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Des représentants du web à l’Elysée

Jadis lorsqu’on était invité à l’Élysée, et parce que l’information restait relativement confidentielle 1 , on devait être fier. On pouvait également refuser. D’aucuns refusèrent la légion d’honneur ou toute autre marque de sacrement d’état, et cela ne leur posait aucun problème. Le 16 décembre, seront donc conviées au Palais, des personnes influentes du net. Ce fait est assez étrange, voire déconcertant à deux titres.

La première raison est qu’on ne sait pas très bien qui qualifier d’influent sur le net, puisque le nombre de lecteurs ne signifie pas le nombre de personnes convaincues, ou qui prennent acte de ce qui leur est présenté. Cela d’autant plus que dans les lecteurs des pages web, la majorité sont des robots ou des systèmes d’indexations, qui ne sont étrangement pas souvent pris en compte dans les chiffres publiés (ni le taux de rebond d’ailleurs qui révèle  pourtant assez fidèlement l’intérêt réel du visiteur pour le site considéré). Ainsi, un site web qui revendique par exemple 10000 lecteurs par jour, ne peut pas affirmer que 10000 paires d’yeux ont lu et intégré le texte.
Dés lors, puisque la méthode pour déclarer une personne qui agit sur le net, comme étant influente est tout à fait subjective, on peut se demander qui le décide dans le pays de DADVSI et d’Hadopi , et sous quels critères ? Lire la suite

  1. Surtout parce l’information était restreinte à quelques journaux nationaux.

Du narcissisme de la blogosphère

L’aspect narcissique de la blogosphère qui se révèle ces derniers jours sur la toile consécutivement à l’affaire WikiLeaks est intéressant 1. Il est d’autant plus réel que la blogosphère s’entretient elle-même,  et que ses idées sont souvent aplanies par cette impression diffuse que le pouvoir du futur sera réticulaire (ou celui des réseaux si vous préférez), ce qui n’a jamais été démontré à ma connaissance,  et ce que personne ne pourrait prévoir. (Photo d’après Thomaz Crnej from 1x.com)

Cela dit, la collision que génère l’affrontement des intelligences virtuelles qui s’expriment sur le Net, et celles des décideurs, est un facteur évident aujourd’hui. On ne peut nier l’influence, aussi modeste soit-elle, des arguments déployés sur la place publique, qui entretiennent nécessairement une dynamique d’ensemble. A ceci près, que cette dynamique échappe aux initiateurs. En ce sens, la blogosphère ne peut revendiquer aucune avancée sociale majeure à l’heure actuelle. Et sans doute ne le pourra t-elle jamais. En effet, ce qui s’exprime par cette voie ne pourra pas être une référence. A l’instar d’un Platon fondateur (un exemple parmi d’autres), puisqu’il était le seul ou presque de son temps 2, jamais un blogueur aussi influent soit-il virtuellement ne pourra embrasser ce statut. En effet, un homme qui écrit sur son blog n’est pas souvent un leader charismatique qui agit au quotidien dans la vie réelle. Certes, comparer des papiers sur un blog avec des œuvres de Platon est audacieux. C’est un ridicule dans lequel je ne me risquerais pas. Toutefois, lorsqu’on entend certains influenceurs du Net, on a cette désagréable impression d’un mélange de genres. Lire la suite

  1. Les multiples censures ou exclusions des données de WikiLeaks sur les serveurs, ou encore la privation d’un DNS sur son nom de domaine, la traque internationale (toute relative) dont fait l’objet le concepteur de ce site, entretiennent l’impression que le Net est attaqué pour ses idées libertaires, ou en tous cas dans son aspect de liberté à tout prix. D’aucuns n’hésitent pas à parler de guerre entre deux mondes, le virtuel et le réel. Ce qui n’est à mon sens qu’illusion.
  2. Seul, certainement pas, mais on peut dire le plus utilisé en référence.