La lente disparition du mot

Quelques (rares) lecteurs me demandent, mais pourquoi diable ne publies-tu plus quelques articles sur ton blog ? En effet, depuis les évènements terribles du début d’année, il ne se passe plus grand chose sur ce site. A l’origine un blog, un endroit, où le mot se conçoit, se choisit, pour tenter de présenter une idée, un concept. Que cela fasse école n’est pas un objectif, mais que soit une graine sur un champ infini d’idées, pourquoi pas.

Au fur et à mesure des années, je suis passé du mot à l’image. Car le mot ne vend plus. On ne prend plus, ou pas le temps de s’arrêter quelques instants pour confronter ses conceptions à celle des autres. Maintenant, internet est devenu une télévision où s’enfilent les unes après les autres comme un collier de perle sans fin ni but, des images. Il faut que cela soit pratique, facile, immédiat. Que cela soit l’autre qui trouve les mots.

Mais au jeu de l’image la plus parlante, je ne peux pas rivaliser. Car qu’ai-je en face de moi ? Beaucoup de talent bien entendu, mais également des gens qui trichent. Une blogosphère qui n’hésite pas à s’approprier le talent des autres, de le voler finalement en la publiant fort de son auditoire. Un auditoire la plupart du temps totalement virtuel, conçu par un savant mélange de référencement, robots et faux commentaires. Vous ajoutez par dessus cela Facebook, et c’est terminé. Les commentaires ne viennent plus sur un site d’un inconnu, mais sur le site bien connu : Facebook. Le « j’aime » est là pour vous éviter toute complication, et le tour est joué. Une blogosphère artificielle favorisée par la légèreté des réseaux sociaux, trop contents de phagocyter la dynamique qu’engendre le world wide web, ce qui n’a rien à voir avec Facebook. Sans compter l’absurde audience qui encense ce qui est étrangement banal ou sans relief. Le business, le web « made in China » a pris le dessus. Banalités.

Bref, remettre le mot au centre des sites personnels n’est pas une mauvaise idée. Loin de toute prétention, au rythme des opportunités.

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