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L’homme objet d’un monde fuyant

Lorsque je regarde la publicité pour les nouvelles Peugeots, je me dit qu’ils déraillent complètement. Lorsque je regarde celle pour Duracel, je me dis que l’homme n’a plus d’importance, seul l’acte de consommation en a (lorsque ce n’est pas la référence désormais systématique au sexe). Imaginez les pubs dans lesquelles jouent des hommes et des femmes, des enfants même. Et ? Vous souvenez vous de leurs visages ? Non bien entendu. Vous ne pourriez pas, les images sont fugaces. Celles des lapins en revanche ne le sont pas.

l'homme face à son monde

Alors pourquoi les gens de chez Peugeot déraillent – ils ?
Parce qu’ils salissent l’homme. Pourquoi partir au volant de sa voiture le matin en ce disant qu’on va bouffer tout le monde ? Un squale on vous dit cette voiture ! La meilleure bien entendu. Mais on s’en fout qu’elle nous donne une impression d’homme robot prédateur. Une sorte de magma d’acier et de chair. Domination, force, respect et peur. Pourquoi cette escalade ? Je me dis qu’en principe une voiture devrait nous permettre d’aller à un endroit, confortablement, assez facilement, sans trop mouiller sa chemise. Mais pas d’y arriver en ayant réduit le reste en pâtée, ni en générant de la peur et encore moins du respect autour de nous. Pourquoi vouloir un monde artificiel si ce n’est pour masquer ou oublier nos tourments ?

Ridicule et dangereux, mais voilà bien un aspect révélateur de notre société. Ça file ! La technologie fonce. La société se perd. Nous avons a subir les élans insatiables d’une société fondée sur la consommation certes, mais une consommation technique. Cette puissance terrasse largement les avancées sociales. Nos repères s’effritent. Certains perdent la foi d’autres s’y réfugient les armes à la main. L’homme du coup fonce, tête baissée afin de produire cette richesse. Mais lui, que produit-il en dehors de ce système ?

La violence actuelle sont les prémices d’une amère catastrophe. L’individu accède à la puissance destructrice des états d’antan. La vie humaine n’est pas la préoccupation essentielle. Comment le serait-elle dans un monde si urgent. Vite, fonçons, construisons, inventons, produisons, gagnons !
Oui mais nous dans tout ça, on devient quoi dans notre voiture-prédatrice ?

Wééé je sais je suis parti un peu en roue libre… Faut bien commencer quelque part non ?

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Le fracas du monde – Alain Minc – Seuil

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L’ensauvagement – Thérèse Delpech – Essais Grasset

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Toujours plus! – François de Closet – Poche

Commentaires

clemar
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Tres belles paroles. J’ai également trouvé la pub pour peugeot completement ridicule, quand à celle des lapins-piles, j’en parle même pas.
Comment ne pas tomber dans cet ouragan de consommation, je crois que là est bien la question!!!
Quelle société pourrie mais je ne vois de solkution radicale…
.+@+.

bernard
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Decidement, Monsieur l’auteur de ce site, je vous aime beaucoup.
Hélas, je ne connais pas la solution mais seulement la voie à emprunter. C’est individuellement, que chaque personne sensible à ces propos doit modifier son comportement, sa consommation. Je n’attends rien de l’Etat, j’attends tout de moi.
Cette logique est davantage en correspondance avec le problème écologique qu’avec la volonté de lutter contre une Humanité qui se perd. Cette direction que prend l’Homme ne nous surprends plus car comment pourrait-il en être autrement lorsque la foi n’est plus en nous. Comment ne pas chercher à jouir au maximum de la vie terrestre lorsque l’on sait qu’il n’y a rien après. Je pense que la philosophie ne serait remplir le gouffre psychologique dans lequel nous sommes.
L’image de l’homme moderne qui s’équipe indéfiniment d’objets matériels et dont l’esprit se remplit de vide est également la mienne.

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