Râler est-il le propre de nous ?

Avez-vous remarqué qu’autour de vous, ou vous-même peut-être, les gens ne sont jamais contents ? Voici une parabole qui illustre bien ce processus, complexe sans doute, de la critique des autres – ou de la sienne.

[dc]l[/dc]l était une fois un vieux et son petit-fils qui voulaient acheter un âne. Ils se mirent en route vers le marché du village voisin qui était à quelques lieues de leur village. Arrivés au marché et après avoir fait le tour de tous les marchands d’animaux, ils finirent par trouver finalement un âne qui leur convenait. Le grand-père et le petit-fils, tout heureux de leur emplette et après avoir été félicités par les villageois, se mirent en route avec l’âne.

Les trois marchaient à la queue leu leu, lorsqu’un passant leur fit la remarque suivante:
– « Qu’ils sont bêtes ces gens, ils s’achètent un âne, et au lieu de l’user ils le suivent. »

Le grand-père entendant ces paroles, se gratta la tête et murmura:
– « En fait, il a raison ce bonhomme ! »

Le grand-père tout heureux de lui-même monta sur l’âne, et laissa le petit-fils à pied. Après un moment un autre passant leur fit cette remarque:
– « Quel homme cruel, il s’installe confortablement sur l’âne et laisse ce pauvre enfant marcher à pied dans cette chaleur. »

Le grand-père murmurant à nouveau et dit:
– « Dans le fond il dit une vérité. »

Le vieux se sentant visé, tout honteux de n’avoir pas eu lui- même cette idée, offrit sa place à son petit-fils. L’âne semblait être heureux de cet échange et se mit à accélérer le pas au point que le vieux se trouvait en arrière et avait du mal à suivre la nouvelle cadence.
Sur le chemin un groupe de passants se mirent à rire en disant:
– « Quel manque d’éducation, ce gamin! Ce pauvre vieux, à peine s’il peut encore marcher et lui à dos d’âne sans pitié, quelle honte! »

Le grand-père entendit ces remarques et décida à monter aussi sur l’âne. Peu de temps après un autre groupe de passants chuchotaient entre eux:
– « N’ont ils point de cœur ces gens? », puis ils continuaient:
– « Pauvre animal, ces deux personnes lourdes sur son dos, comment peut-il encore marcher? »

Le vieux et son petit-fils tout embarrassés d’eux-mêmes et pleins de pitié pour l’animal qu’ils venaient d’acheter, décidèrent de porter l’âne sur leur dos.

Adaptation (libre) d’une fable de La Fontaine (Merci JFL)

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