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La retraite expliquée à mes enfants

Devant ma mine déconfite il y a quelques mois après l’adoption de la réforme des retraites, et les certitudes de nos représentants au gouvernement, mes enfants s’inquiétaient. Et lorsque je leur disais que cela concernait ma retraite, ils l’étaient encore davantage. Pourquoi s’inquiéter de quelque chose d’agréable, celle de pouvoir enfin se reposer, sous un toit et sans mourir de faim ? Je me suis dit qu’il fallait commencer à parler des retraites de manière claire, et franche.

Il y a quelques années, nous avons reçu à la maison un courrier du gouvernement qui nous expliquait quelque chose de très simple. Actuellement il y a trois actifs, des gens qui travaillent, pour payer la retraite de deux retraités. Demain, lorsque vous mes enfants allez travailler, il y aura deux actifs pour trois retraités. Ainsi, il va falloir revoir dès aujourd’hui, et c’est fait, le régime de cotisation, qui est par répartition. C’est-à-dire qu’une fraction de mon salaire paye de suite une fraction, plus faible, de la retraite d’un citoyen français. Les choses sont claires, et devant une telle évidence, trois ne valent pas deux, je me dis qu’en effet, il va falloir faire quelque chose.
Sauf, que ce petit cours pédagogique du gouvernement sent l’arnaque.

En effet, s’il est incontestable que l’évolution démographique va dans le sens de moins d’actifs et de plus de retraités, ce qui notez bien au passage n’est pas absurde puisque finalement l’objectif à terme du progrès est de nous affranchir du labeur, il est davantage contestable de s’arrêter au simple résultat arithmétique de la petite démonstration du gouvernement. Car il est un facteur que l’on oublie dans cette équation. C’est l’augmentation de la productivité. Tout notre système capitaliste est pourtant fondé sur ce principe. C’est une clé de voute de notre système économique, mais pour parler des retraites, on l’oublie ! L’augmentation de la productivité est une chose formidable qui permet d’affirmer qu’avec deux bonhommes qui travaillent en 2050, on produira au moins deux fois plus qu’avec deux bonhommes de 2010. Deux fois plus de production cela signifie qu’en 2050 il n’y a pas besoin de plus d’actifs pour produire la même richesse qu’en 2010, mais surtout pour produire plus de richesse. Ainsi, en 2050 deux actifs valent quatre actifs de 2010. Lire la suite

Pour une autre retraite

Lorsque le sujet des retraites est abordé autour de moi, il est rare d’entendre des voix rassurantes. En effet, plutôt que de considérer que le problème sur ce sujet provient d’une inégalité chronique existante, chacun semble n’œuvrer dans sa réflexion qu’à son profit. Pourtant, lorsqu’un système est déséquilibré, cela ne signifie pas nécessairement qu’il est mauvais en lui même. En revanche cela pourrait signifier que  certains  fondamentaux ont été oubliés.

La logique voudrait que l’on soit payé lorsqu’on fournit un travail. Or un retraité ne travaille pas. Cependant il est un citoyen à part entière, et en tant que tel, paye des impôts, consomme, participe finalement à la marche économique telle que nous la concevons encore. Il bénéficie donc justement d’une retraite. Actuellement cette retraite est indexée aux revenus de la vie active. Ce choix reste surprenant dans la logique qui nous préoccupe aujourd’hui. En effet, pourquoi y a t-il autant de différences entre un retraité des cadres et un ouvrier ? Les deux font pourtant la même chose : ils sont retraités. Ils ne produisent rien pour le collectif si ce n’est qu’ils entretiennent le système achat-vente. Cela signifierait donc que ces deux retraités aient la même retraite. Un retraité est un retraité, pas un travailleur.

Certes l’un a cotisé bien davantage que l’autre. Étrangement, cela ne choque personne. Pourquoi tout au long de sa vie, le produit de son travail sert-il à alimenter une caisse commune dont les bénéficiaires toucheront inégalement les dividendes ? Un gros salaire a les moyens de mettre suffisamment de côté pour les vieux jours. Il n’est pas nécessaire que ces gros revenus ne servent qu’à l’accumulation de conforts (plusieurs maisons, plusieurs voitures, un train de vie aisé – pour caricaturer). S’il est juste qu’un responsable gagne plus qu’un exécutant dans la vie active, cela ne se justifie plus en retraite. A moins d’apprécier la segmentation de la société en castes : les nantis, les rameurs et les pauvres – ces derniers étant infiniment plus nombreux bien entendu, l’avenir de l’ actuelle retraite par répartition semble compromis, mais selon moi pour d’autres raisons que celles évoquées classiquement.

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Grèves, retraite et France

L’impression que l’on peut avoir d’une situation sociale est parfois délicate a appréhender. Aujourd’hui en France, d’aucuns pensent que les gens exagèrent, qu’ailleurs c’est pire, qu’on devrait être content de ce que l’on a. Ceux là n’imaginent sans doute pas ce qu’est la France, l’authentique France. La France, c’est un pays épris de liberté. C’est un pays où l’égalité est le commencement de toute chose. C’est un pays composé de richesses humaines immenses, mises à mal par une classe politique gouvernante déficiente. Déficiente car elle est aveugle, sourde et mesquine. Elle gouverne à « droite toute » et estime que l’avenir se joue dans la croissance et dans la prospérité des entreprises. Ces politiques qui estiment que l’emploi est un bâton commode pour prévenir des risques de faire grève. Une politique enfin, qui est menée par des hommes qui ont depuis longtemps oublié ce qu’est un trivial citoyen français. Lire la suite

Le chiffre manifeste

Les manifestations de ces derniers jours en France, ont été la  source de diverses interprétations dans leur comptage. Cela allait d’un facteur 1 à 10, et les syndicats furent toujours très optimistes. Pourquoi d’ailleurs se glorifier d’un chiffre fort, comme de l’inverse ? Se réjouir de beaucoup de manifestants serait étrange dans un pays libre tel que le nôtre, car trop de mécontents, tandis qu’un chef d’état a été élu au suffrage universel – pour un mandat qui ne prévoyait pas une réforme des retraites dans ses promesses, ne correspond pas à un pays en paix sociale. Une faible participation quant à elle, ne peut pas être à la gloire des réformes proposées. Cela montre simplement que la démocratie est malade et ses citoyens apathiques.
On peut adhérer à ces réformes, mais dans ce cas on adhère également à l’idée que les financiers internationaux ramassent cette année des milliards, après avoir fait la quête auprès des citoyens il y a un an … (voyez ce papier), on adhère également au principe d’une longévité exceptionnelle ou d’une embauche systématique des séniors, et là d’un seul coup je doute de votre enthousiasme, ou alors nous sommes devant un autre problème.

Quelque soit la valeur du comptage, il importe finalement peu. Certains s’enorgueillissent même de méthodes dites scientifiques, il faut pourtant des protocoles qui infirment ou confirment la méthode, ce qui ne semble pas être le cas ici.

Il faut cesser d’avoir tort avec précision pour commencer à avoir vaguement raison. (John Maynard Keynes)

Retraites & Dépendances

La France entame une grande réforme des retraites, qui n’a de grand que la somme des retraits qu’elle implique. Tandis que la finalité du progrès n’est pas de s’enrichir, mais simplement, de vivre mieux, la grande politique se lance dans le concept obscur des valeurs du travail. Dans un petit papier sur iCitoyen.fr, j’avais parlé d’une autre retraite possible. Je ne sais pas si c’est applicable en l’état, sans doute que non puisque cela ne correspond pas au naturel humain. En tous cas ce qui ne devrait pas être appliqué, c’est l’idée qu’une vie n’est destinée qu’au travail. Perdre deux années supplémentaires de repos, avec une espérance de vie qui plafonne malgré les chiffres rassurants des statistiques, s’accorde mal avec une autre idée, celle qu’il faut travailler davantage tout en étant encore plus rentable, tout au long de se vie active. Lire la suite

Est-ce que la France peut encore se permettre de faire grève ?

Le problème n’est pas de manifester afin que les réformes ne se fassent pas, le problème est de manifester afin que ces réformes soient justes.
Lorsqu’on parle d’exception française, il faudrait sans doute tout considérer, et principalement l’habitude hexagonale de l’élitisme, et du culte des classes.
Hélas en France, même si notre système protège assez bien les modestes, les autres sont trop régulièrement largement servis, au delà parfois de l’égalité républicaine. Nous le savons tous, encore faudrait-il admettre que cela soit dit, avec plus de naturel, et de conviction.