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11 raisons de ne pas adopter le vote électronique

700000 citoyens Français seront concernés lors de prochaines législatives de juin 2012 par le vote électronique. Ce sont les Français de l’étranger. Le gouvernement veut en effet déployer une procédure de vote électronique, sans doute pour optimiser le processus. Pourtant des voix s’élèvent contre cette dématérialisation. Pour ma part j’imagine que la règle principale et inaltérable du vote démocratique est la transparence. Or avec la technique retenue, les risques de fraudes semblent beaucoup trop importantes.

Voici une liste de dix raisons objectives et une terrifiante qui font que le vote électronique est une mauvaise idée

  • C’est totalement opaque. Il est impossible de vérifier qu’il n’y a pas eu de fraude. La règle de transparence est donc bafouée.
  • C’est exploitable, par exemple par un malware qui serait conçu juste pour voler votre vote ou le modifier. Lorsque l’on voit ce que sont capable de faire les partis politiques avec leur botnet de faux comptes twitter, on se dit que le développement d’un malware, ne choquerait pas leur éthique.
  • La fraude peut se faire à très grande échelle, contrairement au vote classique où la fraude est toujours possible, mais se limite alors à certains bureaux, identifiés par la suite.
  • Le code source du logiciel de vote n’a pas été communiqué. Personne n’y a accès. Aucun citoyen ne peut vérifier qu’il n’y a pas une faille ou une backdoor cachées à l’intérieur.
  • Le prestataire qui développe la solution (mais pas l’hébergement finalement qui se fait en France) est à l’étranger. En l’occurrence, en Espagne. (Source)
  • Le chiffrement HTTPS n’est pas obligatoire. Donc si le votant choisit de ne pas chiffrer sa connexion, son vote peut être intercepté et connu. La règle de l’isoloir disparaît de fait.
  • Le comptage des votes se fera par une seule société privée. Oui, une société qui possède le devenir de 700000 votes, pour le moment. En effet, si ce système est étendu, nous pouvons tout à fait envisager que 60 millions de votes seront dans les mains d’une seule boite. Il est tout à fait possible que cette société modifie les votes au profit de celui qui lui aura le plus graissé la patte. Mais ça, personne ne le saura puisqu’on ne peut pas vérifier. (En savoir plus)
  • Les mots de passe sont transmis aux votants par courrier simple. Ce n’est pas nécessairement risqué, mais cela comporte néanmoins des paramètres incertains.
  • Ce n’est pas forcement accessible à tous. Beaucoup on eu des incompatibilités avec leur système informatique. Navigateurs qui ne passent pas, OS non compatibles, certificats défaillants ou cerveau non formé aux nouvelles technos, bref, la liste est longue.
  • Les spécifications techniques et logicielles nécessaires pour voter sur le site exigent des versions qui ne sont pas à jour de Java (il faut la version 1.6 alors que nous en sommes à la version 1.7) cela pose encore de problèmes de sécurité.
  • Enfin, qui vous dit qu’il n’y a pas un pistolet derrière la tempe de celui qui vote chez lui derrière son écran, sans que personne ne le sache ?
Dans cette liste, tout n’a pas valeur équivalente en terme de risque. Le vote électronique permettrait toute de même à quelques citoyens très mobiles dans le monde, de voter aux deux tours. Il est même possible que cela réduirait le taux d’abstention. Cela aurait au moins la vertu de faire cesser l’interprétation du taux d’abstention par les analystes qui voient en ces chiffres beaucoup trop de valeur politique. Rien que pour cela, ce serait une avancée.
Néanmoins, il  y a un point pour lequel je ne suis pas favorable au vote électronique : le facteur social. Voter, c’est un acte citoyen et social. Cela implique un effort physique, un contact avec ses congénères, des échanges éventuels, l’acte même de glisser une enveloppe dans l’urne. Un acte symbolique, manuel, et qui doit générer au moins un peu, une sensation de solennité et conférer au vote toute la dimension qu’il implique. La rencontre avec la démocratie, vaut bien un déplacement.

Un ami a utilisé ce système, tout comme près de 150000 citoyens Français à ce jour. J’ai de la chance, il est n’est pas novice dans les systèmes réticulaires, et pense que bien que ce ne soit pas Open-Source, et c’est vraiment un manque de transparence, le système de vote n’est pas immédiatement vulnérable. Certes, un pishing pourrait toujours vous soustraire vos identifiants. Quoiqu’il en soit, il apparaît bien que le vote électronique ne soit pas la panacée. Loin s’en faut.
Le document qui suit, et mis en ligne le 27 mai par Laurent Grégoire, conforte cette idée d’un défaut de transparence un d’une thèse de l’existence d’importantes failles de sécurité. Il fait 20 pages, bonne lecture ! (Merci Franck pour le témoignage et le lien)

Comment mon ordinateur a voté à ma place (et à mon insu)

Un grand merci enfin à Korben pour la rédaction du billet à ce sujet dont je me suis largement inspiré 1, et si vous voulez en savoir davantage, vous pouvez aller sur le site de Pablo Martin Gomez, candidat du Parti Pirate au Bénélux.

  1. J’ai repris les 10 points énoncés ici, ainsi que les liens afférents

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