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Faut-il croire en Dieu et sinon en quoi ?

Il y a quelques jours j’ai eu l’opportunité de discuter, de tout et de rien, avec un aumônier protestant. Confiant et passionné par sa tâche, son entrain trouvait naturellement un obstacle avec mes doutes en ce qui concerne les religions. Toutes les religions. Ce n’est sans doute pas l’endroit pour engager une conversation de convictions, néanmoins au fil de la conversation, nous étions plusieurs, l’un des intervenants fini par me poser la question cadre : mais alors, en quoi crois-tu ?

Je ne suis pas certain qu’il faille a tout prix croire en quelque chose. Néanmoins, quitte à embrasser des idéaux, pourquoi ne pas proposer autre chose que de quelque chose de supérieur à l’homme ? Croire simplement en l’homme ce n’est pas si mal. Certes l’esprit de la Chrétienté n’est pas autre chose. Pourtant, et personne ne l’ignore, l’interprétation humaine qui est faite des textes, donne significativement autre chose. Et demander à un homme de croire en son prochain, n’a jamais été quelque chose d’évident, sans quoi je pense qu’aujourd’hui nous baignerons tous dans un environnement paisible et voluptueux. Ce n’est pas le cas.
Croire en l’homme est donc un bon début. Placer l’homme au centre de tout. Ce que chaque politique devrait s’engager à faire d’ailleurs. Ce que chaque décisionnaire devrait considérer. Ce que chacun d’entre nous devrions envisager le matin en nous levant. Je ne crois pas qu’en la matière ce soit un succès, même si l’exploit individuel, ici et là, laisse encore des espoirs.
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Clochers et minarets

Les Suisses ont mis dimanche dernier, les pieds dans le plat en votant l’interdiction des minarets sur le territoire. Ce réflexe exclusivement mû par la peur, du moins on l’espère, était un cheval de bataille de la droite populiste locale, qui voit là un thème facile à jeter en pâture à une population crédule.
Le sujet est pourtant d’une importance cruciale. L’ Organisation des Nations-Unies ne se trompe pas en dénonçant immédiatement le résultat de ce vote.  La France est par exemple un pays laïc. A ce titre, elle devrait accepter sur son sol, autant de constructions dédiées à des religions qu’il y a de croyances: temples, minarets, clochers, synagogues … Il n’y a, par essence même des fondements républicains, aucune raison de privilégier une religion par rapport à une autre, et encore moins de raison d’en interdire aucune. Liberté,  égalité, fraternité demeurent en cela la référence.

Illustration Erik Johansson

Certes pour un chrétien de culture et de conviction, cela ne semble pas évident qu’il puisse accepter d’entendre tous les matins à sa fenêtre l’appel à la prière de ses concitoyens musulmans. C’est certainement la première chose à laquelle ont pensé les Suisses. Certes nous qui sommes nés en France, nous avons plus l’habitude de voir des clochers qu’autre chose. Et je crois qu’il n’est pas scandaleux de ressentir de l’appréhension à voir notre paysage familier se transformer quelque peu. Nos repères pourraient disparaître. Toutefois en tant que  républicains, un de nos devoirs est d’accepter la différence chez nos concitoyens, d’offrir au singulier un refuge, et de proposer à un groupe les moyens de s’exprimer, toujours au nom de l’égalité. En effet, la tentation de l’apartheid est toujours grand. C’est un travers humain dans lequel n’importe qui pourrait sombrer. Car l’apartheid n’est pas l’exclusivité des hypothétiques races, mais également celle des religions. Une nation par exemple, ne saurait prétendre à l’unité si elle n’est pas capable d’accepter en son sein de multiples différences.

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