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Esquisses d’une éducation

Il existe des gens qui estiment que d’avoir des enfants n’est pas une fin en soi. Lorsque ce sont des femmes, elles affirment même que c’est un acte purement égocentrique. Bien entendu, on entend également dans ce cas des tas d’arguments en faveur d’une liberté compromise. Mon idée est très éloignée de cette mouvance, et j’ai tout de même l’impression d’acquérir une autre liberté : celle de douter de toutes mes convictions, et ainsi celle de découvrir avec mes enfants, les fondements d’une future indépendance intellectuelle.

éducation

Cette indépendance intellectuelle n’est que l’aboutissement d’une longue période d’apprentissage pour laquelle les parents ont bien entendu un rôle central absolument indispensable. En ce sens, je ne pense pas que l’école puisse être un substitut. Je pense qu’être parent est une formidable aventure, qui loin d’être un miroir de vanité ou de complaisance est bien l’idée d’une quête de liberté. Pour cela je pense qu’il est indispensable d’avoir un esprit critique affûté sur notre environnement. Et cela passe par des choses très simples.

Le premier registre d’action est celui qui est imposé par les autres. C’est à dire, qu’il convient nous parents, d’éviter tous les poncifs de notre société, poncifs qui servent des intérêts mercantiles d’autres personnes. Des exemples : les couches culottes, les petits pots, l’équipement du bébé, l’habillement …
Non, les couches jetables ne sont pas un progrès indispensable pour lequel nous devons affirmer que c’est génial. Je prétends au contraire que c’est discutable : 700 kgs de couches par bébés avant qu’il ne soit propre, des produits chimiques dont on pense qu’ils pourraient intervenir dans la stérilité des garçons, et un impact écologique évident du coup lorsque l’on sait qu’il faut entre 200 et 500 ans pour que ces couches soient totalement résorbées.
Quant aux petits pots, ou petites assiettes pour parents surbookés, ça n’a aucun goût, c’est laisser à une idée d’entreprise, une marque finalement, quelque chose de complètement abstrait, immatériel, conceptuel, tout l’amour d’une préparation de repas dans laquelle on met toujours du coeur à l’ouvrage. Sans compter que les purées maisons sont les seules garantes d’aliments sains, frais, aux goûts variés, et mélanges selon les humeurs du moment. Une sorte d’harmonie avec son milieu de vie en quelque sorte. Comprenez, que l’achat et l’ouverture, « clac », du petit pot, se situe en dehors du temps de l’émotion, de la perception de son environnement; un changement de rythme dans une musique familiale. On peut alors ressentir si l’on s’arrête quelques minutes dans notre vie accélérée, une sorte de rupture avec cet objet qui vient d’ailleurs, conçu par d’autres, qui pourtant symbolise l’acte primordial de la nutrition de ses rejetons.
Finissons cette lançade enfin sur l’équipement et l’habillement. Pourquoi pensez-vous qu’il soit indispensable de dépenser une fortune dans ce domaine ? Parce que vous achetez du neuf ? Mais pourquoi ? Parce qu’on vous a toujours appris de la sorte. Certes, parfois on peut acheter d’occasion, mais pourquoi pas systématiquement ? Songez que vous pouvez habiller de manière tout à fait convenable votre enfant, sans cautionner pour autant un système qui incite au gaspillage. La réutilisation des textiles par exemple est une bonne idée pour notre environnement, et pour notre porte-monnaie. Et votre tour viendra, où vous pourrez vendre les lots de vêtements de votre enfant. Ces habits qui sont devenus inutiles – et inutiles également à votre poubelle.

Cette logique s’adapte parfaitement à l’équipement. Poussette, siège bébé, écoute bébé, et tout l’attirail, nous avons tous le même, ou à peu près. Et si nous profitions du déstockage des autres mamans afin de garder notre énergie pour des partages concrets plutôt que de s’évertuer à combler des besoins inventés par d’autres, qui voient dans votre bébé une excellente occasion de business ? Pourquoi pas, mais ce qui me dérange alors, c’est la juxtaposition d’une naissance humaine, et de l’accroissement des déchets, de la consommation d’énergie, et du serpent « toujoursplus » qui siffle à nos oreilles.

Notre future éducation que nous partagerons avec nos enfants, ne devrait pas faire l’économie des bonnes questions. Pourquoi tenter à tout prix sitôt la naissance faite, d’avoir deux salaires à la maison, alors que le second comblera peut-être bien difficilement les nouveaux frais de transport et de garde de l’enfant? Ce salaire pourtant ne comblera jamais la distance faite entre l’enfant et vous et le déficit créé des échanges filiaux complexes. Pourquoi ne pas profiter de la venue du bébé pour ralentir sa vie, la recentrer sur l’essentiel, sur les valeurs sentimentales plutôt que matérielles, et par la même occasion pour se placer dans la société en tant qu’individu cognitif, plutôt qu’automate dépensier ? Enfin, c’est le moment idéal de reconsidérer son impact écologique. Ne laissons pas à nos enfants payer la facture de nos approximations ou de nos erreurs. L’occasion est belle de modifier notre mode de vie, afin que ces futures générations aient la même chance que nous, ou plutôt davantage. Ce que vous ferez d’autres le feront peut-être.

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