2012 sans DSK : perspectives

Si rien n’est encore fait pour la justice américaine concernant le président du FMI, nous pouvons déjà prévoir un changement de stratégie pour la majorité présidentielle en vue de l’élection majeure de 2012 en France. Si le président actuel et DSK se connaissaient bien et s’appréciaient, c’est qu’ils se ressemblaient. La couleur politique est différente, mais le profil est identique. Et quelque soit l’issue de cette triste affaire, rien ne va plus se dérouler comme prévu.

Ainsi, pour les sarkozystes, DSK était considéré comme un adversaire moins dangereux que François Hollande. Et cela avant l’affaire de la Porshe, et avant cet incroyable dénouement new-yorkais, dénouement qui semble tellement incroyable vu de loin, que l’on ne peut s’empêcher de penser à une peau de banane. Toutefois, ne comptez pas sur moi pour parler de complot. DSK ce n’est pas WTC (World Trade Center), JFK, Carlyle, Roswell, Apollo, Bilderberg ou je ne sais quel fantasme, non, DSK est un homme certes à la tête du FMI, et paraît-il candidat à l’élection présidentielle de 2012, bien qu’il ne l’ait jamais annoncé.
C’est pourquoi, si peau de banane il y a, ce n’est pas la bande du président Sarkozy qui aurait pu faire cela. D’une part ainsi que je vous le disais, DSK c’est du connu, et mieux vaut avoir comme adversaire quelqu’un que l’on connait, et d’autre part cet incident arriverait trop tôt dans la campagne. La même histoire quelques mois avant l’échéance électorale, et le sort était scellé, surtout s’il fût comme certains l’espéraient et l’annonçaient, candidat unique du PS.
Et finalement n’était-ce pas un peu gros comme ficelle ? Et on ne peut pas exclure un agissement précipité, bien qu’efficace de la police new-yorkaise. Maintenant, là où DSK pouvait gêner c’est davantage au FMI ou au niveau international. Pourtant, ce n’est pas parce que l’affaire nous dépasse qu’il faut y voir immédiatement un quelconque complot. Parfois les choses les plus simples prévalent.

Pour le parti Socialiste, c’est enfin l’occasion de revenir à quelques réflexions politiques. Si les journalistes et les sondages, et on ne sait pas bien qui, avaient décidé que DSK fut le candidat idéal de la gauche et favori pour les présidentielles, les futurs électeurs anesthésiés par ces certitudes risquaient de perdre toute idée de combat politique face à un autre excellent candidat moins bien servi par les sondages, le président sortant.
Sans cette icône patriarcale que représentait DSK, les sympathisants socialistes vont enfin pouvoir s’exprimer librement. Avec un François Hollande à leur tête, homme intelligent, riche de bons nombres d’idées politiques et à la personnalité complexe qui échapperait à la compréhension d’un M.Sarkozy. Si l’ex-premier secrétaire du PS n’a pas pu donner le meilleur de lui-même politiquement, c’est que la place était inconfortable et nécessitait beaucoup de compromissions, à une époque où les éléphants socialistes se tiraient entre eux à boulets rouges. La défaite socialiste de 2007 avait bien des origines variées, et Mme Royal avait fait ce qu’elle pouvait.

DSK arrêté

Le PS serait bien avisé de s’exprimer dès maintenant avec prudence dans cette affaire, car à trop vouloir défendre l’homme en oubliant la femme victime c’est prendre un gros risque sur les futures voix féminines. Ou comment constater que la misogynie est encore la règle en politique. Car si les dégâts sont essentiellement dans un premier temps pour le FMI dans son organisation, ils le sont tout autant pour la classe politique française, déjà bien discréditée pour bon nombre de français, et aujourd’hui torpillée par un homme politique de premier plan. Le capital confiance que pourrait accorder un électeur français fond comme neige au soleil.
Mais les dégâts des uns font les affaires des autres, et le boulevard est désormais ouvert pour un François Hollande pluri-efficace, que ce soit du côté de la France d’en bas, que du côté des élites.

Décidément cette affaire invraisemblable aura des retombées inattendues, et contrairement à ce que d’aucuns prétendent, bénéfiques pour la gauche en vue des élections de 2012. La tâche du président sortant se complique, la politique française va pouvoir se recentrer dans l’hexagone, plutôt que de ne parler que de chimères mondialistes qui ne servent que les intérêts des financiers au détriment de ceux des français.
Contrairement aux apparences cela va profiter au combat politique tricolore, et offrir aux électeurs une campagne de premier intérêt.

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