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Un citoyen français aujourd’hui

Être français est quelque chose dont on peut être fier. Je suis fier d’être français. Pourtant si je tente de m’intéresser vaguement à la vie de mon pays et des orientations prises par la représentation nationale – ce qui me concerne, mais aussi mes enfants – je reste sceptique, et pourquoi pas affolé.

J‘ai appris en effet que les dépenses de l’Elysée ont augmentées de plus de 8% cette année. Ce n’est pas nécessairement scandaleux, c’est sans doute assez peu intéressant, mais cela me consterne car je ne peux m’empêcher de juxtaposer à cela le discours officiel.
Ainsi, en tant que bon citoyen je devrais me serrer la ceinture, accepter une logique de reprise économique qui passe par des prétentions modérées. Je ne devrais pas exiger de l’état qu’il pourvoit à ma maladie1, je devrais être certain que je ne suis pas au chômage parce que je le veux bien 2, et si j’ai un travail, je dois prévoir d’en faire au moins deux, car un seul me ferait moins gagner d’argent que d’être RMiste 3.
Si j’étais un bon citoyen je devrais également accepter de travailler sans compter mes heures, même si je ne suis pas payé davantage, ou alors simplement en discours officiel qui prétend le contraire, je devrais accepter de travailler plus longtemps car être senior c’est un poids pour le pays, je devrais enfin accepter cette petite retraite, car vous comprenez, ça coûte trop cher et ce n’est pas compatible avec la logique du business. Du coup je ne comprendrais pas non plus pourquoi ma retraite vaudrait infiniment moins qu’un autre qui fût lui grand patron 4.

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  1. Voir par exemple l’observatoire de l’accès au soins français. C’est ici une hypothèse de travail (j’ai la chance d’être une parfaite santé) mais pour d’autres nous sommes loin de l’exercice de style, malheureusement. Une autre source de motivations : L’appel contre la franchise.
  2. On pourra lire par exemple le discours du candidat Sarkozy à Périgueux en octobre 2006.
  3. In Ma plus belle histoire c’est vous de Ségolène Royal, p.242 – ed.Grasset 2007-XI.
  4. Ma retraite serait de 1000 euros – par exemple- par mois et d’autres de plus de 10.000 euros ? Mais qu’est ce qui peut justifier cela ? Que peut-on faire au delà de 4000 euros par mois qui ne soit pas du pur gaspillage ou de l’invention de besoin ?

Une affaire de libéralisme ?

C‘est étonnant de remarquer pour un néophyte comme moi en économie, comme on peu débattre de beaucoup de choses concernant le libéralisme. Si l’on se réfère au récent échange entre Mme Royal et Mr Delanoë, on pourrait croire que toute la valeur politique actuelle, tient en un seul mot : le libéralisme.

Nick Dewar

Pour un passionné politique (bien modeste dans mes actes) que je suis, en revanche, je suis un peu consterné, de constater que pour beaucoup de socialistes, en tous cas ceux qui s’expriment, on puisse se perdre en conjectures, même si elles sont très intéressantes. Je vais oser aller vite dans mon idée fondatrice. Celle que les philosophes nous ont apprise: il est bon de se méfier du mélange des ordres. L’ordre technico-économique, l’ordre religieux et l’ordre politique doivent en ce sens être distincts. J’ai pourtant bien l’impression qu’une lecture moderne du libéralisme m’autorise malgré ma modeste compréhension de ce monde, à constater que l’économie commande au politique. Qui gouverne actuellement le monde si ce n’est l’argent ?
Je ne crois en effet pas du tout au grand principe libéral qui serait une philosophie. Car lorsque les politiques tentent ce coup là, on découvre aujourd’hui qu’en fait c’est l’actionnaire juste derrière, qui tire les ficelles. Le principe grand prince du libéralisme exprimant une ode à soi-même, compte tenu de ce qu’est la miséricorde chez l’homme et son immense sens du sacrifice et sa notion si particulière de l’égalité, incite immanquablement le business à oeuvrer à tous crins. Et ce business là ne sert que les plus forts. Le libéralisme lu de cette manière, c’est donc la tarte à la crème des discussions dans les salons feutrés des faiseurs d’argent.

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Une application du capitalisme

partage du temps de travail

Le système capitalisme tel qu’il est appliqué encore actuellement demeure spoliateur. Il ne créé pas de richesse puisque la précarité se développe. Ainsi on ne peut parler d’un système bénéfique s’il ne profite qu’à une fraction de la population.
Bien qu’il soit au bord de l’asphyxie, nous n’avons cependant pas encore trouvé mieux comme système: déficit commercial américain abyssal, 180 millions d’euros qui partent dans le capital en France par an. Selon l’INSEE (2004) la part des salaires dans le PIB a baissé de 11% en vingt ans. 1
Or pour que ce système soit viable, il faut consommer. Cela signifie donc directement que pour cela il faut avoir un salaire. Donc du travail, et qui plus est suffisamment bien payé. Plutôt que de se focaliser sur la croissance ne vaudrait-il mieux pas se focaliser sur le chômage ?

Ce n’est donc pas dans un pays de plus de 2 millions de chômeurs (officiels), 5 millions de précaires (plus rigoureusement) 2, et dans lequel la productivité par travailleur est la plus élevée au monde 3, que l’on va pouvoir développer le capitalisme pour le profit de tous. Cependant les déclartions récentes de M. de Villepin, premier ministre français, sont consternantes 4:

un ambitieux objectif pour le chômage, descendre sous la barre des deux millions !

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  1. Voir aussi les chiffres de l’OCDE, et INSEE
  2. les 8 catégories du chômage, source INSEE
  3. chiffres INSEE : Productivité horaire du travail par branche (Évolution en %)
  4. Article du Monde.fr du 28-07-2006