La liberté d’expression n’est pas risquée

Lors de récentes discussions sur Google+, d’aucuns s’émeuvent des risques liés à une présence en clair sur internet. C’est à dire lorsque l’on s’exprime ou agit en nom propre et non sous un pseudo bien rassurant. D’autres estiment que de toutes manières que l’anonymat est la seule méthode afin de se protéger des publicités ciblées qui viendraient nous assaillir. Enfin, s’exprimer librement sur les réseaux sociaux présente un risque bien identifié, si l’on se reporte aux déboires que nous connaissont tous des utilisateurs de Facebook qui auraient perdu leur job du fait d’une liberté numérique mal maîtrisée.

Concernant le problème du ciblage et du matraquage des réclames, je comprends. Pour ma part je n’ai jamais rien caché à personne et ne suis pas confronté au problème. Je n’ai aucune pub de quiconque qui viennent me gâcher mes journées.
Aussi je ne crois pas que ce soit un problème pour d’autres internautes, car je ne déploie aucune stratégie particulière de protection contre ça, à part l’indispensable Adblock Plus (ici pour le navigateur Chrome, mais vous l’avez bien entendu pour Firefox ou Opéra). Et encore je reconnais volontiers que ce procédé est à utiliser avec mesure, puisque pour certains sites web que j’apprécie, c’est la principale source de revenus.

Maintenant les risques propres à internet, je n’y crois pas non plus une seule seconde. A partir du moment ou vous êtes dans le respect des lois, il n’y a pas de limite à la liberté d’expression, en France au moins. Prétendre le contraire c’est sourdement menacer l’esprit républicain. En effet, la liberté de pensée cela s’entretient. Cela se cultive, cela se répand. La peur également.
L’enjeu est donc de savoir ce qui vous correspond le mieux. Véhiculer la peur et la défiance, ou au contraire un esprit apaisé car éclairé ?
Je me souviens un jour de l’appel téléphonique d’une amie qui me disait de me méfier de mes opinions politiques sur mes sites web, et particulièrement sur celui-ci. A l’écouter je ne devrais pas faire ça, car c’est dangereux. Tu comprends, le président espionne tout le monde, et gare à ceux qui ne sont pas d’accord avec lui, tu prends des risques. Mais de quels risques parlons-nous ? Le président est chef d’un pays républicain, nous sommes en France patrie des droits de l’homme, de la liberté d’expression, et puisque je suis dans le cadre légal, de quoi devrais-je avoir peur ? Que signifie donc pareils arguments ? Ce jour là, je dois bien reconnaître que je fus bouleversé de constater qu’autour de moi, des gens aient peur au point de renier ce qui fait notre civilisation.
Les anecdotes, parfaitement singulières de déboires de quelques personnes avec Facebook, quelques unes sur 850 millions d’utilisateurs, ne peuvent d’une part faire une règle, et d’autre part fut certainement une expression démesurée d’un tempérament. Il va de soi lorsque l’on cherche un travail, qu’il faut montrer son meilleur profil, et non celui d’un hippie cocaïnomane en phase avancée de fix.

Les seuls risques que j’identifie sur internet sont ceux qui menacent les enfants. Afin d’éviter cela, une pédagogie essentielle et précoce doit être déployée pour la maîtrise de son identité numérique. Les parents doivent verrouiller et maîtriser les flux réticulaires du foyer. Des outils existent, et les enfants ne sont pas tenus d’être non plus ultra-connectés, d’autant que la maîtrise livresque est un préalable indispensable avant une éventuelle maîtrise numérique. L’esprit d’analyse et donc critique s’apprend sur les bancs des écoles et des universités. Pas devant son écran.

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