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Émeutes, révolutions et réseaux sociaux

Depuis la révolution Tunisienne jusqu’aux émeutes de Londres, les médias créditent la plupart du temps l’origine de l’organisation à l’usage des réseaux sociaux sur internet en général et Smartphones en particulier. L’homme d’aujourd’hui pourrait ainsi agir grâce à la communication aisée rendue possible par ces applications et ces technologies.

Pourtant rien ou presque ne permet de démontrer ces affirmations. Certes dans tout problème humain, il faut un responsable. A défaut de pouvoir donner un sens à une action subversive, salutaire ou non ce n’est pas mon propos ici, les analystes nous imposent un coupable tout désigné : internet. Ainsi lors du carnage de Norvège l’été 2011, faute de comprendre un acte aussi absurde, les médias avaient pointés du doigt un réseau internet qui aurait influencé le criminel.

Néanmoins, nous devons bien admettre que ces médias font correctement les choses, puisque chaque système a son heure de gloire. Facebook pour les révolutions arabes, Twitter pour l’ébauche d’une rébellion iranienne, BlackBerry Messenger pour les émeutes de Londres. On est presque surpris qu’ICQ ou IRC n’aient pas eu droit aux mêmes vertus à l’époque. Mais en ce temps-là, internet n’apparaissait pas encore comme un concurrent direct des médias écrits ou télévisuels.

Cette concurrence pourrait bien être le fond du problème. Si rien ne permet d’affirmer que les réseaux sociaux sont effectivement à l’origine de ces évènements, ce qui est certain en revanche, c’est qu’une journée persiste à ne durer que 24 heures, le temps disponible que nous avons pour regarder un écran ou un papier reste le même. Et quitte à choisir, autant regarder son téléphone ou son ordi. C’est beaucoup plus sympa que notre tube cathodique (qui l’est de moins en moins) ancestral, ennuyeux et si peu interactif, et plus facile tout simplement que de lire un journal. Internet, pour les médias dits traditionnels, est donc évidemment un risque financier. En effet, moins de lecteurs ou de téléspectateurs implique  moins de recettes, les caisses de désemplissent.

Finalement, a trop vouloir donner de l’importance aux réseaux sociaux, les journalistes qui en parlent se décrédibilisent chaque jour davantage. Les Smartphones sont désormais partie intégrante de notre environnement quotidien. Les réseaux sociaux le sont également. C’est donc une composante sociale à part entière, et prétendre qu’ils sont responsables de ces désorganisations, revient à affirmer que le sémaphore ou le télégraphe furent à l’origine des secousses sociales des siècles précédents.
Internet support des réseaux sociaux n’est la cause de rien du tout. Internet n’est qu’un tuyau par lequel transitent les idées des hommes. Les choses vont sans doute plus vite aujourd’hui. Charge aux régulateurs politiques d’en avoir pleinement conscience. Toutefois, si les idées transitent rapidement, le processus de sensibilisation chez chacun de nous reste toujours le même. Si le monde est inique, les risques de rébellions sont accrus, avec ou sans moyens de communication.

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