La chute de la maison Depardieu

Depardieu qui fut acteur et désormais minable, réplique. D’aucuns pensent que le gouvernement par son action politique le devient. Le seul minable pourtant dans cette histoire c’est ce représentant public qui se permet de cracher à la figure de ses concitoyens en s’achetant le droit d’être antipatriotique et en exhibant son pouvoir d’achat d’une nouvelle nationalité.
Cet homme qui est un  homme public, ne peut pas être cité en exemple. Et ce gars, acteur, a largement bénéficié des impôts de ses concitoyens pour se lancer dans sa carrière, même par la suite en bénéficiant de largesses d’imposition dans une niche fiscale honteuse, heureusement aujourd’hui revue.

Pourtant pouvons-nous parler simplement de la haine du riche ? Au risque de tout mélanger. C’est une confusion en effet, parce que l’on estime que la seule valeur qui vaille le coup d’être défendue est celle de la richesse. Je n’ai pas cette conception étriquée de la réussite de l’homme. Et si nous sommes en crise, c’est sans doute parce que beaucoup trop d’hommes pensent ainsi. L’argent au centre de tout, remplace l’homme dans sa juste position. L’homme est central, l’argent un outil et non une finalité. Et pourtant certains adorent ceux qui exhibent leur richesse. Pire, ils adorent défendre les riches malmenés.

Mais vous savez ce comportement qui consiste en entrer en adoration devant celui qui réussit, mais qui réussit parce qu’il est riche, est consternante. C’est même un pilier de l’esclavage. Vous ne le saviez pas ? Sans doute est-ce une variante du syndrome de Stockholm.
Qui plus est, ce « minable » nous explique qu’il a payé trop d’impôt en 2012, donc pour l’exercice 2011, et donc sous le quinquennat Sarkozy. Et ça vote à droite …

Tout de même, lorsque je vois autour de moi, tous ces gens qui n’arrivent même pas à se chauffer dans leur maison (enfin maison), et qui assistent impuissants (car ils ne peuvent rien dire) au déballage gargantuesque d’un acteur devenu « minable », qui vend un hôtel parisien la bagatelle de 50 millions d’euros, qui interpelle des élus du haut de ses millions, qui s’achète sa désertion et les encarts publicitaires qui vont avec. Tout de même. C’est assez indécent.
Et encore, certains le défendent.

La récupération politique n’est pas le sujet dans cette affaire. Malgré les vaines tentatives de manipulation que l’on peut sentir à droite du pays. Je n’ai pas la naïveté de croire qu’un politique trouvera la solution pour sortir de l’impasse dans laquelle nous sommes. Je n’ai pas non plus la prétention de savoir qu’elles sont précisément les causes de la crise que nous traversons et qui est à l’origine de cette fuite.
Néanmoins cela n’excuse en rien du comportement de cet homme public devenu homme « minable » parce qu’il n’a conscience que de sa richesse. Cela n’excuse en rien non plus l’aveuglement chronique de Français qui ne se lèvent le matin que pour gagner encore plus de magot. Car l’entreprise voyez-vous ce n’est pas capitaliser. C’est partager. Mais cette notion sans doute antique, est quelque chose que nous avons perdu de vue aujourd’hui.

Personne ne nie l’effort évident que cela représente de payer autant d’impôts que ce que prétend Depardieu. Mais le droit Français est fait de telle sorte que lorsque cela arrive, c’est que vous en avez largement les moyens. Tout comme cet homme a largement les moyens d’embaucher des comptables pour éviter de trop payer d’impôts. Ce dont il ne se prive pas.
Mais vous savez lorsque l’on a les moyens d’acheter autant de maisons, autant d’objets d’art, autant de voitures, autant de vignoble ou autant ce que vous voulez, vous pouvez aussi participer à l’effort de la nation dans des moments difficiles. Même de manière symbolique.
Et si vous ne le pouvez pas, personne ne vous en voudra. Mais si vous ne le faites pas, et qu’en plus vous exhibez votre refus théâtralement, avec des moyens dont l’immense majorité de ses concitoyens n’ont même pas idée,  à ce moment spécialement, personne ne vous le pardonnera, hormis les sots.

Il est toujours triste qu’un riche explique à tout le monde par des moyens démesurés, comme il est malheureux d’être riche.
Pourquoi voulez-vous que l’indécence de certains soit le résultat d’une politique, même une politique de gauche ? Cet épisode n’est qu’indécence et sottise.

-> Un point du vue lucide, d’une autre actrice, Annie Dupeyret :

13 commentaires On La chute de la maison Depardieu

  • Gérard, si tu passes par là, c’est pas ton passeport qu’il faut que tu rendes, c’est ta carte d’électeur, parce que tu ne sais pas t’en servir; on ne vote pas uniquement en fonction de ses intérêts, on vote pour que le monde qui nous entoure soit meilleur et plus juste, c’est profitable pour tous et donc, par ricochet, pour sa propre personne.
    Je crois que ça n’est pas trop compliqué à comprendre, non ?

    Tu fais suivre à l’intéressé, Raoul :o)

    • Absolument Claude !
      Le problème est sans doute l’état d’ébriété permanent qui caractérise notre homme et qui persiste à dire n’importe quoi tout le temps.
      Aussi appréhender ce que tu dis justement est pour lui je le crains compliqué.

      • Première fois que j’arrive sur ce blog et je suis choqué au bout de deux commentaires par le niveau, Claudius et Raoul. Enfin non, c’est représentatif du niveau général.
        Allez donc vous renseigner sur Etienne Chouard et la mise en place de l’impôt sur le revenu en France en 1914 et aux USA en 1913.
        Vous me faites peur…
        Et Gérard si tu m’entends… Je t’aime !

        • Je regrette que vous ayez peur. Mais pour qui a les idées bien ordonnées et la conscience tranquille, je ne crois pas que cela puisse poser problème. A mon sens. La peur est rarement l’expression d’un sentiment logique.
          Cela dit, c’est que mon argumentation manque de clarté, car il ne me semble pas que ce sentiment dont vous parlez soit si répandu que cela, spécialement en ce qui concerne cet acteur dont la réputation désormais ressemble à un naufrage. Permettez-moi en outre de vous rappeler que c’est un acteur. Pas un représentant du peuple Français. Et un acteur se définit essentiellement par son égocentrisme. Ce n’est pas moi qui le dit. Aimez le donc, mais vous serez seul, je le crains. Encore que sur ce point ce soit votre affaire.

          Je serais ravi de voir mon point de vue évoluer, si vous tentiez au moins de nous faire partager vos arguments. 🙂

  • Et il demande le remboursement de son timbre fiscal en rendant son passeport ? Si en plus, le passeport est périmé, le mec il est fortiche !

    Le meilleur du billet, Raoul, c’est l’idée du syndrome de Stockholm ! J’avais déjà observé le phénomène sans réussir à le nommer. Désormais c’est fait ! Merci car chacun sait que seul existe ce qui a un nom ! 🙂
    Bonne fin de week-end

  • Il est quand même extraordinaire que dans ce pays on doive quelque chose à l’État alors que l’État ne vit QUE par nous. Pour le peuple et par le peuple.

    Il est quand même impensable qu’on puisse dire autant sur aussi peu.

    Parce que dans ce pays avoir un bien immobilier de 50 millions d’euros et être riche fait de vous automatiquement un coupable et la cible de tous les jaloux.

    Là où vous faites une erreur c’est de penser que tout le monde à de bons sentiments et que nous agissons que pour le bien commun.

    Comment vous dites déjà ? « Car l’entreprise voyez-vous ce n’est pas capitaliser. C’est partager. »

    Fadaises ! L’entreprise c’est la volonté d’une ou plusieurs personnes de gagner de l’argent et de changer de vie.

    Les humains sont fondamentatlements individualites et égoïstes ne vous en déplaise.

    Si Depardieu estime que se faire prendre 85% de son argent pour continuer une gabgie sans nom et sans fin est confiscatoire, libre à lui.

    Depardieu n’est pas le premier d’une longue liste. Les autres sont moins célèbres, c’est tout.

    Quant à tous ces acteurs qui lui crachent dessus, demandez vous quel est leur intérêt.

    Peut-être continuer à toucher les allocations du pole-emploi spectacle…

    • Il ne s’agit pas de critiquer quelqu’un parce qu’il est riche, il s’agit de critiquer quelqu’un qui bénéficie des avantages d’un pays (et le cinéma, et donc Depardieu bénéficie de l’argent des contribuables) mais qui refuse de participer à l’effort que l’on demande à de moins bien favorisés que lui.
      Le chiffre de 85 % est à vérifier (on n’est pas obligé de croire tout ce que dit ce brave Gérard) mais si c’est le cas et alors ! A voir ses avoirs on ne peut pas dire qu’il ait été beaucoup à plaindre.
      On demande à de pauvres bougres des choses qui leur font voir le bout du mois avec crainte, je ne pense pas que ce soit le cas de Depardieu ou d’autres.
      Dans la hiérarchie des martyrs victimes de l’Etat, il y a du monde avant lui.

    • Que les humains soient comme vous dites « individualistes et égoïstes » je veux bien le croire. Je pourrais en fait difficilement prétendre le contraire.
      Toutefois, si vous avez ces gens-là, vous avez également les autres. Des hommes meurent aussi pour des idées voyez-vous, pas que pour l’argent. Le monde est plus complexe que ce que vous tentez de nous démontrer. Et que ce que je peux prétendre ici, bien entendu.
      C’est une erreur de croire que la finalité de l’homme soit l’enrichissement. Libre à vous cependant de le penser, mais j’ai beau regarder dans tous mes livres de philosophes, je ne vois marqué nulle part que ce soit le cas. Ni même dans un quelconque livre sacré d’ailleurs. Et je crois que ce n’est pas un hasard. Je crois que cette croyance dans la toute-puissance de l’argent, si ce n’est pas un fait nouveau, c’est toujours l’apanage d’une oligarchie financière, à laquelle les riches sots appartiennent.
      De fait, ce groupe d’hommes a tout intérêt à ce que tout le monde le pense également, puisque leur puissance n’existe que par le jeu des déséquilibres.

      Enfin, permettez-moi de caresser l’espoir que tout humain ne se réalise pas dans son entreprise simplement que par l’appât du gain. C’est un facteur sans doute essentiel, mais pas unique, et surtout c’est je crois assez rarement le catalyseur du succès. Le premier facteur est tout de même le génie. Ce qui est le propre de l’homme, ça tombe plutôt bien. De ce génie quantité de nos congénères s’en contentent, sans rien attendre en retour. Ces hommes-là sont remarquables. Ce sont les bâtisseurs de notre monde.
      Tous les autres –du registre auquel je fais référence, pas davantage, sont des parasites. Un vol de criquets sur un champ de salades. A ce titre, ils ne sont pas dignes d’être cités en exemple.

      Notre acteur gargantuesque habitué des frasques éthyliques en est un représentant. Nous le savons car il vocifère. Et nous de commenter, ce qui est un moindre mal afin d’avoir les idées claires. Ce que ne me semble pas tant répandu que cela.

  • Ce que je conteste (et vraisemblablement Depardieu aussi) ce n’est pas tant le fait de payer des impôts, c’est tout à fait normal, mais de payer des montants astronomiques d’impôt (sur le revenu, la TVA, la TIPP, l’octroi de mer – pour les DOM, etc.

    Ce que je conteste c’est qu’on nous demande de faire un effort supplémentaire parce que les politiques qui pensent nous gouverner sont incapables de réformer l’État afin d’aller vers une meilleure gestion et préfère céder aux lobbyistes des syndicats corporatistes.

    Ce que je conteste c’est que certains Français ont perdu l’habitude de travailler et ne font que réclamer toujours plus de subventions et toujours plus d’assistanat (la presse avec son milliard de subvention en est le parfait exemple).

    Ce que je conteste, c’est le tour que prend la France (mon pays bien aimé) vers une dictature socialo-fascisante larvée (voir le laïus de certains député PS).

    Ce que je conteste, c’est l’aveuglement idéologique qu’on beaucoup de mes compatriotes. Le système social en train de mourir sous nos yeux parce que personne n’a eut le courage de le réformer correctement et ce qui me chagrine c’est que les dégâts vont être considérables car personne n’a pris le temps d’expliquer aux français ce qu’il se passe.

    Ce que je conteste, enfin parce que je ne veux pas polluer votre blog plus que de raison, c’est qu’on nous demande des efforts importants alors que ceux qui pensent nous diriger n’en font aucun, au contraire, la gabegie continue.

    J’en ai rien à faire de ce que fait ou pense Depardieu, il est libre de se déplacer dans un espace politique démocratique, dire et de faire ce qu’il veut s’il respecte la loi, et je ne comprends pas qu’on puisse faire autant de bruits là-dessus. Peut-être a-t-il toucher une corde sensible ?

    Pour finir, vous savez ce que m’a donner la France à par des emme…ents ? Rien, pas même mon éducation, mes études, mon savoir faire, et mon expérience; je ne les dois qu’à moi-même, tout comme Depardieu. Et le peu que je dois à la France, j’ai payé pour ça (1% formation).

    Je dis toujours : « Ceux qui pensent qu’ils nous dirigent » car les patrons c’est nous, le peuple, pas eux.

    Pour le libéral que je suis, l’État est la cause des problèmes, pas la solution et avant de me hurler dessus parce que je me revendique libéral, prenez le temps de jeter un oeil sur sa définition. Juste prenez le temps…

    • La question que je me pose alors, et je vous félicite pour vos convictions, est la suivante : pour être libéral faut-il que d’autres soient des feignants ?

      Je pose cette question, car vous ne pouvez pas vous empêcher de nous sortir les poncifs habituels, les mêmes d’ailleurs depuis 1974. Après tout pourquoi pas, à ceci près que cela ne résiste pas à l’analyse objective.

      • « pour être libéral faut-il que d’autres soient des feignants ? » :

        Non

        « les mêmes d’ailleurs depuis 1974 » :

        Non, les mêmes que depuis Frédéric Bastiat (en gros) mort en 1850. Merci de mettre en relief mes poncifs comparativement aux vôtres qui datent à peu près de la même période.

        « à ceci près que cela ne résiste pas à l’analyse objective »:

        Ok, j’ai hâte de lire ça.

        Notez bien que je ne voudrais en aucun cas vous agresser ni polluer votre site. Un petit mail privé suffira à clore mes réponses. Je suis peut-être un $*%@£ de libéral (non, non, ne dites rien, j’ai l’habitude de me faire traiter d’un peu de tout), mais je n’en reste pas moins poli 🙂

        • Mais vous ne polluez pas mon site 🙂 Dès lors que vous êtes autorisé à publier, c’est que tout va bien.

          Souffrez tout de même que je ne veuille pas spécialement vous insulter. Sans doute serez vous déçu que je ne prennes pas le temps de le faire, mais voyez-vous que vous soyez libéral, c’est votre affaire, pourvu que cela vous plaise.
          Ainsi, lorsque je parle de poncifs, pardonnez-moi mais je ne fais que lire ce que vous écrivez: Ce que je conteste c’est que certains Français ont perdu l’habitude de travailler et ne font que réclamer toujours plus de subventions et toujours plus d’assistanat (la presse avec son milliard de subvention en est le parfait exemple). C’est de ceci dont je veux parler.
          C’est un poncif. Une contrevérité. Une manipulation ou si vous préférez un paralogisme.
          Point besoin de délayer ici ce que vous pouvez trouver sur Eurostat. Je vous laisse découvrir, mais je doute que vous l’ignorez.

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