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Sauvegarder nos démocraties

La crise mondiale et surtout européenne de la dette a fait vraisemblablement hier, dimanche 12 février 2012, une nouvelle victime : la Grèce, berceau de la démocratie européenne. Leur parlement a voté ce jour là, avec une large majorité, un nouveau plan d’austérité qui oblige le citoyen à payer pour les banques.

Cette crise, nous avons eu l’occasion sur ce blog d’en parler sous un angle différent du langage officiel, qui nous semble assez juste, en tous cas clairvoyant.
Les difficultés extraordinaires que subissent les Grecs, incite un de leur représentant, l’artiste et homme politique Mikis Theodoraki à s’exprimer sur son site web, dont je vous livre ici un extrait qui m’apparaît, encore une fois, limpide.
Faites-en bon usage.

En seconde partie, une micro-analyse sur le problème Grec.

émeutes grecques

Meanwhile in Greece

« Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. (…) Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle. Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches. Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elles-mêmes générées sous forme de dettes.
Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire fut le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. (…)

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. (…)
Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en Tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme. »

Mikis Theodorakis

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Le texte complet en anglais, for more in english

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Un résumé des évènements du 12-13 févriers 2012

Cette crise Grecque reste assez spécifique. Il est certainement délicat de l’attribuer exclusivement aux banques qui joueraient sur la spéculation de la dette. En revanche les gouvernements successifs sont responsables de n’avoir pas su gérer dans un premier temps l’entrée dans l’Europe, puis le passage à l’euro et enfin les jeux olympiques qui furent un des plus gros budget d’état de toute l’histoire de la Grèce moderne.
Ceux qui voyageaient régulièrement dans ce beau pays, connaissent le syndrome du passage de drachme à l’euro, pendant lequel, par exemple, une chambre d’hôtel passait de 50 drachmes à 50 euros en toute simplicité et sans aucune nouvelle valeur ajoutée.
Tout dans le pays fonctionnait sous cette logique. Le commerçant comme l’artisan qui se reposaient essentiellement sur le tourisme n’avaient alors pour seul objectif que de gagner le plus rapidement possible de quoi financer une retraite paisible sur la terre de leur famille. Un tourisme qui fut relativement bon marché avant l’euro devint alors dans la bonne moyenne européenne. C’est le secteur tertiaire largement entretenu par le tourisme qui fonde en effet l’économie Grecque,  à la hauteur de 71 % du PNB et de 68 % de la main-d’œuvre (source).
Il semble assez clair que les Grecs aient vécus au dessus de leurs moyens, principalement bien entendu la classe dirigeante, mais aussi tous ceux qui profitaient de la manne touristique.
On peut falsifier les comptes, on peut tromper l’économie pendant un certain temps, mais cette lune de miel ne dure qu’un temps, et il est probable qu’aujourd’hui tout le peuple grec paye cette dette, qui n’est pas celle de l’euro, mais bien celle de leurs représentants.

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