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Ouverture à la concurence ou la régression libérale

EDF a entamé depuis quelques temps le processus d’ouverture à la concurrence. En France, nous avions un système original, des citoyens qui ont besoin d’énergie, et une société d’économie mixte (ou nationale), chargée par mandat de la produire et de la distribuer. C’est un système simple, efficace, qui a fait ses preuves, mais d’aucuns prétendent qu’il n’y a pas assez de business. Comme si le fait d’avoir chaud ou de pouvoir allumer une lampe devait enrichir des actionnaires.

La Commission de régulation de l’Énergie, organisme chargé dans notre pays de clarifier pour un temps encore l’échange producteur-consommateur dans le domaine énergétique, semble actuellement pointer du doigt des risques pour les ménages, de voir une hausse significative du coût de l’électricité. L’ouverture à la concurrence devrait générer une hausse jusqu’à 11% des tarifs. L’expérience montre que l’ouverture à la concurrence dans le domaine de l’énergie n’a manifestement jamais donné de résultats supérieurs en terme de confort aux usagers.Nous pouvons par exemple nous souvenir du black-out en Californie il y a quelques années, les prestataires de services de l’énergie n’ayant à l’époque pas pu s’entendre sur le business de la distribution, ce qui avait généré un blocage inimaginable dans l’état. Dans ce grand magma capitaliste, traders, distributeurs et électrons n’avaient pas fait bon ménage, aux dépends de l’usager, comme cela semble devenir la règle dans ce type de conflit. Ce fut un exemple édifiant des limites d’un système libéral, où l’on comprend mal comment un intérêt commun, l’accès au confort essentiel, puisse profiter amplement à une oligarchie du business.

L’incompatibilité entre la libéralisation et l’intérêt commun.

En effet lorsque vous affrontez des intérêts privés à un intérêt commun, c’est ce dernier qui flanche, ce qui montrerait sans doute les limites d’une telle pratique. En tous cas la logique n’y est pas puisque ceux qui ont le moins finissent régulièrement par n’avoir plus rien du tout. Bien qu’EDF démente toute idée de hausse du tarif, le citoyen français ne pourra qu’être excédé par si peu de constance dans les décisions de son pays.
Ainsi, lorsque le gouvernement d’alors 1 avait décidé unilatéralement l’acquisition du savoir faire nucléaire, puis d’un parc nucléaire à hauteur de 80% des besoins globaux, il avait prétexté afin de faire passer la pilule, toute une série d’arguments en faveur du consommateur. L’électricité serait abondante, peu chère, aisément distribuable, partout. L’expérience montre une nouvelle fois qu’il en est rien. Le nucléaire n’a tenu quasiment aucune de ses promesses, génère de l’angoisse auprès des citoyens qui n’ont jamais vu leur facture diminuer avec le temps. C’est même le contraire que  l’on retiendra, puisque non seulement l’acquisition du nucléaire a coûté une fortune aux français, mais en plus leur facture énergétique s’envole.
Finalement, plutôt que d’avouer cet échec, l’actualité va noyer l’évolution défavorable de l’accès à l’énergie, dans le grand saladier de l’ouverture à la concurrence. L’accès à l’énergie semble donc être un échec, puisque malgré la hausse constante de la demande, malgré l’amélioration de la technologie des générateurs, malgré les progrès techniques dans son transport, jamais le coût du kilowatt-heure n’aura baissé.

S‘il fallait retenir quelque chose de ses mésaventures, bien que le livre ne soit pas achevé, c’est que l’affrontement entre l’intérêt commun, quasiment universel, et les intérêts privés nourris du business ne font pas bon ménage. Nous constatons une nouvelle fois que le progrès ne passe pas nécessairement par la libéralisation systématique des affaires. On peut également s’interroger sur les pratiques françaises, qui consistent à faire coûte que coûte ce que les américains ont tenté il y a plus de 10 ans sans succès. Enfin il n’est pas évident que les progrès de notre société soient inspirés par l’amélioration du commerce.
L’idée de replacer l’économie au service de l’homme plutôt que l’inverse doit bien être défendue.

  1. En mars 1974, le Premier ministre Pierre Messmer annonce le lancement d’un vaste programme nucléaire afin de limiter la consommation de pétrole. Entre 1974 et 1975, 13 nouvelles centrales nucléaires seront ainsi lancées par EDF.

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