Trilogie sociale

L’empirisme est un processus merveilleux et sans doute précieux car il permet en près de quarante ans de se faire une petite idée des personnes avec lesquelles nous pouvons interagir. Sans doute pour vous a-t-il fallu moins de temps, cependant c’est un délai qui me semble raisonnable afin de commencer à avoir vaguement raison sur ce sujet.
Dans la vie, vous pouvez rencontrer trois grandes catégories de personnes. Les bâtisseurs, les destructeurs et les profiteurs. J’émets de suite les réserves d’usage, vous avez autant de catégories qu’il y a d’individus. Pourtant il existe des convergences comportementales,  une démonstration scientifique pour cela serait vaine, sans cette précieuse expérience dont nous parlons.

Les plus rares sont vraisemblablement les bâtisseurs. Ce sont ceux qui par leurs talents, leur génie parfois, s’évertuent tout au long d’une courte vie à inscrire leur empreinte dans le monde. Ce peut être modestement et anonymement comme ce peut être fait avec la pire mégalomanie imaginable. Les bâtisseurs nous impressionnent, nous agacent parfois, mais ne nous laissent jamais indifférents lorsqu’ils ne sont pas une source d’inspiration quotidienne. Nous leurs devons ce que nous sommes aujourd’hui.

Le pendant de cette grande tendance humaine, sont les destructeurs. On imagine que les uns vont avec les autres. On rêve d’un monde composé exclusivement de bâtisseurs. C’est sans doute humainement impossible. Cette diversité se consolera-t-on, est l’essence même de notre richesse, de ce qui structure notre monde. Ces destructeurs sont certainement néfastes aux progrès humains. À moins qu’ils ne contribuent à ce que les bâtisseurs se dépassent, voire existent ? L’équilibre à atteindre n’est pas évident, et je me garderais bien d’en tirer une loi. En dépit de ce constat, j’évite au quotidien de m’accoquiner avec ces personnes. Disons qu’il me semble que cela ne m’apporte rien, à part de la frustration. Ce n’est donc pas zen, je le supprime de mon environnement.

Cette capacité de choix est en revanche beaucoup moins évidente avec la troisième grande catégorie de personnes que vous pouvez côtoyer tout au long d’une vie. Ce sont les profiteurs. Ceux-là sont redoutables, car rien ne permet de prime abord, de déceler cette tendance. Ce n’est souvent qu’après une expérience malheureuse que vous réalisez à qui vous aviez à faire.
Les profiteurs sont peut-être ceux à qui nous pardonnerons le moins. De simples sangsues qui se collent à vos efforts pour en extraire ce qui leur sera utile dans un quotidien banalisé, terne, et dénué parfois de toute réflexion qui irait dans une dynamique de progrès de groupe.
J’ai parfois l’impression que c’est la catégorie dominante. J’espère avoir tort, car ce sont ces hommes qui freinent considérablement la société, et ce d’autant plus qu’ils ont régulièrement accès aux décisions, car nous comprenons bien que cela demeure indépendant de l’intelligence. En tous cas d’une forme d’intelligence sociale. Nous rentrons dans un autre débat, mais c’est le moment d’affirmer qu’intelligence et responsabilités n’ont strictement rien à voir. Ce sera le thème de mon prochain billet.

Le plus délicat dans cette histoire c’est de comprendre à quelle catégorie on appartient. Entre notre propre ressenti et l’empreinte que nous laisserons derrière nous à nos enfants, il y a parfois désaccord. C’est sans doute une question de caractère, et je suis persuadé qu’au fond de nous-même, nous oscillons régulièrement d’une catégorie à l’autre.
Ainsi, nous sommes, parfois qu’un temps, dans les instants de lucidité, de bonne volonté mais surtout de courage, des bâtisseurs. Cela ne dépend que de notre entourage et des opportunités qui s’offrent à nous.

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