Le mythe moderne

 

Sisyphe pourrait être de notre époque. Il s’y retrouverait. Souvenez-vous de ce mois de noël 2005. Entendiez-vous ces « journalistes » qui vantaient, après l’embrasement des banlieues, celui des cartes bleues. Les français consomment, flambent leurs cartes de crédit !
La belle affaire me direz-vous !

illusion brulante

Je prétends au contraire que nous assistons là au un bien difficile second souffle de notre système. Il faut consommer n’est-ce pas ? Autant faire croire que tout le monde suit ce jeu, et ainsi, en bons mammifères que nous sommes, nous allons copier ce comportement, faire de même, consommer, même si nous n’en avons pas l’opportunité, ni même les moyens.
Ainsi on vous dit que vos voisins, eux, consomment, et beaucoup s’il vous plaît. Pardonnez-moi, mais quel intérêt y a t-il à répéter tous les jours, que de l’argent est dépensé ? Ajoutez à cela l’obligation d’accepter cette période comme étant festive ? non ? Vous n’avez pas déprimé vous parce que les autres font la fête ? – Et afin d’en être persuadé, décorons tout ça dès novembre. Ces guirlandes sont le témoin d’un État d’esprit nécessairement festif.
Vous aviez un doute ? Mais dépensez donc !

Finalement, alors que nous nous attendions à un indice de la consommation exceptionnel, pensez-donc, tous les jours des records qu’ils disaient … Que nenni point du tout, les commerçants font grise mine. Consommation en baisse, résultats de noël décevant. Le grand guignol n’aura pas fait longtemps illusion.
C’est que voyez-vous, les avancées dont nous sommes si fier, de la technique, des produits manufacturés, peuvent aller aussi vite que nous pousse ce trivial besoin de s’enrichir, notre esprit ne cèdera pas pour autant à de pareilles pressions.

Sous la couche de verni, le bois était pourri.
bonheur

On ne commande pas aux gens leur bonheur. Il ne s’impose pas, ne se crée pas. Il est évident, ou il ne l’est pas, et la propagande moderne qui consiste à nous faire croire que de s’équiper d’un home vidéo, d’un lecteur mp3 ou d’un véhicule plus gros que notre maison, n’y changera rien. L’homme est plus complexe que ce que tentent de résumer les acteurs du CAC40 ou ceux du NASDAQ.
Et lorsque j’entends parler du moteur de la croissance, je m’imagine immanquablement une sorte de véhicule, sans carrosserie, ni volant, ni freins, fonçant moteur grondant sur une route qui n’existe pas.

Bon sang, encore raté le bonheur, pourtant là au bord de la route …

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