L’omnivore perdu

Alors que certains d’entre nous connaissent sur le bout des doigts la technologie qui les entoure, ordinateur, portable, TNT, câble, voiture, mp3, DVD, nous ignorons tout de la chaîne de production agricole pour ce steak petits-pois que vous avez là dans votre assiette.

OGM et nous
Le Net confirme cette impression. Vous trouvez beaucoup de sites pour les « geeks », et beaucoup moins sur la culture du blé en France, encore moins sur sa transformation ou son élaboration jusqu’à ce qu’il vous soit présenté dans son emballage prêt à consommer.
Pourtant vous conviendrez que ce que l’on avale, prime sur ce que l’on possède comme objets, même s’il permet d’écrire ce blog ou d’écouter de la musique. Pourtant si l’on ouvre des postes universitaires sur les nouvelles technologies, on ferme ceux qui intéressent par exemple la microbiologie des sols (ce qui est dans le sol ou non le sera plus tard dans notre estomac) et on réduit la marge d’embauche dans les filières bio à peu de choses mal payées.
C’est ainsi que la société moderne semble perdre le contrôle de ce qu’elle mange. Mais alors qui contrôle la chaîne alimentaire, et comment ?
Ce sont bien entendu les grandes firmes de l’agro-alimentaire. Je ne vais pas ici faire le procès d’une quelconque marque. La tentation serait trop grande de taxer cet article de réac’.
Nous ne connaissons rien de la chaîne agro-alimentaire, et nous sommes sous le joug des OGM. En effet, le vrai débat à propos des OGM n’est pas de savoir si c’est dangereux ou non pour la santé. Le vrai problème c’est que le cas OGM est une attaque directe contre la démocratie. C’est une dictature de l’alimentaire, aux dépends de la biodiversité et de nos propres choix. Ainsi, si je poursuis l’idée de départ, on s’inquiète des DRM sur notre ordinateur, mais on ignore la pression considérable des OGM sur notre avenir proche. Non seulement nous n’aurons plus le choix de nos aliments dans nos assiettes, mais ceux qui cultivent n’auront plus le choix de la qualité des semences.OGM dangerSavez-vous par exemple qu’alors que le blé, était jadis une culture riche, aujourd’hui plus de 50% de sa production est destiné à nourrir les cochons! Le rendement des surfaces de blé n’a eu pour conséquence que d’appauvrir les sols, les polluer et de rendre impropre à la consommation humaine cette graine. Une augmentation de rendement ne conduit en effet qu’à augmenter la masse en eau des plants, et bien entendu diminue sa richesse en protéines1.

C‘est ainsi notre ignorance et notre certitude d’être convenablement servis dans notre assiette qui engendrent cette évolution de l’agro-alimentaire. Ceci est savamment entretenu par l’industrie du secteur qui voit son action facilitée par ce désintéressement général. Elle peut ainsi tranquillement financer la plupart des laboratoires dits indépendants, de recherche et de contrôle dans le secteur alimentaire, et profiter de ses marges bénéficiaires exponentielles.
Le drame dans cette affaire, outre notre ignorance, est que l’homme pourra tout à fait s’adapter à cette alimentation imposée, sans pour autant s’en porter plus mal. Mais alors qu’en est-il de sa liberté? Pouvons-nous accepter de laisser aux hommes d’affaires le soin de décider de quoi seront fait nos cultures, et de quoi notre corps sera nourri ? Quel peut être l’impact au niveau de l’équilibre de notre écosystème ?


la.gifUn article sur la dictature des OGM, point de vue « réac », mais fondé.

  1. Il existe des recherches afin d’éviter ces désagréments.

5 commentaires On L’omnivore perdu

  • C’est bien pour cela que la désobéissance civique des faucheurs d’OMG est non seulement admirable mais devrait se généraliser.
    Il y a des moments où se dresser contre des lois iniques est un devoir.

  • D’ailleurs, en parlant de la loi, elle est appliquée différemment suivant le type de délinquant; lorsqu’il s’appelle Monsanto, elle est clémente avec un montant d’amende ridicule au regard du chiffre d’affaire de la multinationale et elle est à la limite de l’impitoyable lorsqu’il s’agit de l’arrachage d’épis de maïs. Or, d’un côté c’est la santé publique qui est en jeu, de l’autre c’est la propriété privée.

    On sent bien où se trouvent les priorités.

    Il est chouette ton billet.

    Si je peux me permettre, sur le sujet : A propos de ce déséquilibre de la justice

  • Concernant tes propos sur les OGM, je te trouve par trop excessif et partisan.
    En effet pour commencer les OGM ne s’attaquent pas à la biodiversité mais contribuent à la préserver puisqu’ils y puisent leur patrimoine génétique et qu’ils n’en sont au final que les enfants, sans biodiversité, pas d’OGM CQFD !!!!!
    Par ailleurs leur but est louable puisque certains se passent de produits phytosanitaires, affreusement toxiques (A chacun son choix !!!), d’autres poussent là ou d’autres ne le pourraient pas ce qui pour certains pays est une chance (Pays pauvres aux sols arides) et j’en passe.
    Enfin pour conclure il faut savoir qu’a l’origine le blé était une graminée sauvage que l’homme n’a cessé de selectionner et croiser pour arriver à ce que vous tous connaissez aujourd’hui, le blé que l’on mange aujourd’hui n’a rien à voir avec la plante originelle, et heureusement car sinon nous serions tous mort de faim depuis longtemps !!!!!!

    Alors maintenant il faut choisir entre continuer à amméliorer cette plante et donner à manger à tous sans polluer la planéte avec les traitements ou alors céder à l’obscurantisme imbécile et nourire les seuls pays riches et empoisonner la terre.

  • Ravi de ce point de vue partiellement contraire.

    Je persiste à affirmer que les OGM sont une menace pour la biodiversité. Pourquoi? Parce que les plants sélectionnés sont plus robustes, mieux adaptés aux conditions actuelles du milieu de vie, plus aisément cultivables, parfois moins chers et pourvus d’un génome qu’aucune autre plante sur la planète n’a jamais eu à affronter.

    La nature est faite ainsi que c’est la loi du mieux adapté qui prévôt sur toutes les autres facultés d’adaptations. La conséquence est donc la suivante: entre plusieurs plants, subsistera toujours, dans n’importe quelle configuration le plant OGM.
    Le combat est donc déloyal. Un génome naturellement évolué, contre un génome manipulé, qui brûle les étapes, sans subir aucune sélection naturelle.

    En cela, les OGM peuvent dangereusement contribuer à un appauvrissement de la biodiversité.

    Maintenant, tenir compte du fait que 800 millions d’humains meurent de faim aujourd’hui, et que demain l’Afrique sera peuplé de 1,3 milliards d’hommes, est indispensable. Et certainement qu’il n’est pas pensable de réduire la production agricole actuelle.

    Pourtant. Qui nourrit qui, et qui profite de cela, dans quelles proportions?
    La bonne question est celle-ci.

    Et donc l’observateur indépendant, de s’interroger sur l’équité de l’accès à la nourriture sur cette planète, plutôt que de faire confiance à la science (ou à l’économie) pour tenter de régler des problèmes qu’elle a au moins partiellement créés.
    Les réponses sont peut-être légions, à conditions qu’elles n’engendrent pas l’irréversible.

    L’irréversibilité, n’est jamais une bonne solution.

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