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La grande illusion

Il est très confortable de s’auto convaincre que nous vivons dans une belle démocratie.
A l’instar du dernier roman de José Saramago 1 un peu de lucidité ne nous ferait sans doute pas de mal.
Reste à savoir ce que l’on préfère, le doute, ou l’illusion ?

la grande illusion

Le premier exemple actuel de cette fuite de notre démocratie vers le tout n’importe quoi, vers un grand machin infernal dans lequel seuls comptent les résultats, les chiffres, les retours sur investissement, est la politique intérieure. Il faut des résultats pour la Police. Pire, du rendement. Fonctionnaires, faites votre travail suffisamment pour contenter ceux qui tiennent les cordons de la bourse. Et comment faire ça ? Et bien ayez des résultats. Étrange concept que de récolter des résultats sur de l’impalpable. Ainsi, dans la rue, ces fonctionnaires doivent oeuvrer dans le répressif. Comme si cela pouvait constituer un objectif en soi. Et dans cette idée, si par exemple les policiers ramènent trop de chiffres dans un domaine particulier (les stupéfiants par exemple), il leur est demandé de cesser le travail dans ce domaine, et d’oeuvrer dans un autre [2. Vous me direz, sur quoi fondez-vous ces affirmations. Certes. Je vous mets au défi de trouver sur le Net des données fiables à ce propos, je vous demande donc de me croire sur parole! Ces affirmations, qui n’engagent que moi, sont le résultat d’entretiens avec les acteurs dans ce domaine, et très récemment. Lire la suite

  1. La lucidité (Seuil, octobre 2006) – titre original : Ensaio sobre a Lucidez (2004)- Portrait de l’écrivain

La plume est plus forte que l’épée

Un dialogue étrange fut celui qui m’opposa à un jeune homme convaincu de l’évidence des mesures à prendre dans les banlieues.
Pour lui, il n’y avait pas de doute. Pour définitivement faire cesser les comportements subversifs, il suffit d’y envoyer l’armée. Simple.
Mesures selon lui radicales qui seraient l’unique remède contre ces jeunes, souvent étrangers – tant qu’à faire – et qui ne jurent que par l’apparence.

destiné

La vie facile. Celle qui consiste à rouler en BMW M3, revêtu de Nike avec une montre Tissot au poignet, sans jamais travailler. Le deal, les petits trafics. Voilà selon lui l’avenir tel que l’imaginent ces jeunes. Sans doute est-ce ce qu’ils pensent. Sans doute.
Pourquoi alors vouloir chercher un travail qu’on risque de se voir refuser avec cette tête bien du Sud ? Qui plus est, si par enchantement, ce travail était proposé, pour gagner quoi ? Et la BM, et la sape, et la flambe ?
Selon mon interlocuteur, les jeunes des banlieues seraient mus désormais par l’exemple des grands frères, qui ont toutes les apparences d’un panache, de la classe. Ils ont réussi eux. Ça ce voit. Alors pourquoi pas moi ? Exit le bon citoyen qui rentre dans l’ordre, et qui va transpirer … pour le profit des plus riches, sinon de qui ?
Car loin des concepts ignobles de la stigmatisation de l’étranger, ou de ce comportement certes peu vertueux mais tellement humain de ces grands frères, je lui disais que l’on pouvait avoir un point de vue autre, si l’on se référait à une source différente. Quelle est l’origine de ces comportements, qu’est ce qui conduit l’homme à devenir trafiquant bien sapé, plutôt qu’un honnête travailleur modeste ? Lire la suite