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Mon identité numérique

La génération internet, ceux qui s’équipaient dans les années 80 des premiers micro-ordinateurs et qui furent les premiers à connecter leurs machines au début des années 90 (alors que Google n’existait pas encore), ne connaissent pas les problèmes de gestion de leur identité numérique comme peuvent être confrontés nos adolescents d’aujourd’hui. Il y a eu certes quelques loupés, mais globalement, pour nous (excusez-moi) la notion du moi numérique ne pose a priori pas de problème, dans les conditions classiques d’utilisation d’internet.

Ainsi, aujourd’hui certains éprouvent quelque difficultés à gérer cela, et une réponse qui est parfois apportée, en tous cas que je peux observer autour de moi, est de refuser purement et simplement toute publication online de photos de soi, d’avoir un compte Facebook, et même de s’exprimer en son nom propre où que ce soit sur la toile. Que l’on réserve ses opinions pour chez soi est compréhensible. Que l’on décide au contraire de les diffuser aux yeux curieux du monde est à mon sens une part active des progrès de notre société. Toute pierre à l’édifice est en ce sens essentielle.

Pour l’image, c’est un peu plus complexe. Après tout on peut ne pas apprécier sa propre image. Il est souvent plus sage de retirer ces trente-six miroirs chez soi, car le matin, se confronter à son reflet peut insupporter. La philosophie zen ne nierait sans doute pas cette évidence. Toutefois, la limite de cette logique, est que certaines images n’appartiennent à personne. Par exemple, un sourire d’enfant est universel. Vous pouvez vous enorgueillir du sourire de votre enfant, à juste raison, pour autant, toute personne saine d’esprit éprouvera les mêmes sentiments que vous à la vue de ce visage juvénile éclatant.
A contrario, on imagine assez mal des parents prendre en photo des moments de tristesse ou de souffrance de leurs enfants. Si c’était le cas nous serions tous scandalisés, et il serait probable qu’il faille s’inquiéter pour ces familles.
Ainsi, pour ce sourire dont vous vous appropriez l’exclusivité, vous omettez sa dimension universelle qui induit chez tous, les mêmes sentiments. Le fait que ce soit une photo participe à cette logique. En effet, l’image est figée dans le temps. C’est cette intemporalité qui retire à quiconque la possession propre de ce que représente l’image. Le reste, la vie, n’appartient en effet qu’au seul enfant, et ses proches naturels qui l’accompagnent à chaque instant.
La photo de votre enfant souriant, ne peut alors, une fois diffusée sur le net, être associée à un quelconque danger, à une quelconque notion de voyeurisme ou d’exhibition. Votre enfant souriant est en ce sens, un patrimoine commun.

Image relative

D’autres représentations de notre image échappent à la singularité, et à une stricte possession. Le corps d’une femme enceinte, un vieillard, les larmes coulant d’un regard bleu profond etc. Cela pour les mêmes raisons exposées précédemment. Bien entendu, c’est vous, toujours, qui décidez si vous voulez ou non que votre image soit diffusée sur le réseau des réseaux. Néanmoins, on peut raisonnablement exclure toute notion de danger dans ces représentations classiques, et donc universelles. Vient ensuite d’autres problèmes connexes, comme un manque de confiance, de la paranoïa ou une simple peur, mais nous ne sommes plus dans la logique mais bien dans une équation comportementale qui nécessiterait certainement un travail.

Quoiqu’il en soit, le partage, est un facteur déterminant je pense, dans les progrès de notre société. Car, ce que l’on représente, dans sa dimension exceptionnelle puisque nous sommes certes nombreux, mais tous uniques, est une richesse pour tous, et donc une source d’inspiration. En tous cas j’aime le comprendre ainsi, et vous ?

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