Mon enfant, son professeur et moi

Comment se positionner, en tant que parent sur une organisation dont les femmes et les hommes s’occupent beaucoup plus que nous-même de notre enfant ?
Sans doute est-ce une question qui ne s’inscrit pas prioritairement dans votre to-do list « à réfléchir pour plus tard ». Naturellement tout se passe bien, ma routine quotidienne ressemble à celle des autres, rien d’anormal, cela suit son cours pourquoi s’interroger.

Pourtant, dans la mission qui incombe aux parents, et qui ne consiste pas à gagner le plus d’argent possible, pour la bonne raison que gagner de l’argent n’est pas une valeur humaine, même si on tente de nous le faire croire. Dans la mission parentale donc, la principale est peut-être bien de faire découvrir le monde à nos enfants. Or dans notre société, celui qui fait découvrir le monde à votre enfant, ce n’est pas vous. Mince.

Est-ce pour autant un problème ? Sans doute que non. Cela sous-entend toutefois, que vous soyez conscient des enjeux.
Lorsque vous confiez votre enfant à l’école, vous mandatez les représentants de l’institution Éducation Nationale, pour donner à votre enfant les outils nécessaires à la compréhension, puis pourquoi pas, à la maîtrise de la vie. En ce sens, nous pouvons raisonnablement dire que l’école est un outil. Les professeurs seraient alors un service, ce qui ne leur enlève rien. C’est alors la manière la plus logique de qualifier ce corps de métier, un corps de service. Leurs compétences sont au service de l’apprentissage de votre enfant. Qualifier ce corps de service, nous évite sans doute une composante ex-cathedra, qui correspond mal à l’évolution de la société.

Si la découverte du monde vous échappe, vous mandatez pourtant des personnes qui en retour de leurs compétences, vous proposent, et proposent à votre enfant, un service. J’insiste sur ce point car cela me permet de relativiser l’impact que peut et doit avoir le professeur sur vous, parent. En effet, le professeur ne se substitut pas à l’autorité parentale, autorité sensu largo, celle qui permet d’orienter les pensées et les actes.
Votre place n’est donc pas volée, si tant est que cela vous posait un problème. Vous veillez à la bonne marche de cette affaire, et en aucun cas le professeur n’a autorité, ni le droit moral, de s’imposer à vous. Vous devez rester maître du navire « famille ».

Parler de cette autorité professorale, n’est pas vain. Il me semble parfois que les lignes sont floues. Les ingérences du professeur sur votre champ de compétence parental, sont nombreuses. Parfois même scandaleuses. En aucune manière, il n’est envisageable qu’un professeur puisse donner des conseils d’éducation ou tenter d’imposer un nouvel état d’esprit à des parents. Le professeur étant lui-même la plupart du temps parent, je crois qu’il a bien assez à faire chez lui et que le bon sens prévoit qu’il ne juge pas votre enfant définitivement, ou le place arbitrairement (ils n’ont pas cette compétence) dans les cas irrécupérables ou au contraire à fort potentiel.

Si l’on ne retiens que cette notion de champ de compétences, de service, le cadre semble correctement défini. Si le professeur dépossède le parent de son rôle, vous brouillez les repères sociaux et introduisez un facteur de mésestime de la personne. Le parent doit ainsi rester fier de son enfant, et doit se sentir responsable de son avenir. Même si au quotidien cette tâche revient au professeur. En ce sens, le parent peut tout à fait contredire la position du professeur s’il estime cela nécessaire pour son enfant. En d’autres termes et je finirais là-dessus, le parent doit toujours avoir le dernier mot, le dernier mot respecté, c’est le principe je crois, du mandat dont nous parlions.

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