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Les hommes, comptez-vous !

La tendance actuelle est de privilégier les hommes techniques et audacieux à la tête d’un système générateur de profit. L’argent est plus fort que tout. Dans cette idée de domination numéraire, la vague emporte même les décideurs des milieux moins orientés vers le profit, puisque dans l’administration publique, des génies ont réussit à implanter le concept.
Seul compte ainsi le résultat, la croissance ou à défaut l’économie réalisée par l’accroissement de l’efficacité.

les hommes

Je pourrais dire que tout ne se quantifie pas, et ce d’autant plus facilement que même les publicitaires le savent. C’est si peu naturel qu’ils sont fiers d’y avoir penser pour leurs réclames de cartes de crédit. Ce qui ne manque pas de piquant – vous piquer de l’argent a son importance vous pensez bien !
La notion de service devrait a priori être éloignée de celle de la rentabilité. Pourtant même là, les décomplexés dextres, ont corrompu cette logique. En effet, ceux qui réussissent sont ceux qui savent placer l’homme à sa juste mesure, en dessous de celle de l’argent, ou en tous cas, à son service. En effet, l’argent n’est plus un outil pour l’homme, mais chacun d’entre nous sert la cause du business. Considérez pourtant que le débat n’existe pas, puisque quoique vous m’opposiez en la circonstance, vous ne pourrez jamais nier que votre vie est calibrée vers l’obtention des bons billets – la tombola n’a rien à voir là dedans.
Un bon manager sait donc utiliser les hommes efficacement. Il sait parfaitement presser le citron des cadres afin qu’ils donnent le meilleur d’eux-même afin d’engranger les bénéfices, et tant qu’à faire, de stimuler les ouvriers qui regarderont de loin leur ex 35 heures pour la gloire de l’enrichissement.

De l’innovation dans le management

Cette logique à un coût en termes humains. Car vous ne manquerez d’observer que vous n’êtes pas des robots, et que tous les matins ne se ressemblent pas, certains sont plus durs que d’autres. Mais l’appât du gain, obligatoire, nous donne des ailes. Pourtant nous ne faisons que marcher rapidement, vers notre finalité, et vous le savez, la vie est une affaire qui se finit très mal.
Vous serez sans doute d’accord avec moi pour dire que dans cette forme de management, il n’y a que de la gloriole. Je dirais moi qu’il n’y a qu’un gros salaire. Ce qui est pire.

Je pense qu’il faut se garder de privilégier ces as de l’abatage. Nous devrions privilégier davantage les techniciens du matériel humain. Je pense en effet, que la richesse n’est pas ce concept économique que l’homme a inventé pour s’en sortir dans ce bas monde, mais bien dans l’homme lui-même. Sa générosité, son amour, son émotion, ses qualités d’animal social et ses faiblesses, hors celles de la vanité et de la cupidité. L’homme seul n’est rien, en tous cas pas bien longtemps.
Dans cette idée nous devrions déjà nous préoccuper des talents humains des décideurs, en incluant dans leurs obligations professionnelles des entretiens avec un psychologue – quel qu’il soit du reste, thérapeute ou clinicien. Car avoir une morale qui vous permet de décider du sort de vos pairs est une chose, mais qui nous garanti la justesse de vos émotions compte-tenu de votre propre passif. On ne me fera pas croire que tous les chefs ont eu une jeunesse aux petits oignons, et développent une vie dépourvue de tourments. A moins qu’ils ne soient des machines.

Si un jour la société qui nous dirige, alors que nous devrions décider de notre société, admettait que les chefs, et ceux qui d’une manière ou d’une autre influencent sur notre vie seront modérés par l’étude et l’apprentissage de leur propre condition, je pourrais alors annoncer fièrement à mes enfants que l’homme progresse. Je pourrais leur dire que l’homme retrouve sa place dans l’ordre des choses car il aura compris que son ?uvre n’a de sens qu’en toute humilité, conscient de sa finitude, et que le court instant où il aura une influence dans l’agencement de l’univers, il le fera a votre bénéfice, à celui de ses proches et au mien, et non pas à celui d’un système dans lequel des requins n’aspirent qu’à profiter de tout, quel qu’en soit le prix.

Commentaires

Fantasio
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Je suis en parfait accord avec ce billet. Je précise seulement que, évidement, l’homme n’est pas un pur esprit et que son corps a des besoins fondamentaux : manger, boire, s’abriter etc. Il est assez curieux que dans cette société totalement tournée vers l’hyper consommation, certains ne puissent pas assouvir ces besoins indispensables. On les appelle SDF, clochards, et même depuis peu travailleurs pauvres. Donc une société qui n’est pas solidaire vis à vis des plus faibles ou de ceux qui ne peuvent/veulent pas s’adapter à ce « travailler plus, consommer plus » qui est maintenant la devise quasi officielle de notre république. Ce besoin de toujours acheter plus devient totalement dément. Les publicitaires poussent à des achats que l’on peu juger, avec un peu de recul, non seulement inutiles mais même nuisibles. Il est bien normal de désirer un bel objet qu’il soit fonctionnel, décoratif ou culturel mais il est vraiment aberrant de vivre uniquement pour posséder de plus en plus des machins et des trucs divers qui seront relégués et oubliés dans un coin voir jetés très vite. D’une société de consommation des années 50 et 60 nous nous sommes tournés vers une société de gaspillage et d’hyper activité. Il est d’ailleurs symptomatique que l’on propose systématiquement des « activités » de loisirs aux vacancier. Il n’est plus bien vu de prendre des vacances pour se reposer « tranquillement ». Il faut à tout prix suivre un « circuit de découverte » s’amuser dans un parc de loisirs (salut Sarko), bref consommer AUSSI son temps libre. Le phénomène s’accélère de plus en plus et il n’est plus dans l’air du temps de désirer simplement du repos, de la réflexion, de la pensée…alors forcément dans ce « modèle » seul compte les moyens de consommer. L’ARGENT. Pour certains privilégiés, il arrive tout seul sans efforts, sans peine. Mais pour la majorité, il faut travailler de plus en plus dur, avaler toutes sortes de couleuvres pour obtenir une somme suffisante à la fin du mois.
Et pour forcer les derniers réfractaires, l’arme ultime vient d’être trouvée. Les produits de base devenant hors de prix (loyers, énergie, eau, nourriture de base, transports…) alors que le superflu devient plus qu’abordable. Il est plus facile de se payer un lecteur de DVD que de payer EDF. Il est moins onéreux de manger des produits industriels (pizzas et plats congelés, la fameuse « junk food ») que de se nourrir sainement de fruits et légumes bio. Et tout pousse le consommateur (on ne parle plus guère de citoyen) a acheter de plus en plus ce qui est de moins en moins utile.
Les valeurs apportées successivement par le « siècle des Lumières », la révolution française, le front populaire et la libération sont non seulement abandonnées mais même vilipendées.
Sécurité (illusoire) contre Liberté
Consommation à outrance contre Égalité
Charité méprisante contre Fraternité.
Notre choix ? La droite « bling blig » ou la gauche « caviar ».
En tout cas ce ne sont pas les meilleurs d’entre nous qui nous représentent !
C’est assez désespérant. Les mômes sont maintenant élevés à TF1 ou M6. Que deviendront-ils moralement parlant ? Quels citoyens seront-ils ? Ne sommes nous pas en train de retourner vers la barbarie ?
Il y aura-t-il un sursaut, un refus du monde abominable qui se profile ? Ou faudra-t-il aller jusqu’au bout (plusieurs dizaines d’années, plusieurs siècles même, avant une révolution totale et forcément sanglante ?
Mais d’ici là, il y a de grandes chances que notre planète crèvera de nos déchets et massacres de la nature.
« This is the end » chantait Jim Morrisson.
Bon, en attendant, il reste l’alcool….
Allez, bonne journé quand même !
😉

Amade
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Si je puis me permettre, j’ajouterais qu’il n’est plus pensable de faire autrement. L’opinion publique est modelé à coup de « moderne » ou de « transparent ». Tout ce qui se fait à l’heure actuelle par notre gouvernement est considéré comme moderne, faisant parti de la rupture. Travailler plus ne peut donc être remis en question que par des conservateurs purs et durs ou des vieux cons. Toutes critiques même sur la vie sentimentales de notre président ne peuvent se justifier puisque , jouant la transparence, on ne fustige pas quelqu’un qui ose.
Ah la rupture, que c’est beau. Enfin, on en finis avec ce qui se faisait avant Sarko.
Quand va t on s’apercevoir que la rupture nous ramène un siècle au moins en arrière.
Tout ce que pourquoi nos ailleux se sont battus est balayés au mépris total de ce que ton très bon billet dénonce.
L’homme n’est plus une préoccupation.
Prions pour que l’économie soit toujours dépendante de la main d’oeuvre..
Bonnes fêtes à tous

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