Acte électoral

Voter est un acte conscient. Je vais voter car j’ai en ma possession suffisamment d’éléments pour confier ma confiance, dans une tâche précise à une personne qui représente un courant d’idées auxquelles je pense adhérer, au moins en grande partie.

La force du vote

En France le vote n’est pas obligatoire. Ainsi lorsque je possède la carte d’électeur, je fais un acte volontaire. Je décide donc, en toute honnêteté, d’accomplir un geste citoyen.
Pour faire de ce geste citoyen un acte républicain, j’imagine que je dois alors éviter le hasard ou l’impression, et favoriser le débat contradictoire et confronter mes positions, ou combler mes ignorances. A ma mesure bien entendu.
Voter c’est donc quelque chose de palpable. C’est une opinion. Celle-ci s’exprime alors de deux manières, et seulement de deux manières : oui ou non. Non je ne voterai pas pour ce candidat parce qu’il véhicule ou représente des idées pour lesquelles je n’ai pas d’affinité, et oui je voterai pour ce candidat car, à mon sens, et compte tenu des éléments que j’ai à ma disposition, il incarne ce que je ressens en termes politiques.

Ainsi, je discute, je débats, j’évalue et je choisis. Décider que je voterai blanc (ce qui n’existe pas en France, puisque le bulletin sera assimilé à un vote nul), ou pire que je m’abstiendrai1, n’est donc pas une opinion.
Sans cette opinion, soit je vis seul loin de la société, soit je laisse le soin à mon voisin de décider pour moi. Je ne suis donc plus dans un acte républicain, ni citoyen. Et si en plus je suis conscient de ce choix, je risque fort d’être irresponsable. Car j’ai bien une préférence politique (même s’ils sont « tous pareils« ) et pourtant sciemment, je l’occulte, pour in fine, clamer « ah mais qu’ils sont sots ces français!« . Irresponsable, perfide et destructeur.
Cet acte citoyen et républicain prend enfin toute sa valeur, toute sa richesse lorsque j’accomplis mon vote en pensant à la société à laquelle j’appartiens, et non à mes propres besoins. Le bien commun prime alors sur mes propres possessions, mes propres intérêts. Ce qui est finalement un bon calcul puisque dans un environnement serein, je peux tout à fait m’épanouir et prospérer2. La réciproque, prospérer dans un environnement instable ou inconfortable, est moins évidente.
Un acte citoyen républicain fort, c’est donc voter en accord avec des idées politiques qui à mon sens favoriseraient le développement harmonieux de la société. Mon choix serait donc loin d’être celui d’un Harpagon, mais davantage celui d’un homme ou d’une femme qui sait qu’il n’est qu’un élément constitutif, mais indispensable. Seul je ne peux rien faire, mais les autres comptent sur moi, puisque personne ne vit dans son propre système.

L‘acte électoral n’est donc pas le fruit du hasard, de la coïncidence ou de la légèreté. Ce n’est pas non plus celui de la peur, de l’incertitude ou de la vengeance.
C’est un acte de tempérance idéologique. C’est un acte dont on peut toujours être fier car il demeure indépendant, et s’éloignerait des sirènes politiciennes sur fond de promesses. Ces promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent. Un acte guidé par un ressenti profond est souvent un acte juste, et dans toute son individualité possède une immense et irremplaçable richesse.

Evident pensez-vous? Oui, mais c’est aussi bien en le disant. Ce papier s’adresse plus particulièrement aux jeunes électeurs avec lesquels j’ai eu plaisir à parler de politique, selon nos ressentis.


la.gifLe vote par procuration
la.gifLes présidentielles 2007 et le Conseil Constitutionnel.
la.gifLes différents modes de scrutins (Ministère de l’Intérieur français).

  1. L’abstention aux élections, en France depuis 1958.
  2. Dans ce cas, prospérer a une signification multiple. La richesse pécuniaire n’a pas le monopole.

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