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Législatives 2012 : les enjeux

289 députés. C’est ce que le parti Socialiste devra obtenir aux prochaines élections législatives en France, qui se dérouleront le 10 juin 2012. Cette élection pas tout à fait comme les autres, est un enjeu majeur pour le président de la république nouvellement élu. C’est en effet à partir de cette assemblée que pourront s’élaborer les grandes lignes politiques du programme Hollande.

Sans cette majorité absolue, la politique socialiste serait limitée. En contradiction ainsi avec le choix des électeurs du 6 mai 2012, qui ont choisi la ligne Hollande, et non pas celle du tout-sauf-Sarko. Pourquoi ? Simplement parce que M.Hollande est un inconnu pour la plupart des électeurs, même si quelques uns d’entre eux, une bonne partie cependant, lui ont fait confiance dès les primaires socialistes. Ainsi, il est logique de penser que si une partie de l’électorat avait le rejet du précédent quinquennat dans la peau, le score malgré tout honorable du président sortant, montre quant à lui qu’il y avait également une franche méfiance à l’égard de celui que l’on comparait à quelque chose de mou. Vous remarquerez qu’on le fait d’un seul coup beaucoup moins. Rien n’était en effet plus inexact, mais comme nous le disions, il n’est pas encore tout à fait connu.
Il faut dire que dans le domaine politique qui est le notre, François Hollande est un OVNI. Certes homme d’appareil, il a un profil atypique, qui l’a tenu éloigné de l’arbitrage national. Fortement ancré régionalement, et très bien formé, M.Hollande a certainement conservé intacte, sa flamme présidentielle qui s’est allumée chez lui, il y a fort longtemps, et qui donnera à cette présidence, un aspect très particulier.

Aussi, les perdants des présidentielles s’activent-ils, afin d’espérer emporter au moins un suffrage, dans la longue liste désormais des défaites électorales. Les socialistes ont en effet tout remporté. Est-ce réellement un danger en France ? Non, pas dans notre constitution. Il existe en effet bon nombre de garde-fous, et si l’impulsion présidentielle est conforme aux volontés du candidat Hollande, cela devrait se faire en toute indépendance et en toute transparence. Il n’y aura pas de compromission à la tête de l’état.
Si l’élection législative à venir donne une majorité de sièges aux socialistes ainsi qu’à leurs alliés, alors la politique présidentielle sera fluide, et certainement audacieuse. En revanche qu’adviendra t-il si la majorité revient à la droite ? Soit le président Hollande entame immédiatement son quinquennat en cohabitation, soit il peut dissoudre l’assemblée nouvellement élue et ses 577 députés qui la composent. C’est la prérogative présidentielle sous la Vème république.

[note align= »right » width= »250″] La France n’est pas un pays comme les autres. Cela va au delà de la nation, la France est un symbole.
Ainsi dans la polémique des drapeaux de Bastille le 6 mai 2012 au soir, posez-vous la question de savoir par exemple si les porteurs de ces drapeaux seraient tout aussi fiers de les brandir en Sibérie Orientale, ou au Swaziland, bien que je n’ai rien contre ces régions ou pays.[/note]Ce choix serait certainement judicieux. D’une part dès le soir des élections, toutes les contradictions seraient aisément pointées, et d’autre part, les leaders actuels de la droite sont à ce point éloignés d’un quelconque consensus républicain, avec leur grand écart permanent du centre à la droite ultra, que l’on imagine assez mal une France toute socialiste, hormis à l’assemblée. Autant dire que dans ce cas, la politique qu’il fallait déployer pour sortir de la crise, ou pour donner un nouvel élan au pays, serait vouée à l’échec. Enfin, nos précédentes cohabitations n’ont pas franchement réconciliées les Français avec la politique. La dernière campagne, qui fut rude, et très partisane, avait au moins le mérite d’être manichéenne, ce qui ne déplait pas à l’immense majorité de nos concitoyens.
En effet, la politique simple, accessible, compréhensible, a l’avantage de ne pas prendre trop de temps de cerveau disponible, nous qui avons suffisamment à faire dans nos journées. Et ce n’est pas ironique.

Quoiqu’il en soit, la cohérence des électeurs est souvent vérifiée. Et les prochaines élections devraient donner les moyens aux socialistes de proposer leurs solutions. Est-ce que la juxtaposition des deux quinquennats, les députés sont également élus pour cinq ans, est une bonne chose ? Je n’en suis pas certain. Cela donne aux législatives, le simple rôle de confirmation des présidentielles, alors que ce sont des élections essentielles dans notre constitution. Cela limite le champs d’action politique, en ne présentant pas d’alternatives possibles avant les prochaines élections présidentielles. Cela a cependant le mérite d’accorder aux citoyens le pouvoir de sanctionner durement une politique défaillante à leur goût, en mettant rapidement tout le monde « au chômage », bien que cela reste très relatif.
L’avènement d’une élection à la proportionnelle est en ce sens certainement salutaire, et devrait probablement éviter d’avoir cette simple logique binaire, qui finira tôt ou tard par affaiblir la force démocratique du vote.

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