La mondialisation n’est pas zen

Dans l’esprit zen, on privilégie les beaux objets, bien faits, solides, et conçus pour être efficace précisément dans ce que l’on souhaite en faire. Ainsi lors d’une séance de bricolage, on évite d’utiliser une perceuse premier prix avec des chevilles low-cost ou des vis sans marque. Cela afin de se prémunir contre la défaillance des outils, et la chute de l’objet fixé ou construit lors de cette séance. Une bonne séance de bricolage est celle pendant laquelle l’ouvrier prend plaisir à utiliser de beaux outils, et pendant laquelle ses gestes sont récompensés par la bonne tenue de ce qu’ils fixent, vissent, collent ou clouent.

Dans l’esprit zen on possède peu, mais ce que l’on a c’est beau, bien fait et utile. Ainsi, lorsqu’on regarde dans notre foyer, tous les objets qui nous entourent, beaucoup n’ont pas cette vertu, et beaucoup proviennent de pays lointains, dits à l’économie émergente.


La mondialisation pourrait être l’expression d’un consumérisme rapide et pas cher. On possède des tas de choses, souvent redondantes et souvent de mauvaise qualité. Fabriquer plus, tout en coûtant moins cher, afin de le vendre au plus grand nombre pour à peine moins cher que ce qui existait déjà, est  une part de cette mondialisation. Il est généralement admis que les produits manufacturés provenant de Chine ou d’ Indonésie, sont de qualité moindre que les produits équivalents européens. Un exemple parmi d’autres, est la qualité des matériaux utilisés pour les prothèses humaines. Ces matériaux sont de densité hétérogène, ce qui génère lors d’un marquage au laser du numéro de série, des ruptures inattendues. Ces problèmes n’existaient pas lorsque ces prothèses provenaient d’Europe.

Un autre exemple plus commun, est celui du textile. La marque Dim est bien connue des Français, cette marque était dans les années 80 une bonne référence. Désormais ses usines ont fermé en France, et tout est fabriqué en Chine. La qualité est  de toute évidence moindre, tandis que le prix de vente n’a pas bougé voire augmenté. Mais la marque est connue, et cela suffit pour vendre ces produits qui n’ont pourtant plus rien à voir avec ceux d’origine. Si vous voulez une paire de chaussette correcte sur vous, il vous faudra en acheter plusieurs paires !

La mondialisation incite donc à la multiple possession d’objets de qualité médiocre. Cela va donc à l’encontre de la culture zen. Si nous le savions, cela pourrait avoir de lourdes conséquences pour l’économie. Rendez-vous compte que notre consommation diminuerait sérieusement ! Nous irions à la quête du bel objet, de celui qui convient parfaitement pour ce que l’on veut en faire. Nous aurions donc beaucoup moins mais avec davantage de sens critique et d’exigences, et nous l’achèterions produit soit dans notre pays, soit en Europe. La mondialisation en prendrait un sacré coup.
Comme on nous a vendu la mondialisation comme le remède aux maux de l’économie de notre pays, tout notre système vacillerait rapidement.

Ce que l’on pourrait en déduire finalement, c’est que non seulement la mondialisation n’est pas zen, mais qu’en plus nous consommons mal, que cela induit un stress supplémentaire au quotidien, chez nous, autour de nous, en permanence. Le tout c’est de comprendre exactement ce qu’on tente de nous faire avaler. Je vis mieux aujourd’hui parce que je suis entouré d’un tas de trucs de mauvaise qualité dont je n’ai pas besoin, bien que je ne le sache pas ? Jusqu’où cette logique pourrait nous conduire ? Manquons-nous d’exigence au quotidien tant pour nous que pour ce qu’on nous vend ? Quelles valeurs serions nous prêt à sacrifier afin de satisfaire un système économique dont nous sommes assez peu les concepteurs, mais davantage les victimes ?

Publié initialement sur icitoyen.fr le 5 septembre 2010.

1 commentaires On La mondialisation n’est pas zen

  • Nous « achetons » mal, oui, mais que dire de ce que nous « consommons » et qui nous (dé-)construit chaque jour ? si nous respections nos biens les plus précieux, nos « objets » les plus beaux : nous mêmes, et notre « maison » (notre environnement),nous n’aurions aucun mal à vivre selon la philosophie que tu évoques.Pour moi, la mondialisation et la sur-consommation induisent la médiocrité. C’est triste, ben voui : à chacun d’entre nous de résister au quotidien contre la folle machine…et surtout, surtout,de lutter contre ce petit quelque chose en nous, qui ne nous incite pas toujours à chercher le meilleur…

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