Pourquoi les fonctionnaires doivent-ils être protégés ?

Appétit vorace de la financeEn France, il existe une guerre picrocholine récurrente, celle de la comparaison entre le secteur privé et le secteur public. Deux secteurs aux objectifs incomparables. Le secteur public est une zone protégée dans laquelle des femmes et des hommes indépendants et payés par l’état œuvrent pour le bien commun au service de leurs concitoyens. Qu’ils travaillent peu ou beaucoup, ils seront toujours payés à l’identique. Qu’ils soient bons ou mauvais, ils n’ont pour seul objectif que de servir l’état au profit des citoyens.

Ainsi vouloir a tout prix, et parce que l’imagination fait peut-être défaut – il faut dire que dans le genre tarte à la crème ce débat impose – comparer ce qui ne peut l’être par essence même, est vain. C’est en voulant jouer à l’apprenti chimiste, que l’on arrive à émettre des idées ubuesques voire dangereuses. Se demander s’il est nécessaire que les fonctionnaires aient un emploi à vie, raccourci commode pour parler d’un emploi simplement protégé, est en ce sens dangereux. C’est d’une part inexact, puisqu’un fonctionnaire peut tout à fait être révoqué, et d’autre part absurde, puisque cela fait fi de son origine, un emploi est protégé non pas pour les beaux yeux du salarié, mais parce c’ est utile et nécessaire pour l’état.

En effet, un fonctionnaire ne peut pas et ne doit pas être le jouet d’une quelconque influence ou lobby. Un fonctionnaire a un devoir de probité au delà de ce qui peut être demandé à un salarié du privé. Point question d’argent, de dessous de table, de compromission, de double intérêt ou de calculs mercantiles. Le salarié du public est un rempart contre toute intrusion dans l’indépendance de l’état. C’est donc un rouage majeur de l’indépendance de la république. Et cette indépendance signe le pacte républicain français de liberté et d’égalité.

Si l’on voulait déployer autant de haine ou de jalousie, ou d’un tout autre calcul inavouable, on pourrait prétendre que toute tentative ce cet acabit  irait à l’encontre de ce pacte républicain  et serait alors une traitrise. Ceux qui tenteraient d’aller au delà de la simple jalousie deviendraient hautement suspects. N’est-ce pas finalement cette intrusion soupçonneuse que l’on retrouve dans les pays en difficulté aujourd’hui ? Que ce soit en Indonésie où les spéculateurs affament le peuple pour réaliser de substantielles plus-values sur le riz, ou en Grèce où les financiers s’enrichissent grâce à la crise ?
Dans ce grand jeu, pour lequel les règles changent en fonction de l’appétit des voraces de la finance, aucun pays, même une vieille démocratie comme la nôtre, n’est à l’abri. Et c’est à mon sens à chacun d’être vigilant.

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