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La plume est plus forte que l’épée

Un dialogue étrange fut celui qui m’opposa à un jeune homme convaincu de l’évidence des mesures à prendre dans les banlieues.
Pour lui, il n’y avait pas de doute. Pour définitivement faire cesser les comportements subversifs, il suffit d’y envoyer l’armée. Simple.
Mesures selon lui radicales qui seraient l’unique remède contre ces jeunes, souvent étrangers – tant qu’à faire – et qui ne jurent que par l’apparence.

destiné

La vie facile. Celle qui consiste à rouler en BMW M3, revêtu de Nike avec une montre Tissot au poignet, sans jamais travailler. Le deal, les petits trafics. Voilà selon lui l’avenir tel que l’imaginent ces jeunes. Sans doute est-ce ce qu’ils pensent. Sans doute.
Pourquoi alors vouloir chercher un travail qu’on risque de se voir refuser avec cette tête bien du Sud ? Qui plus est, si par enchantement, ce travail était proposé, pour gagner quoi ? Et la BM, et la sape, et la flambe ?
Selon mon interlocuteur, les jeunes des banlieues seraient mus désormais par l’exemple des grands frères, qui ont toutes les apparences d’un panache, de la classe. Ils ont réussi eux. Ça ce voit. Alors pourquoi pas moi ? Exit le bon citoyen qui rentre dans l’ordre, et qui va transpirer … pour le profit des plus riches, sinon de qui ?
Car loin des concepts ignobles de la stigmatisation de l’étranger, ou de ce comportement certes peu vertueux mais tellement humain de ces grands frères, je lui disais que l’on pouvait avoir un point de vue autre, si l’on se référait à une source différente. Quelle est l’origine de ces comportements, qu’est ce qui conduit l’homme à devenir trafiquant bien sapé, plutôt qu’un honnête travailleur modeste ?
L’exemple de l’élite bien entendu. Celle qui parle pour les autres. La pression d’une société compétitive pour qui l’apparence est primordiale. Les vertus ne sont plus philosophiques, elles sont picturales. Ainsi les cadres qui partent à la conquête des salaires énormes -ainsi que leurs horaires du coup, et leur stress- oeuvrent pour exercer sur le citoyen classique, l’impression que le succès demeure dans la possession, dans le toujours plus.
Ainsi, plutôt que de se satisfaire d’une bonne compréhension de Voltaire, Spinoza ou Pascal, on apprend à nos enfants à reconnaître la grosse voiture, la belle maison, et la belle situation.

La réponse émise par mon interlocuteur, celle des militaires, n’est donc pas pensable. Tout d’abord parce que dans une république démocratique moderne, ce ne peut pas être une solution, ensuite parce que le fond du problème n’est pas dans les banlieues et leurs deals, mais bien dans ceux qui possèdent au départ l’argent, ceux également qui servent de référence morale. C’est bien là le fond essentiel du problème, notre modernité nous impose une morale, qui nous éloigne de notre condition humaine. Ainsi l’usage de la force ne permettrait sans doute pas de guérir le mal qui nous inquiète – inquiétude pourtant bien différente que celle des intéressés dans les banlieues -, la clé est en chacun de nous, que souhaitons-nous vraiment comme destiné ? Quel référentiel nous sera profitable ?

J’ai eu beaucoup de mal à citer quelques marques. Flûte, faire de la pub pour des choses que je déteste.

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Un dossier de Rezo.net sur les banlieues. Décalé, et pertinent.

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