Clicky

Naviguer / Recherche

Facebook or not Facebook ?

P rétendre que Facebook est le diable est un lieu commun. C’est même une évidence puisque grâce aux créations des uns et des autres dont Facebook s’approprie de droit, ces beaux diables montent un business et gagnent de l’argent. Depuis que cette société est entrée en bourse, les libertaires échevelés lancent frondes et cailloux dès qu’un faux pas fait mine de pointer le nez. Le dernier épisode en date pendant lequel tout le monde a cru à une faille tandis que ce n’était qu’une mauvaise utilisation du réseau, a largement fait parlé de Facebook en mal.
Certains profitent de l’occasion pour nous donner une leçon, en nous taxant de débiles, nous qui utilisons  sottement ce suppôt de Satan.

La question est de savoir si au bout du compte Facebook doit être mis au pilori, ou si finalement on peut s’en moquer éperdument puisque nous avons finalement bien autre chose à faire dans la vie qui requiert notre attention.

Facebook est à mon sens un outil pratique mais fondé sur des bases plus que contestables. En effet, c’est un système propriétaire qui évolue et « compile » en dehors du réseau des réseaux, dans une sphère qui n’appartient qu’à lui, et dont personne ne sait – à part les gens en bleu de là-bas qui codent à tour de souris – ce qu’elle contient. Facebook en ce sens déroge aux règles initiales d’internet, qui précisément n’existent pas, et qui voulaient qu’internet ne soit pas autre chose qu’un vaste espace libre et ouvert où les échanges seraient dépourvus de toute notion de propriété.
La seconde base qui devrait être rejetée par tout le monde est que Facebook fait ce qui lui plait avec vos données. Même ce à quoi vous n’auriez jamais pensé. Et c’est bien le problème. Afin de se protéger juridiquement eux-mêmes, les stratèges du réseau bleu ont eu l’idée géniale mais totalement inacceptable de s’approprier tout ce qui passe dans leurs tubes. Ces fameux tubes propriétaires du réseau des réseaux, qui échappent à tout le monde, mais qui sont le support d’un business lucratif quoiqu’on puisse en penser.

Pour autant, et même si la bande à Zuckerberg jongle en permanence avec notre vie privée 1, peut-on considérer que l’usage de leur machin dont tout le monde parle, est idiot ?
Assurément pas. Pour une simple raison, c’est que personne ne vous oblige à l’utiliser, et surtout, personne n’ira vérifier que ce que vous prétendez être sur ce réseau soit réellement vous, ni ce que vous écrivez ou partagez soit le début de commencement de quelque chose de vrai. En d’autres termes, sur Facebook, il n’est pas interdit de donner des informations privées qui ne correspondent pas du tout à ce que vous êtes ou vivez au quotidien, bien à l’abri dans votre vie réelle. En extrapolant un peu, nous pouvons même imaginer que Facebook est en fait un réseau de spectres qui n’ont de réel que le login et le mot de passe.

Enfin, Facebook reste quelque chose de pratique, qui est déployé partout, sur vos smartphones, tablettes, ordinateurs, et qui est connu de tous. On peut en faire ce que l’on veut. Rien, ou tout. Selon vos envies, et tant que vous payez un abonnement internet, ou tant que votre pays vous permet d’utiliser l’énergie qu’il produit. Oui, parce que sans électricité, vous imaginez bien que tout ce petit monde virtuel que nous apprécions tant ne représente plus rien. La puissance d’internet ne tient que par la prise de courant.
Enfin, diaboliser un outil parce qu’il a des failles, c’est un peu comme s’il fallait soudainement retirer de la vente tous les marteaux car un jour un olibrius déjanté a fracassé le crâne de son voisin avec cet ustensile.

Ne vous en faites donc pas tant. Livrez ce que vous voulez sur Facebook, tant que vous gardez le contrôle. Ni plus ni moins qu’à l’instar de ce que vous faites tous les jours dans la rue. Mais force est de constater qu’à trop vouloir monétiser – quel mot horrible, les réseaux sociaux, ils vont bien finir par écœurer une fraction des internautes qui rentreront alors dans la passivité. Dans ce cas je serais curieux de savoir comment une boite comme Facebook va pouvoir payer ses actionnaires.

  1. on parle de vie privée parce que cela représente quelque chose pour nous dans la vie réelle, mais qui vous en conviendrez aisément n’a plus aucun sens dans les transmissions réticulaires, qui par construction, retirent toute notion privative aux données qui sont transmises, transformées, interprétées aux gré des codes qui parsèment les protocoles d’internet

Commentaires

Raoul
Répondre

Et pour fêter ça, j’ai découvert que le mieux était encore de désactiver son compte.
Facebook ou la bourse ? Ni l’un, ni l’autre !

Laissez un commentaire

nom*

Adresse mail* (non publiée)

Site Web

Notifiez-moi des commentaires à venir via email. Vous pouvez aussi vous abonner sans commenter.