Le rêve d’une sixième république

A la lumière d’un second tour d’élections présidentielles pendant lequel les extrémistes de droite auraient rivalisé avec les autres – du moins le croyaient-ils peu importe -, au constat simple d’une bonne partie de la société en petite forme, du « CIP » au « CPE » en passant par un colérique non européen, je me dis, sans n’avoir jamais rien lu sur le sujet, que je pourrais oser rêver d’une autre république.

 

Une république qui bannirait l’habitude bonapartiste – je prends la responsabilité de cette seule impression, ma thèse n’est pas pour demain ! – d’un esprit décisionnel descendant et dédaigneux, une république qui saurait se remettre en question si la rue le lui demandait. Ce serait par exemple un vote blanc possible 1, marque forte d’un esprit républicain responsable, car il inciterait au progrès plutôt qu’au confort corporatiste. Ce serait la fin de ce pouvoir présidentiel fort, dont on ne sait si finalement, il a pu digérer la révolution. Ce serait enfin, l’accès aux décisions à tous ceux qui résident sur le territoire et qui ont une part active dans l’évolution de notre société.
Rendons le pouvoir aux citoyens ! Les piteuses tentatives démocratiques marquées par l’emploi irraisonné du référendum ne suffit pas 2. A ce titre, cela reste une drôlerie démocratique, qui plutôt qu’encenser notre liberté, il la dénie, en considérant le vote comme une expression éphémère ? pire sentimentale plutôt que responsable . D’où sans doute le jeu politique de l’escalade des promesses non tenues, car intenables.
Il est temps donc de supprimer cette pyramide gaulliste de la gestion du pouvoir. Laissons à l’assemblée le pouvoir de décider du sort de ses concitoyens. Supprimons le Sénat qui, même s’il a son utilité parfois, sclérose l’examen des lois. Ainsi pourquoi continuer à accepter que plus de 40% des lois ne soient pas suivies d’un décret d’application ?
Le plus difficile serait sans doute de laisser quelques idéalistes, bien entourés, parvenir aux prises de décisions, même s’il ne sont pas membres d’un parti, afin par exemple d’oublier ce qui est peut-être une autre exception française, qui finira bien par nous retirer un serein avenir. Même si le politique n’est sans doute pas entièrement responsable, il semble acquis désormais, qu’il ne peux plus répondre d’une société partitionée, perdue entre son confort social remarquable, et ses contradictions du code du travail. Trop de communautés travaillent en opposition. Ainsi cette sixième république offrirait à tous les acteurs sociaux l’opportunité, si ce n’est le contrat, d’oeuvrer vers l’accomplissement d’objectifs communs. Réformer ne signifierait plus perdre, mais gagner.

De la poudre aux yeux pensez-vous ? Sans doute, mais pourquoi ne pas commencer par le plus facile, modifier les bases républicaines afin de proposer une ouverture, un potentiel nouveau ?
Il est grand temps. La France ne pourra vraissemblablement pas supporter éternellement autant de chômeurs, autant de retraités, si peu de travailleurs, aussi peu de réformes, une population de jeune singularisée, ou exploitée par un patronat calculateur, peu aidé par des syndicats égocentriques et discordants. Donnons à la République les moyens de diriger ces jeunes et ces patrons, pour notre société, plutôt que celle d’une oligarchie économique.

Changer de république, ce n’est pas résoudre les problèmes. C’est commencer par le bon bout.

la.gifConvention pour la sixième république (ce papier ne s’en inspire nullement).

  1. A propos du vote blanc ou nul
  2. A propos du référendum

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