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Des représentants du web à l’Elysée

Jadis lorsqu’on était invité à l’Élysée, et parce que l’information restait relativement confidentielle 1 , on devait être fier. On pouvait également refuser. D’aucuns refusèrent la légion d’honneur ou toute autre marque de sacrement d’état, et cela ne leur posait aucun problème. Le 16 décembre, seront donc conviées au Palais, des personnes influentes du net. Ce fait est assez étrange, voire déconcertant à deux titres.

La première raison est qu’on ne sait pas très bien qui qualifier d’influent sur le net, puisque le nombre de lecteurs ne signifie pas le nombre de personnes convaincues, ou qui prennent acte de ce qui leur est présenté. Cela d’autant plus que dans les lecteurs des pages web, la majorité sont des robots ou des systèmes d’indexations, qui ne sont étrangement pas souvent pris en compte dans les chiffres publiés (ni le taux de rebond d’ailleurs qui révèle  pourtant assez fidèlement l’intérêt réel du visiteur pour le site considéré). Ainsi, un site web qui revendique par exemple 10000 lecteurs par jour, ne peut pas affirmer que 10000 paires d’yeux ont lu et intégré le texte.
Dés lors, puisque la méthode pour déclarer une personne qui agit sur le net, comme étant influente est tout à fait subjective, on peut se demander qui le décide dans le pays de DADVSI et d’Hadopi , et sous quels critères ?

Enfin, ce qui est déconcertant dans cette affaire, c’est que même avec la meilleure volonté du monde, on peut se demander quel est l’objectif de l’Élysée ? Personne n’ignore que, globalement, le net n’est pas favorable aux gouvernants actuels, et que les élections sont dans deux ans. A partir de ce constat, la ficelle est un peu grosse. En dépit de ces considérations passablement politiciennes, qu’espère réellement faire le Chef de l’État à part amadouer un peu ses invités ? Nous sommes dès lors confrontés à un non sens évident, puisqu’une des vertus du net, est la liberté de penser, et surtout celle de s’opposer. Lorsque l’on connait les difficultés de l’indépendance de la presse dans notre pays, on ne peut qu’être inquiet.

Cela me rappelle en effet ce que nous racontait un prof de lettres en sup’ à propos de pays réputés inamicaux, jamais les ambassadeurs ne se rencontrent autant, avant qu’une guerre n’éclate !

  1. Surtout parce l’information était restreinte à quelques journaux nationaux.

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