Arguments de réfutation à l’usage du citoyen éclairé

1ere partie

Les candidatures abondent. Le camp présidentiel se prépare. L’opposition tente de dégager des leaders. Et vous, électeur qui espère faire un choix judicieux, êtes désormais destinataire accablé d’une pléiade de phrases chocs, pré-formatées, teintées de mauvaise foi, d’un autre électeur qui vaut pourtant bien votre voix, mais qui vous semble quant à lui trébucher dans la pénombre des fausses bonnes idées qui vous hérissent le poil, et qui transforment une élection en déroute quinquennale. C’est du vécu. Il va donc falloir affuter quelque peu vos réponses, préparer une feuille stratégique d’arguments de réfutation prêtes à l’usage, afin sans doute, de vous alléger l’esprit à un an de la présidentielle.

En principe, la somme des arguments devrait être considérable, au moins autant que les thématiques politiques du moment. Vous allez voir qu’il n’en est rien, puisque dans la grande majorité des cas, vous entendrez à peu près toujours les mêmes refrains, des légendes urbaines qui persistent malgré le travail considérablement inexistant des journalistes qui pensent que cela ne doit pas être vendeur. Soyons honnêtes, ils l’ont déjà sans doute fait, mais dans le magma médiatique d’aujourd’hui, une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Nous allons donc faire simple, et je vous propose de le faire sous forme de questions-réponses.

* La France est un pays d’assistés !
En fait pas du tout. La France est bien dans la moyenne européenne, et environ 2% de la population perçoit des aides, qui sont soumis à plafond. Nos voisins font plus : 6% en Finlande et au Royaume-Uni, 5% en Allemagne par exemple.
Vivre aujourd’hui avec 700€, même si on ne travaille pas, suffit à peine pour vivre. Du reste le voudriez-vous ? Pour autant ces citoyens consomment, et entretiennent le système économique, fondé je vous le rappelle, quasi exclusivement sur la croissance dont la consommation.
Même si un gouvernement décidait de supprimer toute forme d’aides, rien n’arriverait dans votre poche. Au contraire, vos impôts augmenteraient puisqu’il faudrait par exemple accroitre considérablement les ressources en protections afin de faire face à 2% de la population qui n’auront pas d’autre solution pour vivre que d’être des bandits de grand chemin.
Enfin la France distribue moins d’aides que l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Irlande ou les Pays-Bas.

* Mettre les étrangers dehors est la solution !
Pas franchement. Au contraire même. Ces étrangers, qui ne le sont pas pour la plupart, mais bien français, travaillent. Ils travaillent souvent dans des conditions peu enviables, pour des tâches annexes mais importantes, qu’a priori vous comme moi n’aimerions pas faire.
C’est ensuite aller à contre-courant d’une tendance mondiale maintenant irréversible, la mixité culturelle, le mélange des ethnies, des couleurs ou des origines. Le salut est dans l’acceptation puis l’intégration, l’affrontement conduirait inévitablement à une catastrophe dans laquelle nous serions sans doute les premières victimes.
Quant au contrôle aux frontières c’est une chimère, il est aujourd’hui probablement impossible de fermer une seule frontière en Europe. Cela nous coûterait une fortune, ce qui se répercutera immédiatement sur vos impôts. La France n’en a tout simplement pas les moyens et n’en aurait pas le droit juridiquement.
Se séparer de toute cette fraction de population, si l’on imagine un scénario apocalyptique, réduirait sensiblement la richesse du pays en nivelant les ressources des classes moyennes qui s’appauvriraient encore davantage. C’est le principe des vases communicants. La fracture sociale serait totale, l’insécurité chronique.

* Mais les prisons sont remplies de ces étrangers !
Sans doute, mais c’est à replacer dans le contexte socio-économique. Globalement, les populations qui furent jadis, il y bien longtemps maintenant, issues de l’immigration, sont défavorisées. Le tissu social est fragmenté, les conditions de vies minimales, les jobs offerts peu glorieux. Les revenus sont donc modestes, les occupations au quotidien pour ceux qui ne travaillent pas inexistantes. L’image du camion transportant du TNT à travers le désert semble appropriée.
Quoiqu’il en soit, vous mettez une génération en prison, une autre arrive et la remplace, avec davantage d’aigreurs voire de haine, vous n’avez réglé aucun problème à moyen ou long terme. Pire encore, en imaginant retirer toute la population carcérale, dans un pays mono-ethnique, vous auriez en très peu de temps à nouveau toutes les cellules occupées. Ce n’est donc pas une solution politique viable. Ce qui importe c’est de résoudre les problèmes, pas d’en créer au centuple.

* Et que dire de ces jeunes qui roulent en grosses cylindrées avec des montres grand luxe au poignet ?
Cette frange de la population, qui est très minoritaire, s’enrichit certainement grâce au recel, souvent celui de la drogue. Ces personnes sont intégralement financées par les acheteurs qui sont souvent en cols blancs, tout à fait respectables semble t-il. Ce sont ceux-là qu’il faudrait sans doute mettre en prison. Ce sont pourtant ceux là qui rêvent  d’un état ultra sécuritaire.

C‘est tout pour aujourd’hui, ces quatre tirades que vous ne manquerez pas d’entendre dès demain matin autour de vous, sinon estimez-vous être particulièrement chanceux, trouvent avec ce modeste papier quelques éléments de réponses. Ce ne sont que des pistes, je suis preneur de tout autre argument. La suite très prochainement.

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