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Pour une autre retraite

Lorsque le sujet des retraites est abordé autour de moi, il est rare d’entendre des voix rassurantes. En effet, plutôt que de considérer que le problème sur ce sujet provient d’une inégalité chronique existante, chacun semble n’œuvrer dans sa réflexion qu’à son profit. Pourtant, lorsqu’un système est déséquilibré, cela ne signifie pas nécessairement qu’il est mauvais en lui même. En revanche cela pourrait signifier que  certains  fondamentaux ont été oubliés.

La logique voudrait que l’on soit payé lorsqu’on fournit un travail. Or un retraité ne travaille pas. Cependant il est un citoyen à part entière, et en tant que tel, paye des impôts, consomme, participe finalement à la marche économique telle que nous la concevons encore. Il bénéficie donc justement d’une retraite. Actuellement cette retraite est indexée aux revenus de la vie active. Ce choix reste surprenant dans la logique qui nous préoccupe aujourd’hui. En effet, pourquoi y a t-il autant de différences entre un retraité des cadres et un ouvrier ? Les deux font pourtant la même chose : ils sont retraités. Ils ne produisent rien pour le collectif si ce n’est qu’ils entretiennent le système achat-vente. Cela signifierait donc que ces deux retraités aient la même retraite. Un retraité est un retraité, pas un travailleur.

Certes l’un a cotisé bien davantage que l’autre. Étrangement, cela ne choque personne. Pourquoi tout au long de sa vie, le produit de son travail sert-il à alimenter une caisse commune dont les bénéficiaires toucheront inégalement les dividendes ? Un gros salaire a les moyens de mettre suffisamment de côté pour les vieux jours. Il n’est pas nécessaire que ces gros revenus ne servent qu’à l’accumulation de conforts (plusieurs maisons, plusieurs voitures, un train de vie aisé – pour caricaturer). S’il est juste qu’un responsable gagne plus qu’un exécutant dans la vie active, cela ne se justifie plus en retraite. A moins d’apprécier la segmentation de la société en castes : les nantis, les rameurs et les pauvres – ces derniers étant infiniment plus nombreux bien entendu, l’avenir de l’ actuelle retraite par répartition semble compromis, mais selon moi pour d’autres raisons que celles évoquées classiquement.

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Logique de crise

Une dépêche AFP de fin novembre 2010 est passée quasiment inaperçue. Pourtant, elle révèle un comportement individuel qui autorise un plein d’espoir pour l’avenir. A moins que son impact modeste en France ne soit pour nous l’inverse, un avenir sombre et corrompu. Je m’explique.

Aux États-Unis, quarante-cinq millionnaires ont lancé une pétition et demandent à l’administration centrale de les taxer davantage afin de préserver la « santé fiscale de la nation ». Ils demandent ainsi l’abandon d’allègements fiscaux accordés depuis 2001 aux contribuables américains dont les revenus annuels excèdent le million de dollars. Imaginez-vous la même chose en France. C’est impossible.
La France, pays pourtant épris d’égalité, préfère s’enfermer dans une logique de renoncement et de frustrations, lorsqu’elle constate tous les jours l’absurde fonctionnement financier de notre système. Le citoyen classique, celui qui possède peu, préfère se serrer la ceinture, courber l’échine, pendant que les banques qui ont généré  la crise majeure que nous traversons, se remboursent avec nos impôts. Pendant ce temps, la classe supérieure, celle qui  détient et entretient 90% de la richesse nationale, continue de profiter de ses plus-values à l’abri de tous, puisque les revenus sont quasiment chose secrète dans notre pays et que le gouvernement voue aux gémonies ces acteurs dorés.
Au Etats-Unis, personne n’a honte de ce qu’il gagne. Et bien que l’administration Bush ait sur-protégé leur caste, ces millionnaires nous donnent une bonne leçon. Lire la suite