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Les insectes mettent en échec les OGM

Un insecte, la chrysomèle, est la bête noire des agriculteurs de maïs aux États-Unis. Plus précisément la larve de ce coléoptère 1 qui prolifère dans les racines de maïs source exclusive de leur nourriture, causant alors des pertes considérables pour les récoltes. Ce petit coléoptère n’apparaît en France qu’en 2002 et déjà à l’époque l’Institut National de Recherches Agronomiques s’était penché sur des solutions de lutte. Une des principales solutions, assez soft finalement, fut de préconiser la rotation des cultures afin de tarir la principale source alimentaire. Monsanto, société bien connue pour ses recherches génétiques avait trouvé alors le filon : proposer des graines de maïs modifiées génétiquement afin de faire fuir ces larves. La stratégie OGM était née.

Ce maïs génétiquement modifié (OGM) pouvait en effet générer de lui même une toxine 2 fatale à la larve. Cette stratégie a certainement été un grand succès, d’une part parce que Monsanto s’est considérablement enrichi avec sa découverte (et brevet) en couvrant 45% des cultures de maïs en 2009 aux USA, et d’autre part, le rendement de culture a été considérablement amélioré. Tout le monde trouvait son intérêt, hormis le consommateur, et le législateur avait quelque peu réglementé l’implantation d’OGM en imposant un quota maximum.
En effet, la loi impose de planter au moins 20% de maïs non OGM dans un même secteur. Néanmoins cette mesure qui pouvait certes rassurer le consommateur méfiant, avait surtout pour objectif de réserver une zone tampon dans laquelle l’insecte pouvait survivre et proliférer. Ainsi ces sales bestioles ne risquaient pas de muter faute de milieu de vie. Monsanto qui avait poussé le luxe de vendre des lots mixtes de graines de maïs pouvait dormir tranquille, les cultivateurs également.

greenpeace non OGM

C’était sans compter sur l’incroyable faculté d’adaptation des insectes. Les insectes rappelons-le est le phylum le mieux adapté à la vie en milieu aérien. Doté d’un exosquelette, sa taille demeure limitée mais l’autorise à conquérir tous les espaces 3. Ces facultés adaptatives sont le cauchemar des cultivateurs qui tentent par tous les moyens d’en minimiser les conséquences sur leurs cultures. Diabrotica (notre petite bestiole avide de maïs) n’échappe pas à cette constante, et se développe aujourd’hui sur les champs de soja. Elles restent alors sur place, prolifèrent et se retrouvent donc sous les jets de tonnes de pesticides. Chose que voulait éviter tout le monde, pour des raisons économiques comme stratégiques. En effet, le coléoptère s’est désormais adapté, et offre des souches résistantes aux pesticides. Ces souches nouvelles, des mutations, qui sont donc transmises de générations en générations, risquent à terme de rendre les maïs OGM totalement inefficaces. La nature va ainsi plus vite que la science.

Bien entendu Monsanto maintient que ses graines restent totalement efficaces et parle de 99% de rendement de récolte. Néanmoins le risque est réel, et inquiète les scientifiques américains qui tirent la sonnette d’alarme en brandissant le spectre d’une invasion prochaine en Europe. Même si le gouvernement Français n’avait pas attendu Monsanto pour se prémunir des risques, il est certain que l’énorme succès commercial des OGM a ralenti considérablement la recherche dans le domaine de la lutte contre la chrysomèle du maïs. Nous avons donc pris du retard. La logique marchande a sans doute ici ses limites.
Cette histoire montre surtout que rien ne peut être une solution unique et universelle. Les OGM, considérés par certains comme une invention calamiteuse, par d’autres comme la solution ultime au problème de lutte contre la faim sur Terre, pourraient bien à cause de ce petit insecte, connaître un revers de taille qui serait fatal à son expansion, qui semblait hier encore, sans limite.

ogm

Source d’inspiration
(note : J’adopte à partir de ce billet un formatage de texte non justifié, afin d’assurer une lisibilité de texte pour tous, et d’offrir une compatibilité maximale sur tout support.)

  1. Diabrotica virgifera virgifera, plus connue sous le nom de Chrysomèle des racines du maïs
  2. Bacillus thuringiensis
  3. On ne peut pas résumer une faculté adaptative aussi facilement, disons que c’est un premier jet

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