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Introspections positives

À partir de quel moment dois-je me poser des questions sur moi-même et sur mon mode de vie ? L’idée est de partir d’un constat bien simple, celui de l’éclosion des fleurs et de l’épanouissement des arbres. L’arrivée du printemps est un excellent prétexte pour s’arrêter un peu sur soi-même, à l’instar de la nature qui semblait pourtant si terne et souffrante durant l’hiver (bien que ce ne soit qu’une apparence), et qui nous offre désormais un spectacle éclatant de vie.

Le tout sans doute est de connaître l’essentiel et de se détacher de l’accessoire. Lorsque je me dis, par exemple, que je revis parce que j’ai pu dans la journée parcourir bon nombre de magasins pour dépenser de l’argent et acheter un tas de choses qui n’ont d’importance qu’au moment où vous voyez le prix et que vous vous demandez si c’est bien raisonnable, à ce moment-là peut-être devrais-je m’arrêter, et me poser une ou deux questions.
Mais pourquoi suis-je assujetti voire esclave de ma propre consommation ? Pourquoi le fait de me réfugier dans quelque chose certes de plaisant (ce n’est pas le problème ici), mais surtout de futile cela puisse à ce point déterminer si je navigue dans le bonheur. Est-il raisonnable de penser que l’opulence est une composante de ma joie de vivre ?
Le problème de ma réflexion en ce cas, est double. D’une part je risque à tout moment de sombrer dans la déprime, si pour une raison ou une autre, je ne puisse plus accéder à toutes ces futilités, et d’autre part, comment quelque chose d’accessoire peut-il avoir plus d’importance que l’essentiel ? En ce sens, un beau jour de printemps, comment puis-je être davantage attiré par les couleurs des vitrines que par la nature renaissante ? Pourquoi les lumières des magasins brillent-elles plus que celle des étoiles, que je ne prends pourtant même plus le temps d’admirer longuement la nuit, soit parce que je suis devant mon écran de télé, soit parce que je suis trop fatigué par mes journées épuisantes?

Si l’on prend le temps de s’accorder à soi-même quelques instants, et si on est honnête, on ne peut que goûter l’inconfort du moment. La vie dans laquelle je me sens pourtant si bien, m’échappe. Ce sont les autres finalement qui décident pour moi ce qui est bien ou non. Pourtant, puisque je prends le temps de m’interroger, je peux aussi me rassurer en me disant que ces passages sont rares, et que la plupart du temps, je vie selon des critères plus clairs, car plus simples. La vie est belle lorsque je suis proche de ceux que j’aime, lorsque j’ai un toit au-dessus de ma tête, et lorsque je peux manger à ma faim.
Le reste vient en plus. Certes sont également importants, mes revenus, les loisirs, les passions, le travail, les relations etc. Mais reconnaissez que vous pouvez tout à fait avoir tout cela, et n’être pourtant pas heureux.

Je n’aurais pas ici l’outrecuidance de donner une recette de cuisine pour le bonheur. Le plus contrariant dans cette affaire c’est que cela n’existe pas. Quant à savoir si je suis moi-même heureux, il est un peu tôt pour le dire. En effet, je ne pourrai probablement émettre un avis sensé, que sur mon lit de mort. À ce moment seulement, je pourrai me dire, finalement, je pars, mais tout est bien, car ma vie était heureuse. C’est très injuste convenez-en. Pourquoi faut-il attendre le moment où je ne pourrai plus rien changer, pour savoir si oui ou non j’étais sur le bon chemin, ou si je me suis fourvoyé longuement ?

En abandonnant ces introspections qui pourraient vite devenir une tarte à la crème philosophique, je gage ici d’éviter cet écueil, ce qui me semble intéressant d’acquérir lorsque vous êtes au centre de votre vie, c’est-à-dire parent, avec une situation professionnelle plutôt stable, et tout ce qu’il faut pour vivre simplement, c’est d’avoir le courage de se mettre dans le doute. Et le fait d’avoir une Rolex n’y changera rien.
Douter en permanence n’est pas un objectif non plus. Cela aurait simplement pour vertu de ne pas camper sur des certitudes dont on ignore longtemps si elles fussent justes, souvenez-vous du lit de mort. Si je doute, je ne prends pas pour vérité tout ce que mon environnement tend à m’imposer. C’est parier sur mes facultés d’adaptation, et surtout sur mon indépendance intellectuelle. Celui qui vous parle du haut de son estrade ne détient pas non plus de vérité. Simplement il a un ascendant artificiel, son estrade ou sa fonction sociale – laquelle ne vaut plus rien après un tsunami, pour développer son point de vue. Et votre indépendance permet de vous imposer en tant que personnalité bien entendu, dans votre famille ou votre environnement professionnel, mais également comme électeur.
Votre vote en effet sera l’exact reflet de vos attentes et celles de vos proches, plutôt qu’être orienté par un tropisme d’une couleur politique aujourd’hui tronquée et qui de toutes manières ne vous correspond pas véritablement. Vous devenez alors une composante déterminante du progrès social, en vue d’offrir à votre descendance quelque chose de mieux que ce que vous aviez hérité.

Finalement, se dégager de ce qui vous est imposé, par habitude sans doute, est une manière de prendre de l’assurance, de donner un rythme à votre quotidien que vous aurez choisi vous-même. Vous évitez alors d’être la victime ou l’esclave de quoi que ce soit ou de qui que ce soit. Tout ceci est évident, mais devient inaccessible si vous placez le matériel, et donc l’argent, au-dessus de tout. Et dans notre système qui prévaut maintenant, se dégager des contingences matérielles, n’intéresse pas. Vous n’entretenez pas le système, vous l’évitez. Vous devenez ainsi peut-être un homme – ou une femme – libre. Cela implique alors une modification des critères d’appréciations de réussite. Ce que nos enfants n’apprennent surtout pas à l’école, bien au contraire.

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