Y a t-il vraiment danger avec la grippe A?

La fin des vacances estivales approche, et il va falloir intéresser les foules qui seront accaparées par la rentrée scolaire, le cartable à remplir des enfants, les frigos à remplir pour la famille, et être efficace dans son travail si l’on ne souhaite pas finir l’année au chômage.
Comment monopoliser les foules affairées lorsqu’on est chargé de recueillir des suffrages ou des lecteurs ? En d’autre termes, y a t-il une stratégie des pouvoirs publics ou des journalistes (en général) avec le virus H1N1 pour attirer les foules et les garder sous son contrôle ?

En matière de risque sanitaire, il est assez délicat d’avoir des certitudes. Peut-on parler d’une épidémie potentielle, ou d’une maladie mal connue qui nécessite de la prudence ?
Le fait est que raisonnablement on ne peut pas attendre de la part des responsables sanitaires, l’OMS ou les gouvernements, qu’ils ne fassent rien. Leur rôle est donc de prévenir tout risque pour la population. En ce qui concerne les maladies facilement transmissibles, le risque est exponentiel. Quelque chose d’exponentiel est difficilement compréhensible pour nous qui ne faisons pas des maths tous les jours. Pour vous donner une idée de ce que cela représente, vous pouvez utiliser l’exemple classique de la feuille de papier que l’on plie 50 fois. C’est pratiquement impossible bien entendu. Mais théoriquement, si vous le faites, vous obtiendrez une épaisseur de papier qui irait de la Terre au Soleil. Cela semble invraisemblable comme ça avec les mains, mais le calcul le confirme (0.1mm x 2 50).

La psychose est-elle une stratégie ?

La grippe A répond donc à deux caractéristiques évidentes : le risque de transmission est un facteur exponentiel, et on ne connaît pas très bien cette maladie. Ces deux seuls facteurs suffisent à imposer la prudence. Comment peut-on être prudent dans ce cas là ?
La réponse est de prévenir tout le monde du risque. Le risque n’est pas d’attraper une mauvaise grippe, mais plutôt que beaucoup de personnes l’attrapent quasiment en même temps ce qui aurait de fâcheuses conséquences sanitaires et économiques (les militaires doivent se vacciner par exemple contre la grippe saisonnière). On entend souvent dire que la grippe classique fait bien plus de morts tous les ans que cette grippe A. C’est vrai. Mais la grippe classique est bien connue, tout le monde ne l’attrape pas en même temps, alors que concernant la grippe A personne ne le sait pour le moment. Les remèdes pour la grippe classique sont connus, on a un retour d’expérience, pour la grippe H1N1 nous n’avons pour le moment pas grand chose.
Je connais des gens qui ont contracté la grippe A. Toute leur famille n’a pas été touchée, et finalement ils sont tous en pleine forme. Mais à l’échelle mondiale j’imagine qu’on ne puisse pas prédire la même chose.

twitter h1n1La prudence s’impose naturellement, et la prévention semble être une sage décision. Il sera toujours temps lorsque la moitié de la population sera touchée par le virus de reprocher à ceux qui étant en charge de la santé publique de n’avoir rien fait. En l’occurrence, on ne pourra pas. Et le coût des vaccins commandés ne devrait pas peser face à cette prudence.
C’est sans doute l’exploitation faite par les organes de presse qui peut exaspérer. Après tout il n’est sans doute pas nécessaire de sortir un papier tous les jours sur les risques potentiels d’une pandémie. Risques chaque jour plus important, chaque article davantage alarmiste peut-être que le précédent. C’est aussi un mal moderne. L’information arrive toujours à vous, et puisqu’elle est redondante, vous avez l’impression qu’elle matraque. C’est certainement ce qui se passe, pourtant nous pouvons nous réjouir de connaître les menaces avant qu’elles nous atteignent. Il était une époque où les virus emportaient une partie de la population sans que personne n’y comprenne rien. Nous n’en sommes évidemment plus là, les risques sont identifiés de manière précoce, et des solutions préventives sont alors déployées rapidement.
Je ne crois pas qu’il faille le regretter. Maintenant y a t-il danger avec le virus H1N1 ? Sans doute que non puisque la pandémie ne semble pas foudroyante. Il y a bien quelques morts (de trop certes) dus à cette grippe, mais pas exclusivement. Ce qu’il faut regretter peut-être, c’est qu’à chaque mort il y ait un article de presse. Cela ressemble alors à une psychose. Pourtant si l’on observe autour de nous, personne n’est inquiet particulièrement. Si des questions sont posées, c’est à cause de la redondance d’information et non véritablement par le danger intrinsèque du virus. En effet, dans le monde, bien des maladies virales ou bactériennes emportent infiniment plus d’âmes, sans que personne n’en parle, et du coup nous, occidentaux privilégiés, nous ne nous inquiétons pas.

Il est finalement légitime de se demander si les responsables n’ont pas paniqué. Le retour d’expérience sur le terrain montre que pour les personnes qui ont contracté le virus H1N1, une prise de paracétamol suffit. Il s’agit en effet d’une « grippette » bien loin de virus Ebola ou Marburg 1 100 millions d’euros ont, selon toute vraisemblance, été dépensés pour rien. Gageons alors que cela ne soit pas le résultat d’un lobbying pharmaceutique. En ces temps républicains troublés, où le pouvoir danse aisément avec le business, le citoyen attentif fait bien d’être méfiant. Nous retrouvons alors encore une fois, la source de bien des maux, l’intérêt d’un groupe qui exploite une majorité d’hommes. L’appât du gain pourrait apparaître répugnant, comme toujours.

Petit rappel sur les pandémies : (d’après AFP et Challenge.fr)
La grippe a provoqué au XXe siècle trois grandes épidémies. Entre 1918 et 1919, la « grippe espagnole » a touché une grande partie de la population mondiale et fait au moins 40 millions de morts, selon l’OMS. Les pandémies suivantes furent moins meurtrières mais la grippe asiatique en 1957-1958 a toutefois provoqué la mort de quelque 4 millions de personnes et la grippe de Hong-Kong en 1968-1969 fut responsable du décès de quelque 2 millions de malades.
– Depuis le début du XXIe siècle, plusieurs épidémies ont éclaté sans causer autant de décès que les grandes pandémies du siècle précédent. L’épidémie de la pneumonie atypique (Sras), qui est apparue dans la province chinoise du Guangdong (sud) en novembre 2002 avant de provoquer une crise en 2003 a touché 8.000 personnes et fait plus de 800 morts dans le monde, dont près de 350 en Chine. Par ailleurs, la souche H5N1 du virus de la grippe aviaire a tué plus de 250 personnes, principalement en Asie du sud-est, depuis son émergence en 2003.
– Les épidémies annuelles de grippe sont à redouter car une part importante de la population est touchée par ce virus à mutation très rapide produisant régulièrement de nouvelles souches contre lesquelles l’homme n’a pas d’immunité. Considérées comme un problème majeur de santé publique, ces épidémies entraînent chaque année entre 3 et 5 millions de cas graves, dont 250.000 à 500.000 succombent au virus, selon l’OMS.

la.gifUn exemple de récupération par des « complotistes » (inutile de vous dire que c’est ubuesque).

  1. Prof. Debré le 25 juillet 2009 in JDD.

3 commentaires On Y a t-il vraiment danger avec la grippe A?

  • Sur ce coup là, on ne peut guère reprocher au gouvernement ses messages contradictoires (faites attention, ce n’est pas grave). Ils sont un peu coincé les pauvres entre montrer une activité efficace contre la pandémie et une information qui se veut, qui se doit être rassurante.
    C’est en effet encore une fois les médias qui se jettent sur cette grippe comme la misère sur le pauvre monde. Ceci étant dit que se passerait-il si cette grippe bénigne mais très contagieuse mutait (c’est très possible) pour devenir un fléau mortel ? Les services de santé sont-ils vraiment aussi prêt qu’on veut bien nous le faire croire ? Plusieurs articles me font croire le contraire. Et que dire de ces médecins qui refusent de recevoir dans leur cabinet des malades potentiels ? Il y aura des morts, c’est normal, mais ils vont être montés en épingle. C’est sûr. Je suis bien certain que le gouvernement et l’inénarrable Bachelot sauront tirer partie de la situation pour en faire un paravent qui cachera les questions qui fâchent…
    Bon encore un mois ou deux et nous seront fixés. Catastrophe économique, sanitaire ou fausse alerte. En attendant je fais provision de bouquins pour rester bien au chaud avec MA grippe quelle que soit sa dénomination.
    Une gripe, un bouquin…. c’est enore un peu les vacances ! :>>

  • C’est vrai qu’à force de parler de cette grippe en terme de nombre de malades ou de nombre de vaccins ou de masques, on ne sait pas si véritablement nous sommes prêt à faire face à quelque chose de pire que prévu.
    Mais c’est un problème qui ne touche pas que ce thème, hélas. :-/

  • Bonjour à vous
    Comme d’habitude,ton article est très bien « construit »…Je crois que les médias « s’éclatent » en effet avec ce sujet;cependant ,je me pose la question de savoir ,comme toujours à qui profite ce genre d’nfo(intox?).Et ,comme d’habitude,avec mes idées « préconçues »,je me dis que les lobbies pharmaceutiques doivent entretenir ce genre de chose car c’est à eux que profite « le crime ».
    F.

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