Clicky

Naviguer / Recherche

L’insoutenable légèreté de l’électeur

Une vague dont l’origine remonte à quelques mois maintenant, devient une déferlante en France : celle de l’exaspération d’un système politique menée par M. Sarkozy. Nous pouvons lire partout, hormis dans le Figaro, mais ce journal perd toute crédibilité dans la clairvoyance sociale, le burn-out des classes sociales modestes ou moyennes, que ce soit dans l’exécution de leur travail quotidien ou dans la perception immédiate qu’ils ont de leur pays.

Leur ressenti, s’il est bien évidemment légitime, n’en est pas moins à tempérer. En effet, en France, l’élection présidentielle se déroule au suffrage universel direct à la majorité absolue. Ainsi, plus de la moitié des français ont voté pour le président actuel. Nous devons être persuadé qu’un vote est un acte responsable. Lorsque je vote pour un candidat, je rends légitime de fait, son programme, et son action future.
C’est pourquoi, ceux qui ont voté pour le président actuel, sont co-responsables de son action présente. Ce n’est sans doute pas quelque chose d’agréable à entendre pour ceux qui ne souhaiteraient pas assumer ce choix – ce qui n’est pas le cas de tous les électeurs bien évidemment, puisqu’on estime qu’un noyau de 20% des français soutient totalement l’action présidentielle. Le vote de 2007 est un acte qu’il faut assumer jusqu’en 2012, et accepter d’être considéré par ceux qui étaient farouchement opposés à ce programme, d’être désormais taxés d’irresponsables.
Ceci n’a pas d’intérêt si cela ne conduit qu’à des divisions, la société française n’a pas besoin de cela. En revanche c’est beaucoup plus intéressant, si cela pouvait contribuer à donner à nouveau un sens au vote, pourtant malmené régulièrement lors des échéances électorales locales. En effet, l’abstention vaut tous les commentaires, nourrit nombres d’analyses, alors qu’en soit une abstention ne signifie rien d’autre que d’être le linceul d’une démocratie. Ce qui importe en démocratie, c’est le suffrage exprimé. Lorsque l’électeur s’est exprimé lors des dernières élections présidentielles, il ne l’a pas fait sur un coup de tête, ou par simple habitude ni même par hasard. Bien évidemment. Son indignation actuelle apparaît dès lors, presque illégitime.

Cette impression d’un vote volage, est confortée par l’honnêteté du président, qui applique ce qu’il avait dit qu’il ferait. Le personnage n’a pas évolué radicalement depuis. Il ne surprend pas ses détracteurs, en revanche il semble surprendre ses partisans. Et pour les opposants cela a quelque chose d’exaspérant. C’est d’autant plus agaçant que cette approximation dans le choix politique de l’électeur, autorise encore maintenant tous les espoirs pour les prochaines élections présidentielles, à un futur candidat pourtant crédité d’à peine 35% de taux de confiance.

Dans cet aspect de responsabilité des actes passés aux conséquences actuelles, les électeurs de droite (ou s’y approchant) ne sont pas les seuls co-responsables. Ceux qui se sont divisés à gauche, en morcelant leur vote, en ne soutenant pas un candidat unique, ont également leur part de responsabilité. Ainsi lors d’un vote, ne sont pas uniquement responsables, ceux qui votent pour le courant dont on reprocherait maintenant l’action, ou ceux, nous l’avons dit, qui ne votent pas, mais également ceux qui en face, par désorganisation ou manque de clairvoyance, n’arrivent pas un nécessaire consensus d’équilibre. On aurait beau jeu de ne rien faire pour éviter une catastrophe potentielle, et ensuite de se lamenter ensemble de son déroulement.

Finalement, le vote a ceci de paradoxal qu’il faut quelques minutes pour l’acter, mettre son bulletin dans l’urne, et cinq années pour le regretter. Néanmoins un vote devrait être le fruit de convictions, ce à quoi nous n’aurions rien à reprocher, plus qu’un acte réflexe par atavisme ou habitude. Ce devrait être surtout l’aboutissement d’une analyse quotidienne des candidats, d’un avis qui nous est propre, et pour lequel nous pourrions tous développer un argumentaire de défense si besoin. En tous cas il y a quelque chose de malhonnête dans l’exaspération de ceux qui ne votent pas, ou qui refusent de reconnaître leur vote passé qui conserve tout son sens dans ce qu’il se passe actuellement en France.
Un vote, votre vote, est toujours essentiel.

Laissez un commentaire

nom*

Adresse mail* (non publiée)

Site Web

Notifiez-moi des commentaires à venir via email. Vous pouvez aussi vous abonner sans commenter.