Une affaire de libéralisme ?

C‘est étonnant de remarquer pour un néophyte comme moi en économie, comme on peu débattre de beaucoup de choses concernant le libéralisme. Si l’on se réfère au récent échange entre Mme Royal et Mr Delanoë, on pourrait croire que toute la valeur politique actuelle, tient en un seul mot : le libéralisme.

Nick Dewar

Pour un passionné politique (bien modeste dans mes actes) que je suis, en revanche, je suis un peu consterné, de constater que pour beaucoup de socialistes, en tous cas ceux qui s’expriment, on puisse se perdre en conjectures, même si elles sont très intéressantes. Je vais oser aller vite dans mon idée fondatrice. Celle que les philosophes nous ont apprise: il est bon de se méfier du mélange des ordres. L’ordre technico-économique, l’ordre religieux et l’ordre politique doivent en ce sens être distincts. J’ai pourtant bien l’impression qu’une lecture moderne du libéralisme m’autorise malgré ma modeste compréhension de ce monde, à constater que l’économie commande au politique. Qui gouverne actuellement le monde si ce n’est l’argent ?
Je ne crois en effet pas du tout au grand principe libéral qui serait une philosophie. Car lorsque les politiques tentent ce coup là, on découvre aujourd’hui qu’en fait c’est l’actionnaire juste derrière, qui tire les ficelles. Le principe grand prince du libéralisme exprimant une ode à soi-même, compte tenu de ce qu’est la miséricorde chez l’homme et son immense sens du sacrifice et sa notion si particulière de l’égalité, incite immanquablement le business à oeuvrer à tous crins. Et ce business là ne sert que les plus forts. Le libéralisme lu de cette manière, c’est donc la tarte à la crème des discussions dans les salons feutrés des faiseurs d’argent.

Ainsi, le libéralisme d’aujourd’hui n’est qu’économique. Sans prendre trop de raccourcis, il est un fait établi que la mondialisation est une des ses applications, et que cela génère finalement un nouvel esclavagisme moderne, les pauvres avides d’obtenir leur statut d’aisé à l’occidentale – pourquoi pas moi? – travaillant sans compter et pour si peu, pour le plus grand profit des faiseurs d’argent, qui loin de satisfaire une des premières vertus du capitalisme, la répartition de l’argent, phagocytes correctement la richesse ainsi créée. A tel point que cela touche non seulement les pays émergents mais également nos propres sociétés. Ainsi parle t-on aujourd’hui à nouveau de travailleurs pauvres.

Faut-il être aveugle pour ne pas réclamer à nouveau que l’homme soit au centre du système, et non pas à son service ? Faut-il tant de débats pour soutenir l’idée qu’il ne peut y avoir d’évolution durable dans une société fondée sur autant d’inégalités ? Les pauvres le sont de plus en plus, les milliardaires font l’inverse exact, et les autres au milieu, menottés par leurs obligations sociales, professionnelles et financières, ballottés aux grès des marées politiques, ne sachant même plus s’ils ont encore la possibilité voire le droit de prostester.

Dire cela c’est être je pense humblement, socialiste. Nullement d’extrême gauche pourtant, car qui pourrait me démontrer qu’actuellement, la finance ne régit pas le monde et ses hommes ? Qui pourrait me montrer enfin que l’homme étant ce qu’il est, nous l’avons vu, le libéralisme ne peut être que la loi du plus fort ? Je ne peux croire qu’il soit sage au point de rêver, sans arrière pensée profitable, d’un monde libéral. Mais comme j’aimerais avoir tort !


la.gifLe libéralisme pour les nuls
la.gifUne réponse lumineuse de Vincent Peillon. Ces propos sont toute l’essence même de l’intérêt que l’on peut apporter à l’usage du libéralisme.
la.gifVous pourrez par exemple affiner votre compréhension du libéralisme avec ce livre de Pierre Zaoui.

3 commentaires On Une affaire de libéralisme ?

  • Encore une bonne synthèse :p

  • Le problème est bien, encore une fois, le langage. En effet, le libéralisme, le vrai, est le droit pour tous de s’exprimer, de créer, de s’enrichir (pourquoi pas), bref d’être libre au sein d’une société. C’est en gros une des valeurs de la révolution française. Mais nos libéraux ne sont que les caricatures du libéralisme. Dans leur cas, il faudrait plutôt parler de LIBERTARISME. C’est à dire la liberté sans la contrainte des lois, de l’état correcteur, de l’état arbitre… une perversion de la liberté d’entreprendre qui permet les monopoles, l’anti-humanisme (comment définir un système qui offre légalement la possibilité de s’enrichir en spéculant sur les besoins de nourriture de l’humanité ?), le contrôle total de l’économie par quelques grands groupes, les lobbies de l’information (Dans ma région, tous les journaux sont détenus par un seul groupe), une nouvelle oligarchie, l’insécurité sociale érigée en mode de gouvernement, le mélange entre affaires, finances et politique… bref le contraire de ce que devrait être le libéralisme. C’est au moment où ce néo-libéralisme arrive au bout de sa logique liberticide que choisissent certains « socialistes » pour déclarer leur adhésion à ce système. Delanoë se déclare libéral, Manuel Valls se positionne à la droite de Bayrou et veut supprimer jusqu’au mot de « socialisme », Jospin n’a de cesse que de démolir ce qui reste du PS et Ségolène Royal déclare : « …que le marché est au centre de tout… » Bref à droite comme à gauche on capitule devant la finance. Finance qui n’a d’ailleurs plus aucune base réellement économique. Nous sommes dans le virtuel.
    Pendant ce temps,on criminalise la pauvreté, on parle de « responsabiliser » les malades, les chômeurs, les vieux… on casse le service public, on désespère les véritables entrepreneurs, on aide les riches, impose de plus en plus les pauvres, etc.
    Une nouvelle aristocratie possédant des fortunes colossales est en train de naître. Le ou plutôt les pouvoirs sont maintenant concentrés dans les mains d’environ 3 ou 4 % de la population. Une nouvelle nomenklatura en quelque sorte…
    Le libéralisme a accouché d’un monstre appelé Néo-conservatisme. Et c’est contre ce monstre là qu’il va falloir se battre. Ce ne sera sûrement pas aux côtés du Parti Socialiste français !
    :no:
    PS : les patrons du CAC 40 ont vus leurs revenus augmenté de 58 % en moyenne cette année pendant que la pauvreté explose et que le travail n’empêche plus celle-ci. Du jamais vu depuis le début du siècle… dernier.

  • Je te rejoins mais comment réduis-tu le libéralisme à l’économie de marché (qui reste à mon avis incontournable à la production de richesses) ou en fais-tu une forme dévoyée ?

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