craindre une multiplication de ce principe, sur autant de jeux existants. Cela deviendrait vite insupportable. Lire la suite

  1. Sortie prévue en France en octobre 2011
  2. Ce qui n’est pas rigoureusement le cas, seules quelques données sont dans le cloud puisque le jeu est bien téléchargé sur votre machine.