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Bêtise sociale

Avec le débat actuel concernant le projet de loi pour un mariage pour tous, je crois que nous avons atteint ce dimanche, un niveau de bêtise tel, qu’il vaut mieux je crois laisser dire et patienter. Ne prenez pas ombrage d’un tel titre ou introduction, j’amènerai in fine toute la réserve nécessaire.

Ne nous y trompons pas. Le débat dont nous parlons est essentiel. Non, mesdames et messieurs, il n’y a pas aujourd’hui plus important à traiter. Non ce n’est pas une loi pour une clientèle de je ne sais quel citoyen privilégié ou embrigadé. C’est une loi qui concerne des hommes et des femmes, qui concerne exactement ce que l’on est, des êtres pétris d’amour mais aussi de contradictions.
Ce débat est essentiel car il marque une étape supplémentaire dans l’avancée lente et précautionneuse de notre société. Ce débat marque enfin, puisqu’il faut régulièrement le rappeler, la force du politique sur l’homme de robe. C’est le coup de pouce législatif dont ont besoin les hommes de demain, l’aide de la loi sur l’emprise lourde et constante du dogme, système obsolète qui servit autrefois à tenir une société d’hommes en défaut de connaissances. Cela a eu son intérêt, et c’est pourquoi il faut absolument défendre la laïcité dans notre pays.

N’écartons pas les différences. Il est important dans un pays tel que le nôtre, que toutes les sensibilités s’expriment. Et l’idée de faire évoluer notre société, si elle est noble, n’en est pas moins contestable. N’importe quelle décision ou proposition en politique, peut être contestée.
Néanmoins, cela peut devenir un exercice intellectuel périlleux. Comment comprendre en effet que des gens puissent vouloir dépenser leur repos dominical, non pas à s’occuper de leur famille, mais à manifester afin que d’autres n’aient pas les mêmes droits qu’eux. Comment concevoir que ceux qui revendiquent un éclairage divin, attisent autant la haine de la différence, la haine de l’autre.
Il faut reconnaître que la pilule est difficile à avaler.

Nous avons atteint je crois avec ce débat, un tel niveau de bêtise, qu’il vaut mieux laisser faire les choses et patienter. Nous le savons, les opposants à ce projet de loi n’ont aucun argument qui ne tienne la route. Pire, c’est une frange de la société que se retranche sur des préceptes qui n’entrent pas en concordance avec l’idée que l’on se fait des progrès de l’esprit humain. C’est-à-dire ceux qui donnent à l’homme la place centrale où il devrait être. Une place cédée avec confiance plutôt qu’avec défiance.
Pourtant, gageons que cela sera comme d’habitude, comme avec le droit de vote des femmes, le divorce par consentement mutuel, la peine de mort (qui vous l’admettrez ne concernait finalement que très peu d’hommes – comme si le problème se situait à ce niveau) ou plus proche de nous le PACS.

Au bout du compte, la société va pleinement intégrer ce mariage pour tous, pour du mieux, sans rien retrancher aux traditions et valeurs connues auxquelles nos compatriotes protestataires aiment faire référence, mais bien au contraire en leur donnant du sens, puisque cela s’inscrit dans un élan de reconnaissance de tous les hommes comme étant égaux. Malgré les dissemblances.
En disant cela, il est probable, bien que cela nécessiterait une démonstration, sans doute à partir de considérations historiques, et en la matière les thèses se suivent et se contredisent, que la notion même de mariage soit allègrement galvaudée. Certes. Et encore. Le mariage a été maintes fois modifié dans son application légale afin précisément, de s’adapter à l’époque. Mais je ne développerai pas ce point, vous trouverez les arguments de réfutation dans ce billet qui traite du projet de loi d’un mariage pour tous.

Dori & Nemo

En revendiquant plus de tolérance, nous qui sommes favorables au mariage pour tous, nous ne pouvons pourtant pas décrier les opposants. Même s’ils n’ont pas d’arguments, même si les raisons invoquées sont surtout celles de l’homophobie, même si les paroles soulevées par les journalistes blessent bon nombre de nos concitoyens concernés dans leur chair par ces problématiques. Décrier trop vertement les antis donc, comme je le fais à présent, est radical. Dès lors, nous ne valons pas mieux.
Il faut en effet laisser l’opportunité aux opposants de protester. Ils l’ont fait, très maladroitement puisqu’ils sont désormais identifiés comme étant passéistes, rétrogrades, apeurés. Ils l’ont fait avec un faible volume, contrairement à ce qui est dit, si l’on tient compte notamment des moyens énormes déployés pour l’occasion par l’Église et les partis de droite. Mais ils l’ont fait en défendant le droit naturel, l’état naturel.

C’est une bonne chose pour eux, car ils vont désormais pouvoir appliquer à la lettre leurs préceptes, en épousant rapidement la première loi de la nature. Celle du mieux adapté. En s’adaptant ainsi au nouveau paysage social qui se dessine, inéluctablement, avec un mariage qui ouvre les mêmes droits pour tous, dans une société apaisée qui ne s’affronterait pas sur ses différences, ils évolueront et sauront très bien quelles sont les valeurs qui leurs sont chères, les mêmes sans doute que tous les autres. Les valeurs humaines.

Commentaires

Raoul
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De vives discussions se poursuivent sur les réseaux sociaux, et j’apprécie mes détracteurs. Néanmoins, la conclusion approche en ce qui me concerne, car je pense avoir fait le tour de la question, en tous cas j’atteins mes limites je crois.

Ainsi, je constate que la lecture que nous avons mes contradicteurs et moi du projet de loi n’est pas du tout la même.
Je crois cependant qu’il faut être « open » dans son interprétation, et ne pas voir quelque chose qui retranche quoique ce soit à qui que ce soit, encore moins qui prétendrait transformer les réalités biologiques.
Imaginez-vous qu’une fois cette loi votée (car elle le sera) d’un seul coup d’un seul ne vont pas apparaître des légions d’enfants sans père ni mère, ou des cohortes de familles atypiques qui feraient de l’être humain le seul mammifère hermaphrodite ou le seul phylum auto-destructeur par dégénérescence de la descendance. Ou tout ce que vous voudrez.
Non, il se trouve que rien ne sera modifié dans la belle marche de la vie, qu’il n’y aura pas non plus une invasion des couples homos mariés qui bouteraient hors des frontières du bonheur les familles telles que l’identifient ceux qui tiennent leur positions depuis plusieurs siècles voire depuis la préhistoire (pique gratuite, mais n’y voyez pas d’insulte), si ce n’est que les hommes et femmes qui sont aujourd’hui dans l’exception, le non-dit, le non-définit, le rejet, l’inconfort, l’imprévu, l’exclusion, ou tout simplement dans la difficulté parce qu’un texte de loi CIVIL est obsolète, ces hommes et ces femmes donc, trouveront enfin l’occasion de rejoindre le cortège des hommes libres et égaux en droit.

Voilà. C’est une lecture simple qui est la mienne, et je me garderai bien de sombrer dans la terreur. Et je ne suis pas certain d’être à côté de la plaque puisque figurez-vous que ni moi ni ma famille ne sommes concernés par ce projet. En revanche il nous semble bien naturel d’accepter l’autre dans toutes ses différences, surtout lorsqu’il ne revendique rien d’autre que d’avoir le choix.

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