De l’intérêt actuel de la Politique

Les temps changent. Dans les années 60 un professeur s’il voulait intéresser ses élèves devait parler politique, et pour les faire rire, parler religion. Aujourd’hui parler politique ferait rire, et parler religion monopoliserait les attentions. Alors que les étudiants de mai 68 mettaient des posters du Che dans leurs chambrettes, ceux de septembre 2001 mettent volontiers des portraits de Ben Laden.

politique et éthique

Les temps changent. Mais vers quoi ? Quelles sont nos convictions ?
Car prétendre être rassuré parce que notre téléphone portable est allumé en permanence et MSN sur l’ordinateur toujours prêt ? Ainsi je ne suis pas seul, mon existence à un sens, la technologie devient alors une religion. Il m’importe alors seulement d’augmenter mon pouvoir d’achat afin d’accéder toujours plus à cette technologie-providence.
Étrange mélange de genre. Plutôt que nous servir, la technologie nous asservie. Notre éthique est quelque peu bousculée. Est ce que ma dimension d’homme ne prend sens qu’à travers ces moyens de communication ? Paradoxe révélé par un usage tronqué de la langue. Des sentiments expédiés en quelques lettres. Ou comment enfermer son esprit dans un cadre limité par la technique. Notre échelle d’émotion est guidée par le format SMS. Absurdité pathétique.

A l’heure d’un ultra libéralisme effréné et soi-disant salvateur, la politique devrait redevenir une de nos principales préoccupations. Trait d’union entre éthique et technique, elle doit permettre au plus grand nombre de comprendre l’essentiel, et donc de partager l’essentiel. L’ordre technico-scientifique guide actuellement notre destinée quittes à commander notre morale.
L’état actuel de notre société est le fruit d’une inertie politique depuis 30 ans qui autorise un comportement au rabais, insulte permanente au génie humain. Tous les symptômes d’une maladie apparaissent, mais point de médecin pour la prophylaxie : émeutes de banlieues, second tour des présidentielles de 2002, fuite vers l’ultra libéralisme (oui j’insiste), précarité sociale devenant la norme …

Il est temps que la politique reprenne sa place centrale dans notre société. Qu’elle rétablisse l’autorité naturelle de l’éthique face aux gesticulations de l’ordre technico-scientifique. Il est temps pour les citoyens de sortir de leur torpeur et d’agir quotidiennement, et immédiatement. Voter, militer, discuter, stimuler, partager, aider, conquérir de nouveaux espaces sociaux. Ce n’est pas nouveau, mais encore faut-il en être convaincu. Cette conviction, peut-être passionnelle en tous cas éclairée, voilà la nouveauté !

L’avenir semble sombre, les limites du système sont atteints un peu partout.
C’est la genèse d’une nouvelle société qu’il faut considérer. Inventer n’est pas nécessaire, nos philosophes ont apporté déjà beaucoup de matière à réflexion, il suffit pour nous de prendre le temps d’y réfléchir et de vouloir agir. Il est grand temps. Faisons-le au moins pour nos enfants.

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