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Mirages démocratiques

Une histoire de maison d’un copain présidentiel en Corse, une affaire de chaussures et de banque pour un autre copain présidentiel, des décisions politiques qui ravissent ceux qui ont déjà tout et qui sont eux aussi du même copinage, la manière qu’ont ceux qui ont la charge des affaires, de se servir de notre pays pour un profit personnel ou corporatiste est exaspérante.

mirage démocratique

Tout se passe aujourd’hui, sans doute déjà hier, comme si les requins devaient se nourrir vite, afin d’en profiter un maximum.
L’homme inconscient de sa finitude – le manque d’humilité le prouverait peut-être – devient soudainement avide de confort, afin de satisfaire au mieux l’état éphémère de leur vie trépidante.

Vers un virage démocratique au XXIème siècle

L‘expression immédiate de ce comportement ignoble et honteux, est la juxtaposition quotidienne des activités et de la vie des riches et de celle des esclaves, pardon des modestes. En quelque sorte notre société devient le paradis des nantis et le purgatoire des pauvres. Ce dernier nourrissant le premier car tout a un prix dans ce bas monde. La mondialisation n’est que l’expression factuelle d’un monde gouverné par les puissants, pour les puissants, un monde où le profit est le moteur de la motivation. Ainsi le système se nourrit-il des populations pauvres à qui on vend un concept occidental de réussite par la possession et l’ascension sociale. Il y a quelques années en effet, on nous vantait tous les bienfaits de la Chine, et voilà ces mêmes merles qui déchantent, et lorgnent désormais vers l’Inde ou le Pakistan où les ouvriers n’auraient pas l’outrecuidance de vouloir des salaires à l’occidentale. Eva Joly a eu l’occasion d’en parler 1, ou comment l’Inde génère t-elle 100 euros de production, pour n’en récolter que 10. Le reste se volatilise dans l’éther financier, pour la plus grande joie des voltigeurs de la finance internationale. Que voulez-vous, il faut bien payer les retraites des Américains bien portants, pendant que les Indiens peinent à nourrir leur famille.

Ne serait-ce pas là une insulte permanente à l’intelligence ?

Alors peut-on rire lorsqu’on entend un Olivier Besancenot exposer que les évènements actuels forment le creuset d’une future révolution ? Je dirais que la solution n’est sans doute pas dans le désordre et je reste persuadé que davantage de malheur en découlerait, mais comment concevoir une avancée autrement que par la mise à bas d’un système pervers et corrompu jusqu’à la moelle ? Est-il possible en d’autres termes de réformer en profondeur notre société, heureusement démocratique, mais si honteusement exploitée à de mauvaises fins ?

Nous pourrions toujours rêver d’un sursaut de citoyenneté, de votes empreints d’audace, au moins avons nous la liberté de le faire. Mais comme tout mirage, l’approche de notre condition fait qu’en définitive il n’est personne pour vouloir changer quoi que ce soit. La résignation démocratique, voilà notre réalité !
Allez, nous ne sommes que de passage, et l’humanité vieille de quelques minutes sur l’échelle calendaire des temps – la civilisation dont nous sommes si fiers, est née le 31 décembre à 23h50 2, en verra d’autres. Ce sera en revanche sans ceux qui ont tant pris aux autres, en donnant si peu. C’est précisément pour cela qu’il ne faut jamais se taire et bannir la résignation ! Dans cet esprit, lorsqu’on a soif, on dépasse le premier mirage, pour enfin trouver l’oasis.

  1. Voir à ce sujet la vidéo d’un exposé de Mme Joly lors d’une convention du MoDem.
  2. In « Il pleut des planètes », d’Alfred Vidal-Madjar. L’échelle des temps calendaire est une méthode éclairante qui consiste à rapporter à une seule année, les temps depuis la naissance de l’univers jusqu’à nos jours. Ainsi, les dinosaures auraient vécu 4 mois, notre civilisation 10 minutes.

Commentaires

jeanne
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Bonjour

Tout à fait d’accord pour ne pas se taire
et pour « bannir la résignation »

Je nous souhaite :
Humour et énergie

Merci pour vos billets

Claudius
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La future révolution n’est pas pour tout de suite. Nous sommes encore dans le bienheureux sommeil de ceux qui peuvent encore subsister.

Les cadeaux faits aux copains (qui seront, eux, exonérés de la taxe RSA, par exemple) sont encore supportables et la misère peut encore se cacher.

La citoyenneté, le civisme, la solidarité, le goût du partage se pratiquent et s’apprennent à l’école, mais ne s’appliquent pas dans les hautes sphères de la société.

Fantasio
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Je ne crois pas au sursaut de citoyenneté que tu espères. A force d’abrutissement des masses et de mensonges, les néo conservateurs ont réussit et l’immense majorité des français adhère à la politique sarkozienne. Si les gens râlent c’est pour leur pouvoir d’achat. Ils se foutent que la France soit ridicule avec une politique étrangère délirante. Ils se foutent des valeurs comme la liberté ou la fraternité. Ils demandent plus de fichiers, plus de caméras dans les rues, ils réclament pour beaucoup le retour de la peine de mort, la prison pour les enfants, l’abolition du RMI, adhèrent aux pensées, désirs et actes de monsieur Brice Hortefeu, etc…
Si le sacro-saint pouvoir d’achat remontait, les français n’auraient rien à redire aux actes du gouvernement.
On traite les chômeurs d’assistés pour leur donner mauvaise conscience. On veut responsabiliser les malades, on réduit jour après jour les libertés individuelles et on ne prend plus en compte que la réussite financière.
Le pire étant que tout cela se passe avec la bénédiction de la plupart.
A force de regarder TF1, M6, de ne plus lire que des journaux orientés (la fameuse pensée unique)et de vivre baignant dans une culture à la Jack Lang (le graffiti étant l’équivalent de la peinture, la BD étant au même niveau que Victor Hugo) à force d’ignorer la culture étrangère sauf bien sûr le cinéma américain, à force de banaliser le laid, à force de donner des exemples lamentables au peuple, à force de vouloir que tout élève doit, quel que soit son niveau, obtenir le bac et commencer des études supérieures qu’il ne finira jamais, à force de railler les valeurs que sont le civisme, l’honnêteté ou la fraternité, on arrive aujourd’hui au résultat escompté : un peuple sans conscience, ignorant du passé et ne voyant l’avenir que dans la consommation à outrance. Un peuple d’imbéciles, de peureux, d’ignorants et de salauds.
Sarkosy se couchant devant les autorités chinoises en est l’exemple parfait. Il est le président logique et tout à fait représentatif de ce qu’est devenu ce pays.

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