Un Noël sans père Noël est-il possible ?

Le Père Noël est une habitude assez récente  qui consiste à associer les fêtes de fin d’année avec un concept de générosité, et donc d’un peu de magie. Nos enfants, plongés dans notre société moderne pour laquelle la consommation est le début de toute chose, ne peuvent a priori pas comprendre la juxtaposition d’une offre plus que pléthorique, de l’abondance, et des nécessaires contingences matérielles de chaque famille.

Ainsi, d’une fête religieuse en principe sobre et pieuse, nous sommes aujourd’hui soumis à un grand cirque d’ultra-consommation quasi obligatoire, à moins de sombrer de facto dans une dépression, dite dépression festive. Bref, il faut des cadeaux. Et le Père Noël est parfait dans ce rôle. Pourtant, ce concept a ses limites. Vous le savez sans doute désormais, le Père Noël n’existe pas. Si, je vous assure. Pour certains parents cela ne pose aucun problème, pour d’autres en revanche, il est difficilement concevable de mentir sciemment, même pour la bonne cause, à leurs enfants. Comment imaginer alors un Noël sans mensonge ou fantasme, tout en conservant une sorte de magie qui nous plaît, et dont on peut sans honte, apprécier la saveur lorsqu’on a la chance de la partager en famille ?
noelCe mensonge habituel et sympathique, n’est pourtant pas indispensable. On peut en effet imaginer un Noël comme étant une fête où seule la générosité et l’amour s’expriment. En ce sens, les enfants recevront des cadeaux, indépendamment de leur comportement au cours de l’année. L’idée qu’il faille être sage pour avoir des cadeaux est alors abandonnée, en même temps que le mythe du Père Noël, au profit d’une sorte de communion familiale ou amicale qui fait honneur à ce que nous sommes, des hommes. Cette notion d’amour gratuit, sans retour, est intéressante parce qu’elle s’inscrit en opposition avec les notions contemporaines de performance, de devoir ou de mérite, et ne ferait pas honte à notre culture religieuse. Cela d’autant plus qu’il ne nous est pas nécessaire d’inventer une histoire qui ne servirait alors que d’alibi.

Appréhender Noël sans détour, en assumant la notion de pure générosité est à mon sens une valeur intéressante, qui nécessite un effort certain, et qui pour des enfants, aurait sans doute l’avantage de les guider assez justement, dans leurs ressentis sociaux.

Première publication en novembre 2010

6 commentaires On Un Noël sans père Noël est-il possible ?

  • Je pense que toute occasion de faire la fête en famille ou entre amis est bonne. Alors que ce soit Noël ou le nouvel an, c’est plutôt une bonne chose. Par contre, je te rejoins sur le fait que l’incitation à une débauche de dépense en tous genres est à la fois scandaleuse à une époque ou la misère est présente sous nos yeux mais en plus écoeurante par son omniprésence. On dirait que l’on a déjà tout mangé, tout acheté avant même de se mettre à table qui se doit, dirait-on, de crouler sous les aliments les plus chers. Quant aux cadeaux, ils se muent de plus en plus en chèques ou bons d’achats comme s’il fallait se débarrasser de ce qui est devenu une corvée. Vive le repas convivial avec un petit extra pour « marquer le coup » et à-bas la consommation obligatoire, les cadeaux forcés et la fête obligatoire et calibrée.

    • Tout à fait ! Vive les bonnes tablées autour d’un bon vin et garnie de discussions passionnées !

      Cela dit, c’est trop rare …

      Je ne pensais plus aux chèques cadeaux. C’est intéressant cette évolution.

  • Le Père Noël est important. Pas parce qu’il provient de Coca-Cola, mais parce qu’il est un apprentissage pour nos enfants. Comme les contes et les mythes.
    Apprendre Noël, apprendre le lapin de Pâques, apprendre la petite souris et la fée des dents, ce sont les bases pour l’apprentissage de mensonges plus gros : La justice, l’égalité, l’amour, le bonheur, la compassion …

    Terry Pratchett ne l’aurait pas mieux dit : Passe l’univers au travers du tamis le plus fin possible et trouvez moi un atome de Justice ou une molécule de compassion. Ça n’existe pas.

    Oui les enfants ont besoin de croire, à gober de petits mensonges avant d’en avaler de plus grands.

  • Cent ans en arrière à peine… les noëls de nos grands-parents sans foie-gras, ni saumon fumé, ni champagne, ni père-noël, ni arbre de noël surchargé de cadeaux…

    Une messe, des bougies allumées, parfois une crèche ; une orange et quelques papillotes pour les enfants, parfois UN jouet (qui durait toute l’enfance). Point de cadeaux pour les adultes.

    En revanche, on donnait des étrennes au premier de l’an (notamment aux enfants devenus adultes).

    La tradition d’échanger des cadeaux pour les Calendes (1er janvier) remontent à l’époque romaine. A l’époque, le 25 décembre, c’était une fête exclusivement religieuse : l’anniversaire du Soleil (Hélios / Sol Invictus), également fêté par les adeptes de Mithra (religion orientale très populaire à Rome), puis par les chrétiens (autre religion orientale appelée à devenir encore plus populaire… mais à mettre sur le même plan que les autres à ce moment de l’histoire). Bonne fête à tous les « Hélios » donc 😉 !

  • ah lucius … sans commentaire !!!

    Vive Noël sans foutaise !!! Pour les rêves, il y a les lutins, les fées, …

    Bravo !!!!!

  • Bon billet !
    Et bonne année 2012 à défaut de souhaiter un bon Noël dans les temps à toute la famille ! 🙂

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